Ali Mekherbeche
Mon cher Ali, tu es Algérien ?Oui, je suis né en Algérie dans la massif des Aurès, en mars 1956, quelque temps après, mon village a été incendié par l’armée française... Avec mes grands-parents maternels, mon oncle, ma sœur aînée et ma maman, nous sommes arrivés en France en novembre 1957. Mon père était déjà établi ici en France depuis 1946. Il travaillait dans les hauts fourneaux, chez Prénat à Givors.
Tu as entendu parler souvent de la tragédie du village incendié ?
De temps en temps lors de réunions de famille ce sont des choses qui se racontaient. Et quand je suis retourné là-bas, pour la première fois en 1975. J’ai d’ailleurs su qu’il s’agissait d’une vengeance de l’armée française contre le F.L.N. En fait, ce dernier avait eu des informations d’un soldat français et il avait pu dérober des armes et du matériel qui a servi aux embuscades.
Ceci dit, quand on en parlait, le temps avait passé et c’était plutôt une anecdote plutôt qu’un drame puisqu’il y a eu des victimes.
Donc pour toi, la France c’est un peu ça d’abord, la guerre d’Algérie, même si tu ne l’as pas vécue directement...
Dans notre famille, et globalement chez les gens de notre génération, à Givors, on n’a pas tellement ressenti de rancœur vis-à-vis de la population givordine . On nous disait que les "gens de la mairie" avaient beaucoup fait pour la paix, pour la population algérienne, pour pouvoir l’accueillir, la loger. Et, de manière plus politique, entre les résistants algériens et les élus locaux du P.C.F. il y a toujours eu une sorte de complicité qui fait que naturellement, quand il était question de la guerre d’Algérie, ce n’était pas en terme revanchard, mais plutôt un peu de manière historique, anecdotique. D’ailleurs mon père qui était directement impliqué dans ces événements, nous a peu parlé de ce qu’il a pu faire. Contrairement à ce que j’ai entendu dans la famille lors-qu’il y a eu le conflit entre Israël et l’Egypte pour le Sinaï. Là c’était vraiment des pro-pos anti-juif très virulents.
Ton père a participé à l’action clandestine du F.L.N. en France. Il t’en a très peu parlé.
Oui. On a eu des témoignages pas des gens que j’ai rencontrés plus tard, dans la vie politique ou associative : un responsable de la Maison des Jeunes, une religieuse qui était assistante sociale chez Prénat... Les élus locaux. Mais lui-même en a très très peu parlé... D’après ce que je sais il devait être collecteur du F. L.N. en réseau avec d’autres gens.
Je comprends très bien que vous étiez dans une situation particulière, vous les Algériens de Givors, car la municipalité a toujours soutenu la lutte de libération du peuple algérien. Et en tant qu’Algérien, est-ce que tu as souffert du racisme ?
Des souvenirs, des émotions, j’en ai. J’ai entendu du balcon crier : "Faut pas jouer avec les Algériens !" Mais dans la ville on a eu très peu de problèmes. J’ai eu à vivre des situations dans le cadre de voyages sportifs dans d’autres communes. Parfois, quand on jouait un match à l’extérieur, on se faisait insulter à chaque fois qu’on touchait le ballon. Mais à Givors, on n’a pas eu de vrais problèmes.
On peut dire aussi, que quand on grandit, on ne théorise pas le vécu — un vécu de quartier, on fonctionnait en bandes et en rivalités entre quartiers —, ce n’était pas connoté de façon raciste. La pédagogie des parents consistait à dire : "Vous avez de la chance d’aller à l’école car nous on ne l’a pas eue, vous avez de la chance d’aller en vacances à Saint-Pierre-de-Chartreuse , pas nous, etc." On pouvait donc comparer ces conditions de vies où tout nous était disponible, avec celles des parents, qu’ils nous avaient racontées : faire des kilomètres pour aller chercher l’eau, soumis à des colons parfois dès l’âge de dix ans pour travailler...
Plus tard, on a rencontré des difficultés. Il fallait avoir les capacités intellectuelles pour faire la différence entre une discrimination et une remarque objective. Dans la classe, Ali ou Guy, ou un autre, l’instituteur faisait son travail, on n’a jamais eu à rap-porter à nos parents une discrimination raciste.
Tu n’as donc jamais eu des conditions pour tomber dans la "paranoïa", pour ressentir une chape de plomb raciste sur tes épaules...
Tu n’as donc pas eu de conflits entre ta nationalité algérienne, ta culture algérienne et le fait de vivre en France ?
