La canne du savoir
L’arrivée de l’été est préoccupante cette année, les pluies de mars ne sont pas arrivées et les pâturages verts d’Almou se sont fanés, les craintes pour les troupeaux grandissent chaque jour car si les bêtes n’ont pas suffisamment à manger, il faudra en vendre une partie. Idir ne comprend pas les soucis de sa maman et se retourne vers son oncle Ami Ouassou.
Ce dernier lui explique que la sécheresse est un phénomène naturel qui se produit lorsque les pluies sont insuffisantes. S’il n’y a pas de verdure et que les moutons ne mangent pas à leur faim, ils vont maigrir ou au pire succomber à la soif et à la faim. Pour minimiser les pertes, les nomades ne gardent que les meilleures races de leurs troupeaux, encore plus de femelles et seulement quelques moutons. Les autres partiront au marché pour être vendus. Cette année, ton père n’étant pas là, si tu nous promets de rester sage, tu viendras avec nous.
La mère : « Il te faut un peu de patience, Idir ! Tu dois grandir encore un peu et tu pourras partir au marché»
Idir en pleurs : « Non Ima, je veux y aller cette fois et je promets que je serai le plus sage des enfants ! »
Les préparations de la caravane durent quelques jours pour permettre à toutes les familles de spécifier leurs besoins : Les vêtements, la nourriture, les outils et les bêtes...etc.
Ami Ouassou sera le guide et le chef de cette expédition
La mère décide de laisser partir Idir à sa place cette année pour lui donner l’occasion de découvrir cette étape importante dans la vie des nomades
Ce dernier lui explique que la sécheresse est un phénomène naturel qui se produit lorsque les pluies sont insuffisantes. S’il n’y a pas de verdure et que les moutons ne mangent pas à leur faim, ils vont maigrir ou au pire succomber à la soif et à la faim. Pour minimiser les pertes, les nomades ne gardent que les meilleures races de leurs troupeaux, encore plus de femelles et seulement quelques moutons. Les autres partiront au marché pour être vendus. Cette année, ton père n’étant pas là, si tu nous promets de rester sage, tu viendras avec nous.
La mère : « Il te faut un peu de patience, Idir ! Tu dois grandir encore un peu et tu pourras partir au marché»
Idir en pleurs : « Non Ima, je veux y aller cette fois et je promets que je serai le plus sage des enfants ! »
Les préparations de la caravane durent quelques jours pour permettre à toutes les familles de spécifier leurs besoins : Les vêtements, la nourriture, les outils et les bêtes...etc.
Ami Ouassou sera le guide et le chef de cette expédition
La mère décide de laisser partir Idir à sa place cette année pour lui donner l’occasion de découvrir cette étape importante dans la vie des nomades
Le matin du départ la mère sort les quelques pièces qui lui restent, elle les cachait dans une petite bourse à l’intérieur d’un pot de conserve, elle en donne une partie à Ami Ouassou et deux petites pièces à Idir « Idir, tiens c’est ton capital ! Je veux que tu ne les perdes pas et que tu reviennes avec quelques chose d’intéressant »
Ami Ouassou vérifie que tout le monde est prêt et annonce le départ de la caravane en direction du grand marché annuel « Aydoud »
Des mules, des bourricots des moutons et des chiens se lissent les uns après les autres Ami Ouassou à la tête du cortège et quelques cousins à la queue pour bien veiller sur cette grande famille en déplacement.
Idir est au milieu sur le dos de la mule de son père tel un petit prince. Il regarde devant et derrière. Son chien Ouskay court à côté
Après une journée de marche, ils arrivent à l’entrée du moussem Le grand marché. Ami Ouassou leur demande d’installer leur camp à côté des visiteurs déjà sur place. Une seule tente pour tous et une clôture pour les bêtes
Très tôt Le lendemain, les bruits qui réveillent Idir ne lui sont guère familiers. « Ce sont des camions et des voitures » lui dit sont cousin Izakh qui ajoute « Il y aura beaucoup du monde, tu dois faire attention, et tu dois nous suivre tout le temps »
Quelques heures plus tard, le marché du bétail commence à se remplir.
Les voix des commerçants s’entremêlent aux cris des animaux,
Ami Ouassou vérifie que tout le monde est prêt et annonce le départ de la caravane en direction du grand marché annuel « Aydoud »
Des mules, des bourricots des moutons et des chiens se lissent les uns après les autres Ami Ouassou à la tête du cortège et quelques cousins à la queue pour bien veiller sur cette grande famille en déplacement.
