In Libro Veritas

Fandom

Par Pelosato Alain

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Table des matières
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Année 2000 : l’enfer !?

En ce début d’année le maire Martial Passi me proposa de participer à une délégation officielle de la commune de Givors pour un voyage en Algérie afin de rencontrer les élus de la ville jumelée Aïn Benian. J’en fus légèrement surpris, car jamais Martial Passi n’avait fait quoi que ce soit pour me faire plaisir au contraire, et là je me suis sérieusement demandé s’il ne s’était pas adressé à moi faute de participants, l’Algérie était alors à feu et à sang sous l’emprise de l’action armée des islamistes. J’acceptais car j’étais très heureux de retrouver ce beau pays et son peuple charmant.
En mon for intérieur, je m’étonnais de la présence de la charmante médecin du Conseil général que j’avais vue lors d’une réunion en mairie. Que faisait-elle dans une délégation municipale ? Quand je m’aperçus qu’une idylle naquit entre elle et le maire je compris les raisons de sa présence.
Nous prîmes un avion de Khalifa Air Line dans lequel nous étions les seuls passagers ; à l’aéroport d’Alger je me fis voler tous mes objets achetés dans l’espace détaxé de l’aéroport de Satolas (aujourd’hui aéroport de Saint Exupéry). Cela s’est passé au passage des portiques de sécurité… Mon sac est entré dans le tunnel aux rayons X et je ne l’ai pas retrouvé à la sortie.
La mairie d’Aïn Benian était gardée par un milicien armé d’une kalachnikov. Ambiance de guerre assurée. Lors de nos différentes visites, nous étions accompagnés de plusieurs élus de la commune (la municipalité était de “gauche“ : le maire membre du FFS, plusieurs élus de l’union culturelle kabyle et un membre du FLN). Il y avait aussi un personnage très sympathi­que, assez athlétique, qui aimait beaucoup la France et ne se cachait pas de ses sympathies. Lors de notre retour à l’aéroport d’Alger il eut des difficultés à entrer, je lui de­mandais quelles étaient l’origine de ses difficultés et il me répondit : « J’ai un gros stylo dans ma poche… » Nous avions donc un garde du corps armé. L’Algérie de l’année 2000 avait beaucoup évolué depuis celle que j’avais connue en 1989, juste avant les premières élections libres qui avaient vu la victoire du Front islamique du salut, en réaction au règne du FLN et de la corruption qui régnait en même temps que lui. Mais il y avait beaucoup de problèmes résoudre, notamment des problèmes d’environnement : le paysage était jonché de déchets, sacs plastique etc. La très belle plage d’Aïn Benian était pleine de plastiques, il y avait un cadavre de dauphin et j’avais trouvé un crâne de chien à moitié enfoui dans le sable. Le maire (là-bas on dit le président de l’UPC) nous raconta que son principal problème concernant cette plage était le pillage du sable utilisé pour les travaux de construction.
Les Algériens constituent un peuple formidable. Il est particulièrement triste de voir ce peuple souffrir ainsi et être contraint d’exporter ses problèmes dans notre pays.
En ce qui concerne la sécurité, nous étions toujours accompagnés par un homme armé et nous ressentions les réticences de nos hôtes lorsque nous souhaitions aller dans certains endroits. Il en était ainsi par exemple de Tipaza, siège de magnifiques ruines romaines en bordure de mer. Lorsque nous y fûmes nous entions la tension chez nos accompagnateurs car cette ville dotée d’une très luxueuse mosquée aux toits dorés était un fief des islamistes. J’aurais voulu faire plus pour ce peuple, mieux aider cette ville de bord de mer aux élus si sympathiques et si accueillants.
Nous avions également ressenti l’énorme fossé entre le peuple et ses dirigeants. Misère dans les rues et luxe fastueux dans les quartiers habités par les dirigeants, clôturés par de hauts murs et gardés par des hommes en armes.