Dans la mesure où on n’a pas une vie semée d’embûches et de handicaps, du coup, la culture algérienne devient une richesse. Dans la cellule familiale qui est une partie de l’existence dans l’espace et dans le temps, on apprend beaucoup de choses, une manière d’être, les relations avec les autres, une manière de respecter les autres, des différences, qui vont d’ailleurs au-delà des habitudes alimentaires ; et, on a aussi la chance, donc, d’être en contact à l’extérieur, avec l’occident, ses valeurs, ses principes, son organisation, sa modernité d’une certaine manière. Donc, j’insiste un peu : dans la mesure où on n’a pas de difficultés scolaires, d’accès à l’emploi, et, donc, de ces han-dicaps en découlent forcément d’autres comme des problèmes de logement, par exemple. Tous ces problèmes peuvent m’amener à comprendre la constitution chez les victimes d’un état d’esprit un peu incisif. A partir du moment où on ne connaît pas ces problèmes, c’est un plaisir de vivre ici, mais aussi de retourner de temps en temps en Algérie... Mais avant tout c’est quand même très confortable pour nous de pouvoir vivre comme ça.
Entre toi (qui a un peu plus de quarante ans) et un jeune de 17 ans d’origine algérienne (et de nationalité française) il y a une grande différence d’état d’esprit. Que je sache, tes parents n’étaient pas des intellectuels ?
J’ai eu le privilège d’avoir un père qui était lettré en arabe et qui a été alphabétisé ici, dans son entreprise. Car l’entreprise gérait beaucoup d’aspects de la vie de l’ouvrier : le logement au début avec les baraquements, l’aspect sanitaire et social, l’aider à remplir les papiers, etc. Ma mère aussi, est allé à l’école jusqu'à 14 ans. J’ai des souvenirs de gens qui venaient à la maison pour se faire lire des lettres reçues, se faire aider à remplir des mandats...
Dans le quartier dans lequel j’ai grandi, et je pense que la ville de Givors a grandi comme ça, cohabitaient, y compris dans la même allée, des Espagnols, des Italiens, des Algériens, des Français. Tous les pères allaient au boulot, les mères étaient très présentes... Il y avait une espèce de contrôle social dans le quartier... une famille un peu élargie, la communauté du quartier, si on peut dire... Il y avait des relations intercommunautaires qui, effectivement, on eu tendance à s’évaporer aujourd’hui. Une ambiance chaleureuse, dans un quartier d’habitat social , avec des gens aux opinions politiques, habitués à la lutte : Espagnols antifranquistes, Italiens anti-fascistes, avec l’école publi-que dans le quartier. Nos parents se retrouvaient... et ce qui se passait entre les parents induisait entre les enfants, des liens se tissaient, il y avait une véritable vie sociale...
Et chacun pratiquait sa religion, ses fêtes...
Je note au passage dans ce que tu dis qu’il y avait un rôle unificateur de la politique ?
Entre ce qui s’est passé en Algérie , qui rendent les stratégies de retour aléatoires, qui posent des problèmes d’identité assez forts puisque les gens n’y retournent plus comme autrefois, et la montée du Front National et donc, du racisme érigé en politique, c’est-à-dire, une situation qui rend la politique douloureuse la volonté de vivre ici. Tout cela montre que les choses ont évolué, qu’elles se sont "abîmées" un peu... dans la relation entre les gens qui ont de plus en plus de mal à vivre ensemble.
Après les tremblements de terre en Turquie, j’étais dans un bar pour boire un café, et je constatais que les Turcs étaient regroupés ensemble, les Algériens à côté, les Français plus loin qui buvaient de l’alcool. J’étais assez triste de constater que personne ne s’adressait aux Turcs, pour demander si des membres de sa famille avait été touché... Pareil en ce qui concerne les événements en Algérie... A l’époque de mon enfance, la solidarité se serait exprimée...
Il y a donc un repli sur soi de chaque communauté. Ne doit-on pas prendre également en considération l’évolution au niveau international ? L’effondrement des pays de l’est a laissé un grand vide idéologique. Beaucoup de gens n’ont plus de point de repère... Cela complique beaucoup les choses.
Le fait qu’il y a ait des ambiguïtés dans les discours politiques avec ce qui se passe en Algérie et ailleurs, et aussi, au plan national et même local, a tendu les rapports
Il faudrait aussi analyser en quoi le contenu des discours politiques s’aggrave en même temps que l’aggravation de la situation économique et sociale....
