Années 90 : Naturellement et Phénix
Pendant que je publiais chez Ouest-France et chez PUF, je continuais à mettre en place mes idées pour la création d’une maison d’édition après la parution de Vorgines sous l’égide de la revue “Naturellement“. Je me mis d’accord avec mes amis du MNLE et nous créâmes l’association Editions Naturellement. Je réunis quelques auteurs de cette association et composai un ouvrage collectif Ecologie et progrès dont je suis encore fier aujourd’hui… J’envoyais ce projet de livre à plusieurs diffuseurs et distributeurs afin d’être distribué en librairie. Le PDG du diffuseur CED me contacta et je le rencontrai avec mon ami Mogenet. Ce fut lors de l’hiver 1997, nous prîmes le bus et marchâmes longtemps sur les rives industrielles de la Seine avant de découvrir cette petite maison vermoulue au fond d’un petit jardin qui était le siège de CED. Nous fîmes affaire et ils m’envoyèrent chez le distributeur Distique car il faut un diffuseur (une espèce de service commercial) et un distributeur (le service qui livre les livres chez les libraires). Je me souviens de mon rendez-vous chez Distique à Luisant dans la banlieue de Chartres avec de charmantes jeunes femmes. L’affaire fut conclue et oh joie ! nous avions une maison d’éditions et une distribution en librairie…
Tous les ans en décembre nous faisions une réunion avec les représentants de CED qui me faisaient part des difficultés qu’ils rencontraient avec les libraires. Le problème, en fin de compte, était que je devais adapter ma production au goût des libraires si je voulais vendre…
Hélas, le sort ne se priva pas de m’envoyer encore quelques signes. Ecologie et progrès à peine édité, Distique déposa son bilan à la suite de Maxi Livres dont cette société de distribution était la filiale… Distique fut repris mais j’en étais quitte pour perdre la recette du premier livre édité et de payer par contre les retours.
Quelques années auparavant, alors que je fouillais dans les rayons de livres invendables de la FNAC à Lyon, je découvris quelques exemplaires d’une revue mal reliée et mal imprimée : la revue Phénix. Ma foi son contenu m’avait plu. Il n’y avait rien d’autre de comparable à l’époque et ils demandaient des collaborateurs. Je me proposais et je fus pris. Je fis donc la connaissance de Marc Bailly. Entre le moment où il avait auto publié ces Phénix de la FNAC et celui où je pris contact avec lui, il avait réussi à se faire éditer Phénix par les éditions Lefrancq. J’étais très heureux de cette collaboration, un vrai plaisir intellectuel, un vrai plaisir d’écriture. Je collaborais donc au numéro sur les vampires, celui sur Masterton et celui sur la Fantasy. Le sort voulut que je n’écrive plus pour Phénix car je devins éditeur, hélas… Bailly se présentait comme directeur de collection chez Lefrancq. Cela posait son homme. Effectivement, il était indiqué dans certains livres de cet éditeur : “sélectionné par Marc Bailly“. Voilà un travail pas très compliqué à réaliser : il suffit d’avoir l’adresse des agents des auteurs étrangers et de publier ce qu’ils proposent c’est en gros ce qu’il faisait.
Après mon livre sur le Rhône chez Puf, j’écrivis quelques nouvelles et mon roman « Ruines » que je proposais à bien des éditeurs dont certains me répondaient en faisant une critique de l’écriture de mon livre et d’autres m’envoyaient le même formulaire de refus que devaient recevoir les centaines et les milliers d’auteurs dans mon cas. J’envoyai aussi quelques nouvelles chez le fanzine Cyberdream (édité par la défunte (et regrettée) maison DLM), fanzine fondé par Francis Valéry qui avait alors passé la main à Sylvie Denis. Cette dernière m’a fait réécrire une nouvelle pour, en fin de compte, ne pas la publier. Paix à l’âme de la défunte Cyberdream. Bien plus tard, je rencontrai Sylvie en compagnie de Roland Wagner dans une petite librairie sympa de Lyon. Elle ne daigna pas m’adresser la parole. J’avais l’intention de publier son interview ainsi que celui de Roland dans Sfmag et leur proposai d’envoyer les questions par écrit. Sylvie ne me dit jamais non (elle ne me dit d’ailleurs rien du tout !). J’envoyai donc les questions au couple et Roland me répondit (voir cette interview dans Sfmag) mais Sylvie resta toujours aussi silencieuse. Quel mépris !
