Claude Colson - Hiver sur la ligne - texte intégral

In Libro Veritas

Hiver sur la ligne

Par Claude Colson

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Table des matières
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D'abord le quai, griffé par la bise.
Enfin le train, son toit que réverbères irisent.
T'y réfugier bien vite
Pour que , lentement, l'engourdissement te quitte.

Il traverse, lent, la nuit de janvier,
Noire, sans éclat, un mystère figé.
Mais l'aube point, bleuit le ciel
Où se détachent d'arbres frigorifiés les ombres-silhouettes dressées.

Sur la Seine, à présent longée,
Se reflètent des berges les lumières orangées.
L'eau glauque te rappelle la froidure,
La rudesse d'un monde dépourvu-fioritures.

Le roulis te berce
Tandis que monte à tes oreilles
Le sourd grondement régulier des essieux.
Obstiné, il t'arrache au demi-sommeil tel une herse
Et prend pourtant, in fine, air gracieux.

Tu arrives à Paris
Comme les immeubles sortent de leur nuit.
Mais non... le convoi s'arrête en pleine voie, terrassé ;
C'était sans compter les aléas du RER C

Patience, patience,
Te voilà déjà presque rendu au silence.