Il faut se rappeler les conditions dans lesquelles s’est faite cette immigration. En général, ce sont des gens qui sont venus pour des raisons économiques, qui sont anal-phabètes dans leur langue d’origine. Ils ont eu à affronter le travail. Ça ils ont su le faire... Ils ont eu ensuite à affronter leur intégration dans la société française et cela a été plus difficile. Dans un deuxième temps sont arrivées les mères de famille avec des enfants quand il y en avait ou des enfants sont venus au monde ici. Et du coup ce qu’on a pu observer dans ces familles, et cela est encore valable aujourd’hui, c’est le retard qui a été pris dans l’organisation de l’accueil de ces familles. On s’était très bien occupé des pères, car cela s’est fait dans le même cadre que pour des travailleurs français. Or dans ces familles algériennes, le père plante le cadre de l’éducation et la mère engage le processus. Une des phrases qui m’a marqué dans ma vie (c’est d’ailleurs pour ça que j’ai eu du mal à retrouver mon père) est celle-ci : "Tu vas voir quand ton père va rentrer !" Alors que la société occidentale ne fonctionne pas comme cela, c’est plutôt un discours de couple. Cette tradition n’a pas été prise en compte et un gros re-tard a été pris, ainsi, les enfants d’origine algérienne vivant en France vont connaître des difficultés. Parce que s’intégrer dans la société française ça suppose d’avoir un curcus scolaire correct, un discours de couple. C’est certainement une différence entre nous et la population occidentale. Toutes les mères algériennes ne mesurent pas par exemple les enjeux de l’école, donc de la formation ; ne mesurent pas tous les enjeux du rythme de vie des enfants ; leur approche de ce qui se passe au dehors, dans l’espace public, est une approche un peu empirique. Ainsi, certains sont aujourd’hui dépassés. Je connais des gens de mon âge qui sont allés gifler un enseignant, ou le menacer... C’est une chose qui aurait été inconcevable pour des gens de la génération de mon père. Ce genre d’attitude est prétextée par du racisme, mais le problème est beaucoup plus profond. Il faut que ces personnes adultes, responsables de l’éducation de leurs enfants, prennent bien la mesure de tout cela. Il faut donc une politique publique qui leur donne les moyens de le saisir et de maîtriser les enjeux de société.
Il y a aussi, et tu l’as évoqué, la crainte de subir des injustices racistes, crainte guère justifiée dans bien des cas, mais parfois ces injustices sont réelles.
Je suis allé en Algérie il n’y a pas très longtemps. J’ai pu constater que bien des jeunes de là-bas ont un seul rêve, c’est celui de venir en France... Ils vivent une situa-tion difficile dans leur pays. D’autre part, tu faisais référence aux pères qui travail-laient, aujourd’hui, en France, il y a beaucoup de père algériens, ou d’origine algé-rienne qui ne travaillent pas... Il y a donc aussi des pères jeunes, qui sont venus en France avec l’illusion de venir au paradis, en ce disant qu’il allait s’en sortir et que finalement, il s’aperçoit qu’il ne s’en sort pas du tout comme il le croyait, et il peut l’interpréter par le fait qu’il est Algérien.
Un immigré est identifié comme étant sur un parcours promotionnel quand il quitte son pays ou sa région. Cela ne peut pas être vécu autrement, évidemment. A par-tir du moment où il a fait ce pas, il est difficile de revenir. Alors, là-bas, qu’est-ce qui se passe dans la tête des gens de la famille quand j’y vais ? Le fait de venir de France, ils idéalisent complètement sur ce qu’on est, l’accès à des droits fondamentaux comme l’éducation, la santé, le logement, etc. Sachant que ces pays sont en voie de développement et, malgré des richesses, ce sont des pays qui sont un peu en retard dans beaucoup de domaines. Ils s’imaginent que le fait de venir en France, ou en Occident, en général, va leur assurer automatiquement une promotion comme on l’a eu. Et un certain nombre de mes compatriotes lorsqu’ils retournent en Algérie ne se gênent pas pour afficher cela. Par le fait d’avoir une bagnole, une tenue. Quand on va en Algérie, on rencontre effectivement ces gens qui ont envie de venir. Là-bas leur situation est plus difficile. Le travail est plus codifié, tout le monde n’en a pas, le niveau de vie est relati-vement bas. Le kilo d’agneau vaut 10% du SMIC !