Notre hôtel également était très luxueux. Tous les matins je me levais pour assister au lever du soleil sur la mer. Finalement j’étais bien imprudent car sur la plage il n’y avait pas de gardes…
Lorsque je revins à Givors, tous mes problèmes m’attendaient de pied ferme : les éditions Naturellement et la bande de jeunes arabes qui régnaient en bas de mon immeuble…

*
*        *

Ma santé nerveuse s’était arrangée mais je n’étais pas encore guéri. La preuve dans ce qui suit.
Je rentrais du boulot sur l’autoroute. J’étais un peu dans la Lune et je doublais sur la troisième voie. Un coup d’œil dans le rétroviseur (peut-être aurais-je dû le faire auparavant...) et je vis une voiture quasiment collée contre mon pare-chocs arrière. Devant cette agressivité, je ralentis mon allure de manière à rester à côté de la voiture que je doublais afin de bloquer le passage à l’individu derrière moi. D’ailleurs j’imagine la peur du conducteur de la voiture que je doublais lorsqu’il s’aperçut de la manoeuvre extrêmement dangereuse qui se déroulait à ses côtés à cent vingt kilomètres par heure !
Je levais le bras droit pour manifester mon mécontentement. Puis j’accélérai et doublai, l’autre toujours collé à mon cul !
Je le laissais dépasser sur ma gauche.
Quelle erreur ! Il me fit une vache de queue de poisson et freina violemment juste devant moi, roues bloquées ; ses pneus éjectèrent une épaisse fumée bleue. Surpris par cette violence je freinai éperdument. Juste à temps pour ne pas heurter l’arrière de sa voiture. L’adrénaline remplaça la peur par l’agressivité et je lui rendis la pareille : pan ! je doublais, fis une queue de poisson et freinai à mort. Je jubilai de voir dans mon rétro l’autre se faire envahir par la peur.
Mais lui aussi, fait de chair et de sang, s’emplit d’adrénaline et, pan ! me refit le même coup.
Il voulait vraiment avoir le dernier mot ce cochon ! Qu’à cela ne tienne, je voulais moi aussi avoir le dernier mot.
Et pan ! et repan ! etc. jusqu'à la bretelle d’autoroute qui conduisait vers ma chère petite ville fluviale d’Espérance. Juste avant de la prendre le gars me doubla et pila en plein milieu de la bretelle pour me boucher le passage ; j’appréciai la place dont je disposais à sa gauche pour le dépasser quand sa portière s’ouvrit, m’empêchant la manœuvre. Je m’arrêtait donc assez loin derrière en pensant à l’énorme bouchon qui allait se produire derrière nous.
De sa voiture descendit un Arabe au faciès agressif, vêtu d’une veste et d’un pantalon blanc de peintre en bâtiment. Un petit costaud râblé.
Je tripotais mon bouton de verrouillage des portes sans parvenir à fermer (je n’ai jamais compris de quel côté appuyer...) et déjà le gars se trouva debout à côté de ma voiture. Me voyant faire il crut que j’avais verrouillé les portes et pensa ne courir aucun risque à tenter d’ouvrir la portière. Hélas ! ma manœuvre ayant échoué elle s’ouvrit à son grand étonnement et même, je dirais, à son grand effarement ! Il la lâcha donc brusquement comme s’il avait brusquement saisi un crotale en glissant la main dans un panier, et je pus tranquillement la claquer. De rage, il frappa violemment la vitre de son poing fermé. Sa chevalière en or fit un « clongggh » si fort que je tordis les lèvres en pensant à la douleur que cela lui fit... Cela dut le calmer car il repartit et remonta dans sa voiture non sans me faire des signes cochons avec les doigts, me donner rendez-vous plus loin, etc. Vous savez ce que c’est !
Finalement je réussis à le semer : alors qu’il prit la bretelle de la rive droite, je poursuivis tout droit jusqu'à Givors.
Fait chier !