Idir est au milieu sur le dos de la mule de son père tel un petit prince. Il regarde devant et derrière. Son chien Ouskay court à côté
Après une journée de marche, ils arrivent à l’entrée du moussem Le grand marché. Ami Ouassou leur demande d’installer leur camp à côté des visiteurs déjà sur place. Une seule tente pour tous et une clôture pour les bêtes
Très tôt Le lendemain, les bruits qui réveillent Idir ne lui sont guère familiers. « Ce sont des camions et des voitures » lui dit sont cousin Izakh qui ajoute « Il y aura beaucoup du monde, tu dois faire attention, et tu dois nous suivre tout le temps »
Quelques heures plus tard, le marché du bétail commence à se remplir.
Les voix des commerçants s’entremêlent aux cris des animaux,
des rires par là et des négociations de l’autre côté. Idir aperçoit des billets changer de mains.
Idir arrive dans le stand d’Ami Ouassou. Les bêtes encerclées dans un endroit et les visiteurs commencent à lui demander les prix. 100 pour celui-ci et 200 pour l’autre, Quelques négociations en plus et les premiers moutons quittent le troupeau
Idir ne comprend pas pourquoi ce monsieur veut prendre son mouton, son oncle lui explique qu’il vient de le vendre et que l’argent va permettre d’acheter de la farine et du sucre pour la famille ainsi que toutes les autres courses que la maman a demandé
Le troupeau devient de plus en plus petit et Ami Ouassou propose à Idir de l’accompagner pour faire un tour du marché. Ils se dirigent vers un stand où une foule se bouscule, au milieu un homme d’un certain âge avec une canne à la main. Ami Ouassou se fraie un petit chemin et parvient à mettre la main sur l’épaule de son ami : « Ami Ali » «C’est toi Ami Ouassou ? Comment allez-vous les nomades ? »
« Ça va ! Tu as toujours ta vision intérieure ou ton troisième œil vif, malgré tout ce temps de séparation et tout ce vacarme, tu m’as reconnu !! J’ai encore quelques bêtes si tu en veux, c’est bientôt fini et je ne veux pas t’oublier » lui propose Ami Ouassou
« Les temps deviennent de plus en plus dures mais laisse-moi quelques unes, je fais toujours des bonnes affaires avec toi » répond Ami Ali qui ajoute « tu es venu tout seul !
Idir arrive dans le stand d’Ami Ouassou. Les bêtes encerclées dans un endroit et les visiteurs commencent à lui demander les prix. 100 pour celui-ci et 200 pour l’autre, Quelques négociations en plus et les premiers moutons quittent le troupeau
Idir ne comprend pas pourquoi ce monsieur veut prendre son mouton, son oncle lui explique qu’il vient de le vendre et que l’argent va permettre d’acheter de la farine et du sucre pour la famille ainsi que toutes les autres courses que la maman a demandé
Le troupeau devient de plus en plus petit et Ami Ouassou propose à Idir de l’accompagner pour faire un tour du marché. Ils se dirigent vers un stand où une foule se bouscule, au milieu un homme d’un certain âge avec une canne à la main. Ami Ouassou se fraie un petit chemin et parvient à mettre la main sur l’épaule de son ami : « Ami Ali » «C’est toi Ami Ouassou ? Comment allez-vous les nomades ? »
« Ça va ! Tu as toujours ta vision intérieure ou ton troisième œil vif, malgré tout ce temps de séparation et tout ce vacarme, tu m’as reconnu !! J’ai encore quelques bêtes si tu en veux, c’est bientôt fini et je ne veux pas t’oublier » lui propose Ami Ouassou
« Les temps deviennent de plus en plus dures mais laisse-moi quelques unes, je fais toujours des bonnes affaires avec toi » répond Ami Ali qui ajoute « tu es venu tout seul !
» « Non, je te présente Idir, mon neveu, c’est le fils du défunt »
Ami Ali sert Idir contre lui et lui dit : « Ton père était bien apprécié, c’était aussi mon grand ami »
Idir regarde le visage du vieil homme de plus près et remarque qu’il n’ouvre pas ces yeux »
Encore plus de question à poser ! Mais son oncle ne supportera plus. Idir a bien promis de rester sage avant de partir.
Ami Ali leur propose de manger ensemble au déjeuner avant de se séparer
Idir, de retour, à son camp pose quand même la question à son oncle : « Pourquoi Ami Ali n’ouvre pas ses yeux ? »
« Il ne peut pas, il a fait une chute lorsqu’il était petit et il a perdu la vue ! » répond le vieil homme
La cantine du marché s’anime au déjeuner, les grillades, les plats et les boissons chaudes sont très délicieuses.
C’est une première pour Idir, il est très excité mas il se doit de rester calme. La table du coin est vide et Ami Ouassou y prend place. « Venez par ici, on va attendre Ami Ali ! ». Le vieil homme arriva à l’heure.