Il y a un événement à ne pas négliger : ma génération a grandi sous le régime de la carte de séjour. Un statut bien précis d’étranger, on était psychologiquement préparé par nos parents au fait que nous ne sommes pas dans notre pays, donc il y a des choses que l’on ne fait pas. Les choses étaient bien précisées : il y a les Français et les étran-gers. Je me rappelle quand j’ai commencé à m’intéresser à la politique (je crois que j’avais fait une grève au lycée), mon père m’avait interpellé en me disant qu’il ne voulait pas du tout que je participe à ce genre d’action. Il y avait donc des interdits clairement affirmés. Alors ne parlons pas du vol ! Il était hors de question que la police vienne à la maison parce qu’on avait volé au marché des cerises à un producteur ! Cette manière un peu automatique de donner la nationalité aux personnes nés ici après 1963, (je trouve que c’est un acte politique fort) sans être accompagné d’un projet social d’intégration. C’est juste la couleur d’un document administratif qui change. Cela a un peu perturbé, notamment la vie familiale. Par exemple, un dimanche d’élection, quand dans une famille il y a ceux qui vont voter et les autres... Les gamins sont en morceaux. Quand arrive le moment de l’armée...
Il y a aussi la question de la religion. Comment ça se passe pour un musulman quand il arrive en France, quand il va à l’école, d’autant plus s’il est du sexe féminin... comment ça se passe pour la gym, les jours fériés et les fêtes religieuses ? Comment ça se gère, comment les familles sont-elles préparées à ça ? Donc, comme les familles n’ont pas de réponse et n’ont pas pensé à toutes ces questions, et que des apports de connaissance se font dans les familles un peu par tradition (il y a dans cette dernière des superstitions, des connaissances religieuses, mais qui sont loin d’être parfaites, car le Coran, comme les autres écrits sacrés est très complexe...), donc incomplètes, voire fausses, on aboutit à des confusions terribles.
On n'a pas encore réglé ce problème au niveau de nos institutions. J’ai participé à des discussions difficiles au niveau municipal sur les problèmes des règles alimentaires de la religion. Sous prétexte de laïcité, certains refusent d’organiser les choses de manière à respecter les règles religieuses. Pour moi (je ne suis pas croyant) la laïcité, c’est justement de respecter la foi et les traditions religieuses, au même titre que l’on n’accepte pas de se les laisser imposer.
De ce que je sais, la difficulté de la pratique musulmane, (dans ma famille, il y a beaucoup de croyants), c’est qu’il n’y a pas d’organisation en clergé, la religion laisse une liberté au pratiquant en dehors d’un certains nombre de "piliers". En fait, c’est une affaire entre le pratiquant et lui-même ! L’inexistence de clergé dans un pays organisé comme la France pose des difficultés. Je sais que le président de la République a eu quelques difficultés à rencontrer les représentants de la communauté musulmane pour présenter ses vœux. On va facilement vers une politisation de la religion musulmane, quand elle est animée par des personnes qui ont d’autres intentions que la religion. Je pense que tout le monde ici est conscient qu’en France on peut pratiquer la religion de son choix, et la laïcité est un cadre politique qui permet la pratique de toute religion.
Quand on voit se multiplier les lieux de culte avec des séparations à l’intérieur de la communauté selon qu’on est de telle région d’Algérie par exemple. Ce qui est vraiment dramatique c’est l’inculture. Il faut donc aider les gens à retrouver leur culture avec des livres, l’enseignement de l’histoire des religions, y compris pour rétablir la fraternité entre les uns et les autres parce que entre la Thora, la Bible et le Coran, il y a 90% de valeurs communes.
Et le fait d’être un Arabe ?
Une anecdote là-dessus.
Un jour au fin fond des Aures, j’entends qu’on appelle une vieille dame "L’Arabe". J’ai demandé pourquoi. Parce que dans quelques coins d’Algérie, quand quelqu’un a les traits marqués, qui ressemble physiquement à quelqu’un originaire du Moyen Orient, c’est ça !
L’Algérie est un pays qui a été traversé par des flux culturels et cultuels, par les empires les plus divers. Les Romains, les Ottomans, les Arabes... Plus tard la France. Donc considérer qu’on est un pays arabe est une vision réductrice parce que deux mille ans dans l’histoire de l’humanité c’est pas grand chose. Dans le patrimoine architectural, dans le patrimoine culturel, dans le patrimoine cultuel, dans le langage, il y a des traces de toutes ces civilisations. Berbère est un mot romain... Un Algérien est un Algérien. Il doit s’appuyer sur la richesse de son histoire. Est-ce une tentative de régler l’histoire entre la France et l’Algérie d’avoir décidé l’arabisation en Algérie ? Quel sens politique contient-elle je n’en sais rien... Cela n’a pas plu dans les zones où la langue berbère se pratique, et aux francophones qui sont encore nombreux. Ainsi des blocs se constituent : la ligue des Pays arabes (l’Algérie en fait partie, le Maroc et la Tunisie aussi), le Maghreb en opposition géographique à l’Europe, avec une politique européenne qui tournait un peu le dos à la Méditerranée.