Je commence par trois petites citations :
1) « La Sf se porte d’ailleurs plutôt bien comme le confirme la bonne santé de SF- Magazine »
C’est un extrait de l’édito de Stéphane Nicot dans Galaxies N° 15 daté d’hiver 1999. Pas de chance au moment où le lecteur de Galaxies lisait ces lignes, Flammarion Presse annonçait que Sfmag n’était pas rentable et arrêtait la publication !
2) « Alain Névant et Henri Loevenbruck ont fait leur adieu à science fiction magazine. Les éditions Naturellement – qui succèdent au groupe Flammarion – ont confié à Marc Bailly le soin de relancer le titre. »
Un extrait du numéro 16 de Galaxies qui montre que :
A la lecture de cette annonce bien de gens ont cru pouvoir mettre au même niveau de capacités financières Flammarion et Naturellement ! Or Naturellement n’avait aucun moyen financier… Aucun !
Il est clairement précisé la mission confiée à Marc Bailly et pour laquelle il a échoué. Or les gens de Galaxies s’en sont toujours pris à moi…
Enfin Loevenbruck fit semblant plus tard d’ignorer qui avait acheté Sfmag mais là il est pris sur le fait !
3) « Les éditions Naturellement viennent de racheter le titre Sfmag. Nous croisons les doigts et demandons à tous les lecteurs de SF et de fantastique de soutenir ce sauvetage courageux en se précipitant dans les kiosques ou en s’abonnant dès le prochain opus. Vous pouvez décider de l’avenir de Sf Mag, ne l’oubliez pas ! »
Ce très bel appel est de la plume de Laurent Français, “Big Big Boss de Ténèbres“, dans le N°6 de cette revue daté de Février/Avril 2000. Le seul appel à nous soutenir dans une tâche aussi difficile. C’est dommage que Ténèbres ne paraît plus : ça valait bien mieux que Galaxies qui est une revue très chiante. Je ne suis pas le seul à le dire, je l’ai lu dans un message de Francis Valery dans la liste de discussion SFFranco sur Internet déclenchant ainsi la colère de Stéphane Nicot. Pourtant Valéry collaborait à Galaxies…
J’en reviens à Sfmag : à l’automne 1999, je reçus un coup de fil étrange. Le directeur de publication (Christian. Delpierre) me téléphona pour me proposer de vendre aux éditions Naturellement le titre science fiction magazine. Quelques jours plus tard, je me retrouvais avec Marc Bailly au siège de ce magazine (une belle pièce en haut de la tour Montparnasse, avec vue extraordinaire sur Paris, la tour Eiffel)… On nous présenta un petit dossier avec des chiffres de vente. Je fis mes calculs : je pouvais considérablement baisser les dépenses, l’essentiel des investissements pour le lancement du magazine ayant été réalisé. Je les fis mes calculs avec les chiffres fournis par monsieur Delpierre, et ceci en présence d’Alain Névant et Henri Loevenbruck, rédacteur en chef et rédacteur en chef adjoint. Je donnais mon accord et Marc aussi. Nous avions conscience de nous lancer dans un sacré challenge. Il fallait tout réorganiser sur plusieurs points : créer une SARL qui achèterait le titre (je fus confronté à la lourde tâche de convaincre le MNLE de devenir l’actionnaire principal), retrouver un imprimeur, un routeur, un gestionnaire des fichiers abonnés, etc. Tout cela fut prêt fin mai 2000. Le seul problème c’est que lorsque j’eus pris contact avec les NMPP qui distribuaient Sfmag dans les kiosques je m’aperçus que les ventes n’étaient pas du tout au niveau indiqué par Delpierre pour les derniers mois. J’étais prêt à abandonner ! Je téléphonais rageur à Delpierre que je joignis sur son portable au salon du livre. Il admit son “erreur“ et me proposa de me vendre le titre moitié moins cher… D’autre part Bailly ajouta son grain de sel en disant qu’on pouvait paraître en bimestriel… En fin de compte, je me laissais convaincre. Alain Névant était très malade, il sortait de l’hôpital. Il avait visiblement mal vécu son aventure Sfmag… Je lui demandais ce qu’il allait faire (car ils étaient tous licenciés et ne voulaient absolument pas continuer avec nous), il me répondit qu’il se lançait dans l’édition. Il est aujourd’hui responsable des éditions Bragelonne.