Je me souviens d’avoir eu une discussion avec Roland. Je l’informai du dépôt de bilan des éditions Naturellement. Nous avons eu un petit débat sympa. Il me déclara qu’il partait du principe qu’il ne travaillait plus avec les gens qui ne l’avaient pas payé… Or, récemment, il donna (vendit ?) une de ses nouvelles à Marc Bailly pour publication. Cette nouvelle a déjà été publiée dans le recueil “Noirs complots“ aux Editions Les belles Lettres. Cela montre deux choses : Wagner ne considère pas que Bailly a une responsabilité dans la faillite des éditions Naturellement et ensuite que Bailly ne fait que recycler des textes déjà publiés par d’autres…
D’ailleurs, ces parutions nommées “Mini Phénix“ ont donné lieu de ma part à une mise au point que voici (datée du 3 juin 2004) :
Je dois vous donner des informations au sujet des publications suivantes annoncées sur Internet : Éditions du CHABERNAK : Mini-Phénix (articles, interview, bio-bibliographie, nouvelle)
(…)
Cette "maison" d'édition est tenue par Marc Bailly qui fut directeur de collection chez Lefrancq (faillite en 1999) chez Association éditions Naturellement (faillite en 2001) et chez SARL éditions naturellement (faillite en 2003). Il fut aussi rédacteur en chef de Sfmag , et Corthouts rédacteur en chef adjoint, Sfmag qui est aujourd'hui assez mal en point en résultat de la gabegie de ces messieurs pendant quatre ans au cours desquels ils ont pourtant été payés pour (mal) faire leur boulot..
D'autre part la plupart des textes de ces "miniPhénix" sont des ressucées de textes déjà parus dans des numéros de Phénix édités par les éditions Naturellement. Ainsi par exemple, le chapitre 9 inédit de Valerio Evangelisti traduit par mon père Guy Pelosato a été publié par Marc Bailly sans autorisation du traducteur.
D'autres textes viennent de Sfmag et en aucun cas en tant que propriétaire du titre Sfmag je n'ai donné l'autorisation de publier ces textes.. Je n'ai d'ailleurs pas été consulté. Je rappelle également qu’un texte publié dans une revue par un salarié de cette revue et écrit par lui ne lui appartient plus mais appartient à la revue…
Comment peut-on appeler cela ? Du pillage ?
J’avais également écrit un petit roman de SF La Compagnie des clones que je destinais à la collection “MACNO » de chez Baleine mais ces braves gens ne m’ont jamais répondu… Je décidai alors de publier nouvelles et romans aux éditions Naturellement. J’envoyai bien sûr mes œuvres à Phénix en Belgique… C’est pourquoi, je fus considéré par Marc Bailly comme éditeur et quand Lefrancq fit faillite, Bailly ne se vit pas reprendre son travail de gratte papier à la sécurité sociale belge… Il fit appel à moi en se présentant comme directeur de collection de chez Lefrancq, en disant le plus de mal possible de cet éditeur le traitant d’escroc, me disant qu’ils lui devaient de l’argent, etc. Que n’ai je entendu alors sur ce pauvre “Martin“ de chez Lefrancq… Si j’avais su alors, lorsque moi je ferais faillite, qu’il tiendrait le même discours sur moi… Mais à l’époque, Bailly m’apparaissait comme un pro avec sa collaboration chez Lefrancq et ses 50 numéros de Phénix derrière lui. Il fut donc embauché à l’association éditions Naturellement.
J’avais proposé également mes nouvelles à Bifrost, j’avais reçu un vrai travail de critique et de lecture d’un lecteur qui habitait à Cannes, qui n’avait absolument rien compris à ce que j’avais fait (comme j’utilisais des termes d’alchimie et d’occultisme il croyait que je faisais du plagiat de Lovecraft !) mais avait néanmoins sélectionné mes nouvelles qui ne parurent jamais dans Bifrost… Le “boss“ comme avait dit ce lecteur avait décidé de ne pas les publier.
Alors que je venais de publier Ruines, je proposais d’en rédiger la suite dans le cadre de la “bible“ de la nouvelle collection “Agence Arkham“. Je proposais mon projet à Francis Valéry qui avait créé cette collection. Il refusa le projet. Je ne fus pas le seul à vrai dire car plus tard j’avais publié d’autres petits romans refusés par Valéry, comme par exemple, Le Nombril du monde de Roland Wagner que Marc me proposa à la publication. Comme nous n’avions pas les moyens de nous payer un correcteur (et que Marc Bailly était nul en orthographe) je corrigeais les manuscrits. Je dois dire que celui de Roland était particulièrement négligé et qu’il avait même à la fin fait une erreur dans ses personnages qui montrait clairement que ce petit roman était initialement destiné à l’agence Arkham.
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