Moi je me considère comme Algérien et c’est tout.
Il y a autre chose qui me questionne, c’est l’histoire politique de l’Algérie qui a été marquée par un régime de parti unique. Cela a marqué l’état d’esprit des Algériens ici. Après l’indépendance, en France, il y avait encore une structure politique représentative du nouvel Etat algérien qui encadrait ses ressortissants. D’un coup, le parti unique a disparu et on constate le même phénomène que dans les pays de l’est, avec une perte de repères essentiels.
Tout le paysage politique algérien est issu du Front de libération nationale. Dans le F.L.N on trouvait de tout. Quand la parole s’est libérée, on y a vu des prosoviétiques, des libéraux, des islamistes, des capitalistes, avec de dures privatisations qui ont développé le chômage.
Les générations qui ont connu le système colonial, ont connu l’autorité (sans parler d’autoritarisme... mais c’est presque ça aussi) — là ce serait plutôt la génération des grands-parents des gamins d’aujourd’hui — ne comprennent pas le fait que l’administration française n’arrive pas à résoudre ces questions de sécurité, de prévention ; que l’éducation nationale ne réussisse pas non plus, car ceux qui ont eu la chance d’aller à l’école se souviennent des coups de trique qu’ils ont reçus. .. Ils prennent ça comme une défaillance du système public français...
Ils sont complètement désemparés, ils ne savent plus quel rôle ils peuvent jouer... ils ne sont pas dans une organisation urbaine, sociale, qui leur permet de jouer leur rôle. Le grand-père habite Givors-ville, le fils habite aux Vernes et ailleurs... donc ils sont séparés et on n’est plus dans l’organisation traditionnelle de la famille algérienne qui permet à chacun de jouer son rôle...
Le regard que les anciens ont sur ces jeunes c’est ça : il est très sévère ! très dur ! En même temps ils sont désemparés, ils se demandent quel pouvoir ils ont...
Entre des gens comme moi et les jeunes en difficulté, c’est exactement la même chose. Avec la douleur qui peut être la mienne (et ce n’est pas pour rien que j’ai quelques engagements par ailleurs...) : à la fois à certains moments on prône la répression et à d’autres moments on essaie de chercher des solutions pour aider ces jeunes à régler leurs problèmes personnels. Justement, du fait de ces situations un peu handicapantes (échec scolaire, etc...), ils n’ont pas du tout le même rapport à l’espace public, au politique, à l’extérieur en quelque sorte... Ils ont cette tendance aussi, dans la mesure où ils vivent une situation dans laquelle ils subissent une certaine violence, de réagir par la violence... qui se caractérise par du verbal, des actes de dégradation, par un vocabulaire très dur. Y compris avec des expressions racistes ! Parce que moi je ne vois pas la différence entre les expressions racistes : "melon", "fromage"...
En même temps, ce qui me satisfait c’est de constater qu’il n’y a jamais eu autant de jeunes issus de l’immigration sur les bancs des lycées, de l’université. Et ceux qui font le pas des relations mixtes... Je me souviens, quand j’allais au lycée de Vienne en bus, on était seulement trois jeunes d’origine algérienne dans le bus. Aujourd’hui, on voit qu’il y a quand même des résultats.
IL faut bien comprendre également, qu’il y a des comportements de jeunes maghrébins dans l’espace public qui ne sont pas forcément condamnables. Par exemple, souvent on me dit : "On ne voit qu’eux dehors ! Qu’est-ce qu’ils font toujours dehors !..." Avec un peu d’inquiétude... Dans une maison algérienne il y a des traditions. Par exemple, je n’ai jamais mis les pieds dans la cuisine chez mes parents. Il y avait un ordre social établi dans la famille, qui était traditionnel... Pendant ce temps-là qu’est-ce que je faisais ? Eh bien, j’étais dehors ! Je jouais au ballon, je glandouillais avec des copains comme tous les adolescents le font... Une habitation dans une famille algérienne n’est pas utilisée de la même manière que dans une famille occidentale. Dans une famille occidentale, ou comme moi je vis aujourd’hui, la cuisine c’est la cuisine, le salon c’est le salon, la chambre c’est la chambre, etc. Dans la tradition algérienne, ça ne se passe pas du tout comme ça. Un lieu qui sert à faire la cuisine, servira à manger, et ensuite à dormir. Il n’y que la chambre des parents qui a son rôle spécifique. Cela a des conséquences. Ainsi quand le père est devant la télé, il n’y a personne d’autre...