Je ne comprends toujours pas pourquoi ces gens se sont adressés à nous… J’avais posé la question à Alain Névant et Henri Loevenbruck, et ils m’ont répondu qu’ils connaissaient Phénix. C’est donc qu’ils avaient parié sur les compétences de Bailly. Or, dès la parution des premiers numéros ils descendirent en flammes le travail de Bailly, relayé en cela par Bifrost et compagnie. J’ai encore lu récemment une interview de Loevenbruck qui déclare ne pas du tout se reconnaître dans cette “maison d’éditions belge“ à qui Sfmag a été vendu. Curieux non ?
Il faut dire aussi que lorsque je signai l’acte de vente de Sfmag en tant que gérant minoritaire non rémunéré de la SARL éditions Naturellement je m’aperçus que le bilan de gestion du magazine présentait 2,8 millions de FF de déficit… Cela aussi, ils nous l’avaient caché…

Avec l’aide d’un avocat d’affaires, je mis au point un dispositif pour que l’association éditions Naturellement puisse régler une partie de ses créances avec l’imprimeur (voir annexe). Le Centre national du livre nous soutenait avec un prêt de deux cents mille francs (très faible soutien en vérité au regard de ce qui est fait pour d ‘autres, notamment le secteur de l’imprimerie…). Hélas, avec le second dépôt de bilan de Distique en été 2000, et le blocage du stock de livres de l’association éditions Naturellement par le liquidateur judiciaire de Distique tout ce dispositif tomba à l’eau !
Alors que j’avais pensé qu’avec Sfmag j’aurais pu rétablir la situation financière de ma maison d’édition, ce fut quasiment le contraire !
Ainsi, je n’avais plus les moyens de payer les pigistes dès le deuxième numéro publié (le N° 10). Je les informai et leur demandai de continuer bénévolement. Beaucoup d’entre eux acceptèrent. L’un d’entre eux alla bien faire un scandale à plusieurs reprises au siège du MNLE qui était devenu aussi le siège de la revue, mais ce fut la seule réaction négative.…
Au salon du livre 2000, j’étais de nouveau très très mal en point… J’avais replongé dans la dépression. Je me souviens de notre stand où je retrouvais Alain Sprauel et Séréna Gentilhomme… et aussi, la charmante Nathalie Raphanel, avec qui j’avais publié un petit recueil de nouvelles intitulé Pas de nouvelles de lui, que je suis encore fier aujourd’hui d’avoir publié car vraiment cette fille avait écrit là un petit chef-d’œuvre, à tel point d’ailleurs qu’une étudiante en cinéma a pris cette histoire comme adaptation au film qu’elle a dû réaliser pour ses études… Pas mal non ? Si Nathalie (dont je n’ai plus les coordonnées) lit ces lignes qu’elle sache que son œuvre a eu des suites et je l’en félicite. Bailly qui commençait a tirer le diable par la queue car même lui je n’arrivais plus à le payer régulièrement me menaça du tribunal le soir pour le lendemain matin me faire encore des tas de propositions de publications nouvelles. La SARL avec la parution de Sfmag tenait plus ou moins le coup mais l’association coulait inéluctablement… Je ne pus pas payer Séréna pour sa traduction. Elle se transforma soudain en amazone haineuse. Je lui proposai de la payer en exemplaires de son livre qui s’était mal vendu. Elle accepta mais continua néanmoins à m’insulter sur les listes de discussion Internet.
Ce n’était pas facile de tenir ce stand. D’abord cela coûtait très cher et il fallait s’engager financièrement plusieurs mois à l’avance (c’est pourquoi malgré ma situation financière catastrophique nous avions un stand payé depuis longtemps) et je ne disposais pas du stock et il fallait la gentillesse des gens de Distique pour amener les livres.
