DEMOTIER - Assez d'essais (série alternative) - texte intégral

In Libro Veritas

Assez d'essais (série alternative)

Par DEMOTIER

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Table des matières
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CUT 2

Après le déjeuner. Nous sommes dans une pièce commune cloisonnée de panneaux qui montent jusqu'à un mètre soixante environ où chacun a son bureau dans un espace de travail délimité mais très ouvert. Il suffit de se lever de sa chaise pour se montrer ou être vu. Philippe trie des papiers sur une table mise là pour lui, contre la cloison extérieure de CYRILLE.
Au gré des plans, on verra que Christian est avec Agnès, la chef, par la porte du couloir laissée ouverte. Ils sont de dos. On n'entend pas ce qu'elle dit, mais elle fait de grands gestes en montrant le mur où Christian a fait ses inscriptions. On comprend qu'elle désire que le garçon nettoie ses griffonnages.


CYRILLE
(il se lève, un papier à la main, s'accoude sur la cloison et lance)
C'est PHILIPPE, c'est ça ? Va me faire une photocopie de ça et prends-moi un café en passant, s'il te plait. Sans touillette ce coup-ci, j'en ai déjà une de ce matin.

BERNARD (son voisin de compartiment)
Même s'il n'est que stagiaire, PHILIPPE n'est pas là pour te servir ton café ! Enfin pas le premier jour, ça risque de lui donner une mauvaise impression de son stage. Attends qu'il s'installe.
CYRILLE
On en a déjà eu de plus jeunes, non ? Il a au moins cinquante balais, le jouvenceau. J'espère que sa fin de stage tombe avant son départ en retraite !
(PHILIPPE suit cela en souriant)

RENAUD (voisin de BERNARD. Il s'est rapproché du box de CYRILLE)
C'est fou ce que tu peux être délicat quand tu as à peu près dessoûlé, toi ! Il prend un virage dans sa vie, c'est plutôt bien, non ?

ANNETTE (Box en face de celui de Bernard)
C'est même très courageux : elle le félicite. Il n'est vraiment qu'un imbibé des méninges pour tenir des propos aussi indécents !

CYRILLE
Ho, ho, calmos, ça s'entend pas que je rigole ?

RENAUD
On ne sait jamais, avec toi.

PHILIPPE (léger sourire en coin)
Laissez ! L'âne saoul qui rit ne rit que de sa soûlerie.

CYRILLE
Merde ! On a un Maître Obiwan Kenobi stagiaire ! Le monde à l'envers !

BERNARD
J'aurais plutôt dit un vieux Kwaï Chang Caine comme dans Kung Fu, mais faut voir.

CYRILLE
Certainement une question de génération, encore une fois.

BERNARD
Non, simplement de culture. J'en ai.

PHILIPPE (léger sourire en coin)
Le crabe ne s'attaque pas à l'éponge, il la contourne !

BERNARD (en accompagnant d'un geste expressif vers CYRILLE)
Tiens ton Obi-Wan Kenobi ! Kwaï Chang Caine que je te dis. Tu l'as bien entendu, le coup de l'éponge ?

CYRILLE
Ouais, ben Obiwan, dans un bon jour, il est capable de nous la servir aussi, celle-là, j'te ferai dire !
BERNARD
N'empêche que, mine de rien, c'est la deuxième fois qu'il te glisse délicatement dans les gencives que tu n'es qu'un boit sans fond ! Un trou sans soif, si tu préfères.

CYRILLE
Hola ! Si on en arrive aux attaques frontales feutrées, tu as peut-être raison : c'est du Kung Fu tout craché, ça !

BERNARD
Attention, il va reparler.

PHILIPPE (léger sourire en coin)
Noir, votre café, CYRILLE ?

CYRILLE
Non-non ! Pour vouvoyer comme ça, c'est bien Obiwan Kenobi ! Kwaï Chang était plus familier que ça.

PHILIPPE (léger sourire en coin)
Le vieux singe ne peut se souvenir de ce que ses ancêtres ne lui ont pas transmis.

BERNARD
C'est rare chez moi, mais j'avoue que je n'ai pas bien saisi le message, là !
PHILIPPE (léger sourire en coin)
Simplement, je vous avise que je ne sais pas me servir de votre matériel. Pour vos photocopies, vous pouvez donc vous démerder. Noir, votre café, scarabée ?

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