Martine Maillard - Labyrinthes et Flammes - texte intégral

In Libro Veritas

Labyrinthes et Flammes

Par Martine Maillard

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Table des matières
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Rencontre

« Je suis la Vérité et la Voix !
 
Vois de mes mains l’éclat insoutenable !
Regarde ! Regarde !
Et Me reconnais-tu ?
C’est moi que tu suivis jadis
Par les chemins poudreux,
C’est moi dont tu suivis la Voix,
Fascinée, incrédule.
Car ce que tu voyais,
Ce que tu entendais alors,
Ce n’était pas vraiment la Vérité !
Ce n’était qu’apparence,
Pour les enfants qui ont besoin d’images.
 
Bientôt tu n’entendis plus rien,
Tu n’aperçus plus rien,
Et tu me crus perdu.
Où est-il donc passé,
Celui qui me  promettait tout ?
Disais-tu ; il ne m’a rien laissé !...
Et cependant, écoute !
Écoute cette rumeur,
Écoute cette tempête,
Ouvre tes yeux cachés !
Tu trembles ! Tu ne vois rien,
Parce que tu ne sais pas où il faut regarder.
 
Ose enfin soulever les voiles de ton cœur,
Là où tu dors depuis toujours,
Dans la paresse de l’animal enfoui…
Tu entendras craquer la mort,
Comme la glace qui dégèle,
Tu entendras gronder la nuit ;
Écoute mon Silence !
Dans cette flamme qui t’aveugle,
Je Suis, Moi, le Ressuscité,
La Voix impérieuse élevée du Silence
Après l’éclatement du monde.
 
Regarde autour de toi :
Il n’y reste plus rien… Tous t’ont quittée !
Et tu cherches ma Voix,
Tu cherches mon Éclat ?
Mais cette Voix est tienne, et cet Éclat aussi !
Il y a si longtemps que je t’ai tout donné !...
 
Ah ! Pourquoi ne m’as-tu jamais vu,
Pourquoi as-tu scellé ton corps,
Et banni de ton cœur la  mémoire de moi ?
Je suis Ta Vérité, et tu ne peux m’éteindre !
Aussi t’ai-je brisée,
Jetée dans la tourmente et consumée,
Afin qu’en ces décombres tu me reconnaisses
Unique en toi.
Car Je Règne à jamais, et je ne connais point d’obstacle ! »
 
     
Oh ! Silencieuse et pure,
Mon âme intacte et neuve
Brillait comme un anneau
Quand la mer reflua…

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