Dans le même temps à peu près, Bailly contactait Ayerdhal pour tenter de publier une de ses nouvelles dans Sfmag. Il me contacta et me dit que Ayerdhal voulait nous vendre une nouvelle 4000 FF. Je fus stupéfait de la somme exigée. Bailly m’assura qu’avec un tel nom on récupérerait la somme facilement. En tant que correcteur bénévole je reçus donc la nouvelle par l’intermédiaire de Marc Bailly. Ce texte était un vrai brouillon bourré de fautes. Je fis part à Bailly de mon mécontentement, mais il publia néanmoins la nouvelle. Elle ne nous fit pas gagner un seul lecteur de plus. Je me refusai à payer dans ces conditions, n’ayant d’ailleurs jamais eu de contrat signé de la main d’Ayerdhal, qui encore aujourd’hui, surtout quand il est sous l’emprise de l’alcool, me traite d’escroc.
Ayerdhal est copain avec Jean Claude Dunyach (que j’appelle familièrement “Dudu“), Séréna m’insulta sur la liste SFFranco sur Internet et que, dans la foulée, Dunyach m’assassina sur cette liste dont je fus finalement viré.
Ce sacré Dudu a déclaré plus tard à un directeur de collection qui a travaillé chez moi : « J’ai le bras long, je liquiderai les éditions Naturellement. » Sympa non ? Il a peut-être réussi... Ceci dit quand il a déclaré cela, cette maison d’éditions était déjà mourante. Il est facile de tirer sur une ambulance. Du coup, de gentil on m’a fait méchant et tout le monde dans le microcosme SF français s’évertua à me démolir…
Même une amie à moi M.P. Najman qui avait publié quelques textes dans Galaxies, m’a fermé sa porte au nez ! Je me souviens de l’avoir connue au PC. J’étais à la tribune d’une conférence de section à laquelle elle assistait et je lisais une revue parce que je m’ennuyais fermement. Elle se leva et vint me dire que c’était malpoli pour un dirigeant de lire à la tribune. Sacrée Marie Pierre ! J’ai noté qu’elle publie une nouvelle dans le nouveau « Fiction » édité par les Moutons électriques » maison d’édition créée pat un Lyonnais bien connu. Entre Lyonnais…

En fait, après ces incidents “verbeux“ sur Internet je fus stupéfait de leurs conséquences. Le lendemain, je reçus un coup de fil de Daniel Conrad, très agressif, qui condamna mon intervention sur le forum Sffranco (un comble ! de l’agressé il faisait de moi l’agresseur) et me réclama le paiement immédiat des quelques exemplaires de Ténèbres et Galaxies que nous vendions par l’intermédiaire de Sfmag. En réponse à la surprise que j’affichais devant cette attitude qui m’étonnait il me précisa que, eh oui ! Ténèbres et Galaxies étaient édités par la même association dont Dunyach était un des gourous bien sûr. Cette agression était agrémentée de menaces : « T’as intérêt à payer car Stéphane Nicot est très procédurier… » Ces menaces verbales furent suivies de lettres recommandées. Très agacé et meurtri par ce revirement d’attitude à mon égard, je répliquai en facturant à Ténèbres et Galaxies toute les pubs gratuites que je leur avait faites dans Sfmag. D’autre part, ils utilisèrent comme “preuve juridique“ un accord signé avec Marc Bailly. Or, Marc Bailly n’avait aucun pouvoir de signer quoi que ce soit au nom des éditions Naturellement, n’étant ni associé ni salarié (il bénéficiait d’une convention de prestation envers les éditions Naturellement). Je commençais à découvrir l’incroyable incompétence de cet individu qui se permettait de signer des conventions sans en avoir le droit… Il va de soi qu’avec un dossier aussi maigre, aussi procédurier soit-on, on ne peut pas aller bien loin… Ceci dit, je remportai une victoire mais cela n’arrangea pas mes rapports avec ces gens…