« Bonjour Ami Ali, que désire tes convives ? »
« Ce qu’il y a de plus délicieux et de plus consistant, ce sont des nomades, Ils mangent bien » répond Ami Ali en souriant.
Ami Ali sert Idir contre lui et lui dit : « Ton père était bien apprécié, c’était aussi mon grand ami »
Idir regarde le visage du vieil homme de plus près et remarque qu’il n’ouvre pas ces yeux »
Encore plus de question à poser ! Mais son oncle ne supportera plus. Idir a bien promis de rester sage avant de partir.
Ami Ali leur propose de manger ensemble au déjeuner avant de se séparer
Idir, de retour, à son camp pose quand même la question à son oncle : « Pourquoi Ami Ali n’ouvre pas ses yeux ? »
« Il ne peut pas, il a fait une chute lorsqu’il était petit et il a perdu la vue ! » répond le vieil homme
La cantine du marché s’anime au déjeuner, les grillades, les plats et les boissons chaudes sont très délicieuses.
C’est une première pour Idir, il est très excité mas il se doit de rester calme. La table du coin est vide et Ami Ouassou y prend place. « Venez par ici, on va attendre Ami Ali ! ». Le vieil homme arriva à l’heure.
« Bonjour Ami Ali, que désire tes convives ? »
« Ce qu’il y a de plus délicieux et de plus consistant, ce sont des nomades, Ils mangent bien » répond Ami Ali en souriant.
Idir fixe Ami Ali de plus prêt et remarque que ses paupières ne bougent pas et que ces yeux sont enfermés dans le noir ; Il ferme les yeux et se rend compte que le noir lui fait peur
« Tu as vu Idir, toi aussi tu es aveugle, si ta famille n'est pas là, tu ne pourras pas sortir du marché, on devient tous aveugle de nos habitudes » lui annonce Ami Ali
« Ami Ali est l'un des grands commerçants de ce marché, il est bien connu et bien respecté, son handicap ne l’empêche pas de réaliser des bonnes affaires » Ajoute Ami Ouassou
Il ajoute : « son regard interne ne le trompe jamais ! »
« Ça doit être mon héritage, tous mes frères sont des commerçants et ils n’ont jamais cru en moi un seul instant. Ma volonté était au dessus de leur soupçons » Ajoute Ami Ali
« Il n’y a que ta volonté qui peut t’arrêter, avec un peu de courage j’ai pu faire un miracle ! » Ajoute Ami Ali
Idir ne se souvient pas trop bien de ce qu’il a mangé, mais il est sur de bien vouloir apprendre à ouvrir son regard interne, il veut apprendre le commerce et le calcul
Le marché est bientôt terminé, les mules sont chargées de toutes sortes d’étoffes, de la nourriture et de pleins d’autres souvenirs.
Idir a grandi un petit peu, il essaye de temps à autre de fermer ses yeux et se rend compte à combien la vue est importante.
Le camp est levé et le retour se passe bien.
Arrivé chez lui, Idir raconte tout son voyage à sa petite famille et il leur donne les cadeaux qu’il a achetés.
« Tu as vu Idir, toi aussi tu es aveugle, si ta famille n'est pas là, tu ne pourras pas sortir du marché, on devient tous aveugle de nos habitudes » lui annonce Ami Ali
« Ami Ali est l'un des grands commerçants de ce marché, il est bien connu et bien respecté, son handicap ne l’empêche pas de réaliser des bonnes affaires » Ajoute Ami Ouassou
Il ajoute : « son regard interne ne le trompe jamais ! »
« Ça doit être mon héritage, tous mes frères sont des commerçants et ils n’ont jamais cru en moi un seul instant. Ma volonté était au dessus de leur soupçons » Ajoute Ami Ali
« Il n’y a que ta volonté qui peut t’arrêter, avec un peu de courage j’ai pu faire un miracle ! » Ajoute Ami Ali
Idir ne se souvient pas trop bien de ce qu’il a mangé, mais il est sur de bien vouloir apprendre à ouvrir son regard interne, il veut apprendre le commerce et le calcul
Le marché est bientôt terminé, les mules sont chargées de toutes sortes d’étoffes, de la nourriture et de pleins d’autres souvenirs.
Idir a grandi un petit peu, il essaye de temps à autre de fermer ses yeux et se rend compte à combien la vue est importante.
Le camp est levé et le retour se passe bien.
Arrivé chez lui, Idir raconte tout son voyage à sa petite famille et il leur donne les cadeaux qu’il a achetés.
Sa mère est fière de lui et Izza est aussi contente par sa nouvelle robe.