Un des premiers associés de la SARL me fit faire la connaissance d’Elisabeth Piotelat, une petite jeune femme à lunettes très rondelette. Elle était très active au SETI, vous savez cet organisme international qui “écoute“ d’éventuels messages d’extraterrestres provenant du Cosmos. Je lui demandai d’écrire un article pour Sfmag ce qu’elle fit. Mais Bailly le trouva nul et ne le publia jamais sans m’en informer ! Aussi cette brave Elisabeth ne voyant pas son article sortir dans Sfmag, me voua une haine sans limites alors que je n’y étais pour rien…
Mais je n’en restais pas là avec elle. En effet, longtemps auparavant, cet associé (Gilles Couty) m’avait présenté le manuscrit d’un psychanalyste âgé J. Sigward, manuscrit que j’avais dans un premier temps refusé. Il s’avérait que ce J. Sigward était associé aux activités “littéraires“ de Piotelat. Du coup, Gilles Couty me proposa une deuxième fois ce manuscrit. J’avais trouvé le texte un peu fasciste sur les bords mais enfin, je finis par décider de le publier dans ma collection “Fictions“. Malgré quelques épines que je sous-estimais, je finis par me mettre d’accord avec Sigward et lui envoyais son contrat. J’étais tellement sûr de mon coup (en effet qu’est-ce qui aurait pu s’opposer à cette publication ?), et comme je le faisais habituellement, j’informais mon diffuseur de la prochaine édition du livre, et ce denier en informa Electre (la base de données nationale des livres sortis) et donc tous les libraires furent informés de cette édition. Ainsi la FNAC et tous les libraires en ligne annoncèrent sa publication. Or Sigward ne me renvoya jamais son contrat, ne me dit jamais rien et ne justifia jamais sa non signature. Gilles Couty me dit qu’il déjeuna un jour avec lui mais je n’en sus pas plus… Cela suffit à exciter la haine de Piotelat qui annonça partout sur Internet que j’étais un escroc car je vendais le livre de Sigward sans avoir de contrat. Elle se fiait à l’annonce de la FNAC pour développer cette calomnie. Or le livre n’a jamais été tiré. Ce problème arrive à de nombreux éditeurs, ainsi des titres qui ne sont jamais sortis sont annoncés par Electre1… Que s’était-il donc passé ? Sigward avait déjà auto édité son livre. Or, un jour je reçus un coup de fil d’un membre du personnel d’une grande maison d’édition qui s’annonça comme un patient du psychanalyste et insista beaucoup pour que je publie le livre. Puis il me dit qu’il a réalisé la mise en page du livre auto édité et il me réclame 6000 FF pour cette mise en pages. Je refusais évidemment catégoriquement, car j’avais l’intention de réaliser moi-même cette mise en page qui était très facile à faire. Est-ce suite à ce refus que Sigward ne donna pas suite ? A l’époque ce vieil homme était très malade. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. J’espère pour lui que sa santé a pu se rétablir.
J’ai encore du mal à comprendre les réactions aussi violentes de Piotelat… Etait-elle amoureuse de Sigward, un phénomène de transfert psychanalytique ?
Séréna était très amie (l’est-elle encore ?) avec une autre membre du fandom : Léa Silhol, “la tisseuse“. Je l’ai connue quand j’adhérai à son association vampirique (qui ne fit d’ailleurs pas de vieux os) car elle m’avait contacté pour parler de mon livre Ruines dans la revue de cette association “Requiem“ (en compagnie d’ailleurs de… Michel Pagel).
Puis elle me proposa de publier une anthologie sur les vampires. Nous le fîmes, elle fit un excellent travail et le livre ne s’est pas trop mal vendu. Il faut comprendre que ce genre de livre demande un travail considérable. De mise en pages d’abord et de correction. De relation avec les auteurs ensuite (qui furent tous payés, ainsi que Léa), notamment les auteurs américains dont il fallait envoyer les droits par mandat international. Il fallait aussi trouver les traducteurs et les payer (ils le furent tous…) et pour cela je sollicitais Marc Bailly qui me proposa des traducteurs et les choses se passèrent mal entre Marc et Léa. Il faut dire que cette dernière a une manière de traiter les collaborateurs très spéciale, disons très brutale…
Il faut dire aussi que Marc fut horriblement jaloux que je puisse réaliser une anthologie dans ma propre collection car, en fait, je commençais à m’apercevoir qu’il considérait les éditions Naturellement comme sa propriété personnelle… “Ce n’est pas donné à tout le monde d’être directeur de collection“ me déclara-t-il. Effectivement, ce n’était pas donné à Bailly…
Alors que j’étais déjà personnellement ruiné et que Léa avait fondé sa propre maison d’édition Oxymore, suite à ma demande, elle m’envoya son anthologie sur les anges et sa collaboratrice (Mlle Giordano) me réclama le prix de ce livre avec moult mots d’insultes (voleur, malhonnête, etc. Non ! je n’exagère pas…). Je demandais que ce livre soit considéré comme un Service de presse, moi-même n’ayant jamais facturé un seul livre à Léa. Rien n’y fit et ces deux femmes exigeantes contribuèrent ainsi à participer aux diverses calomnies à mon encontre. Car quoi d’autre a-t-on à me reprocher du côté des éditions Oxymore, maison d’édition de Léa ? Récemment encore, dans le cadre de mes activités de directeur de Sfmag j’ai eu un message très violent et très méchant de Léa car j’avais mis trop de temps à lui envoyer un exemplaire de Sfmag dans lequel je faisais paraître son interview… Je pense que Léa a intérêt à se soigner les nerfs. Cela gâche beaucoup trop son talent…

Pour le début de l’année 2000 j’avais préparé, avec Marc Bailly, une manifestation ambitieuse dans ma bonne commune de Givors. Tout était prêt même l’accord avec le cinéma Le Paris. Mais je tombai gravement malade : ma deuxième dépression. Je fus obligé d’annoncer partout que la manifestation était annulée. Je dois ici rendre hommage à Patrice Duvic qui a eu la gentillesse de me téléphoner pour me souhaiter un prompt rétablissement. Je n’ai pas eu le plaisir de l’avoir au téléphone, ce fut mon épouse qui lui répondit. J’étais moi-même dans un état qui ne me permettait pas de le rappeler ensuite. J’eus le plaisir de le rencontrer plus tard car il allait acheter aux éditions Naturellement "Le Sphinx" de Graham Masterton. Il avait aussi l’intention d’acheter un Mac Cammon mais la maison d’éditions déposa le bilan avant. Patrice Duvic est un charmant homme, un grand connaisseur des littératures de l’imaginaire. Avec une grande modestie il a créé (entre autres) une fabuleuse collection, la collection Terreur de chez Pocket. Normalement ce devait être Marc Bailly, en tant que directeur de collection, qui devait avoir des discussions avec lui. Mais Marc me fit savoir “qu’il était mal vu par Patrice Duvic“… Je me chargeais donc avec grand plaisir de rencontrer Patrice Duvic dans son appartement lyonnais.
Avec Marc j’étais dans la même situation que le cocu de l’histoire : tout le monde connaissait ses incompétences sauf moi… Il faisait ce qu’il pouvait, mais ce que je pouvais lui reprocher c’est d’exagérer lui-même ce qu’il était capable de faire. D’ailleurs pourquoi avait-il besoin d’un adjoint relativement compétent, car, franchement n’avoir que cela à faire de la journée : sortir un magazine de cinquante quatre pages par mois, ne demande pas d’être deux ! Marc Bailly lui-même disait partout que Sfmag était « un fanzine de luxe ». Il ne pouvait pas mieux scier la branche sur laquelle il était.