Ami Ali a bien marqué le petit berger, Idir n’hésite pas de demander à Izza de faire son nouveau jeu favoris "Tadaghalt" : C'est de trouver la cachette de sa petite sœur les yeux fermés.
Sa mère leur a interdit de jouer sous la tente car, en tombant, Idir casse tous les objets qui sont sur son chemin.
Dans le pâturage, Idir fait la même chose avec son chien Ouskay, mais ce dernier arrive à le faire tomber rapidement.
Tous les jours en passant par Ighzer N’Ali, il pense à son anneau mais ne sait pas où son chien a pu le cacher.
Aujourd’hui en faisant Tadaghalt avec Ouskay, ce dernier le pique par un objet pointu. Idir ouvre ses yeux et trouve une longue canne dorée entre les dents du chien.
« C’est quoi ça ? On dirait la canne d’Ami Ali !! »
« Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? Oui, je peux utiliser une canne » se demande Idir, cette fois il ferme ses yeux et arrive à se tenir debout, Ouskay ne peut plus le faire tomber
Quelques heures plus tard, Idir arrive à courir droit derrière le chien, il arrive même à le dépasser.
En rentrant chez lui, il montre son nouveau jouet à sa sœur et lui dit qu’Ouskay l'a trouvé dans le même endroit que le cerceau. Idir très content remercie sa bonne étoile
Tadaghalt n’est plus un problème pour Idir, il arrive à esquiver tous les obstacles sous la tente et va jusqu’à la cachette d’Izza sans difficulté et bien sur les yeux fermés
Izza prend la canne et fait la même chose, on dirait que cette canne a un pouvoir, elle peut aider un mal voyant.
Ami Ali a bien marqué le petit berger, Idir n’hésite pas de demander à Izza de faire son nouveau jeu favoris "Tadaghalt" : C'est de trouver la cachette de sa petite sœur les yeux fermés.
Sa mère leur a interdit de jouer sous la tente car, en tombant, Idir casse tous les objets qui sont sur son chemin.
Dans le pâturage, Idir fait la même chose avec son chien Ouskay, mais ce dernier arrive à le faire tomber rapidement.
Tous les jours en passant par Ighzer N’Ali, il pense à son anneau mais ne sait pas où son chien a pu le cacher.
Aujourd’hui en faisant Tadaghalt avec Ouskay, ce dernier le pique par un objet pointu. Idir ouvre ses yeux et trouve une longue canne dorée entre les dents du chien.
« C’est quoi ça ? On dirait la canne d’Ami Ali !! »
« Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? Oui, je peux utiliser une canne » se demande Idir, cette fois il ferme ses yeux et arrive à se tenir debout, Ouskay ne peut plus le faire tomber
Quelques heures plus tard, Idir arrive à courir droit derrière le chien, il arrive même à le dépasser.
En rentrant chez lui, il montre son nouveau jouet à sa sœur et lui dit qu’Ouskay l'a trouvé dans le même endroit que le cerceau. Idir très content remercie sa bonne étoile
Tadaghalt n’est plus un problème pour Idir, il arrive à esquiver tous les obstacles sous la tente et va jusqu’à la cachette d’Izza sans difficulté et bien sur les yeux fermés
Izza prend la canne et fait la même chose, on dirait que cette canne a un pouvoir, elle peut aider un mal voyant.
Idir ne lâche plus son jouet, avec sa canne il dirige son troupeau, il chasse le loup et il s’en sert aussi comme un crayon, il a dessiné son troupeau devant la tente et chaque soir il vérifie par rapport à son dessin qu’il ne manque aucun mouton.
Idir aimerait bien aller à l’école pour apprendre le calcul, mais il n’y en a pas ici, la plus proche est à des dizaines de kilomètres.
"Ami Ali avait bien appris à compter tout seul, je veux faire comme lui" se dit Idir
A l’aide de sa canne il a appris à dessiner son chemin, les pièces de monnaie qu’il a ramenées du marché et toutes les tentes de ses voisins.
Il lui reste à dessiner le ciel avec la lune, le soleil et toutes ces étoiles filantes qui vont dans tous les sens.
Idir aimerait bien aller à l’école pour apprendre le calcul, mais il n’y en a pas ici, la plus proche est à des dizaines de kilomètres.
"Ami Ali avait bien appris à compter tout seul, je veux faire comme lui" se dit Idir
A l’aide de sa canne il a appris à dessiner son chemin, les pièces de monnaie qu’il a ramenées du marché et toutes les tentes de ses voisins.
Il lui reste à dessiner le ciel avec la lune, le soleil et toutes ces étoiles filantes qui vont dans tous les sens.
Chapitre suivant : La classe de la nuit