Et quand j’entends dire : "Je ne comprends pas, c’est un gars bien, qu’est-ce qu’il fout avec eux ?" Parce qu’il sont ensemble à un moment donné, pour une raison précise. Ils ne sont pas ensemble parce qu’ils auraient adhéré à un projet collectif. Ils sont ensemble parce que à ce moment-là ils ne peuvent pas être à la maison, alors ils sont dehors. Et ils vont là on peut se rencontrer, discuter. Mais cela ne veut pas dire qu’il y a uniformité du groupe constitué et visible sur l’espace public.
D’ailleurs, un jour j’ai eu une altercation là, sur la place et l’un des jeunes me dit : "Vous, vous faites l’amalgame ! Moi, je ne suis pas comme eux !"
Je lui répondis :" Tu n’es pas comme eux ? Mais je ne le savais pas moi ! Je passe, ils m’insultent ; tu es là et tu rigoles avec eux... Si t’es pas d’accord avec eux, il faut leur dire !
— Je leur dis, mais ils ne veulent pas m’écouter."
Je parlais des différences tout à l’heure entre les générations, ce qui est naturel, ce qui existe dans toute communauté, mais en même temps, il y a cela de particulier dans la communauté algérienne. .. cela fait penser à une appartenance politique... on pourrait dire : "On ne sort pas du troupeau comme ça !" Moi qui ai occupé des fonctions sur la commune, le fait d’avoir travaillé pour la collectivité locale, je me souviens bien que mon surnom était "Ali la France"... Et un jour j’ai essayé de comprendre de quoi il s’agissait : cela dépendait de plusieurs sentiments mélangés. Une fierté d’avoir quelqu’un de la communauté qui occupe une fonction qui leur paraissait inaccessible (bien que ce soit un boulot comme un autre) et en même temps quelqu’un qui était du côté des Français... Pour reprendre ce que tu disais, quand des jeunes comme cela sont à côté d’autres qui posent des problèmes d’attitudes d’incivilité dans le quartier, c’est très difficile pour eux de ne pas rester dans le groupe. Je voudrais savoir combien d’Algériens sont allés témoigner au commissariat contre d’autres algériens. A mon avis, peu. Il y a cette solidarité communautaire, et la personne qui veut se sortir de ça pour faire autre chose, ça passe aussi par un changement de lieu. On voit bien la différence entre les filles et les garçons. On voit peu de groupes de filles dans le quartier ou dans la ville. Par contre on les croise rue de la République à Lyon ou ailleurs. Elles ne pourront pas faire ce qu’elles ont envie de faire pour un tas de raisons, devant leurs frères, leurs oncles, leurs pères, etc.
C’est comme ça en Algérie d’ailleurs. A Alger, on voit des filles en jeans. ..
Ah ! ça c’est un autre aspect. Des traditions sont encore véhiculées dans des familles immigrées et ne sont plus pratiquées en Algérie depuis quinze à vingt ans. L’immigré, c’est cela qui est curieux, il reste sur des schémas qu’il a connus (mon père a quitté l’Algérie à vingt ans, en 1946, quand il y est retourné trente ans après, notamment pour aller voir ma sœur qui était établie là-bas, il a bien vu que des choses avaient évolué. Par contre, ceux qui ne vont plus en Algérie, ou qui ne s’intéressent pas à ces questions ou ont des valeurs qui sont acquises, sont un peu perdus. Ils véhiculent des choses incroyables. Sur la santé par exemple ! Il y a encore des gens qui pratiquent la "médecine" genre soigner une entorse avec de l’huile d’olive et du jus de citron.
Sans parler de la contraception et tout cela !
Voilà !
Pour en revenir au problème de l’amalgame. J’ai vécu des expériences intéressantes. On m’a raconté qu’il y a eu une agression dans le quartier et qu’un jeune d’origine algérienne (un de ceux qui font partie des "emmerdeurs" comme on dit) a été témoigner au commissariat contre les agresseurs. Une autre fois j’ai eu une discussion avec des jeunes adolescents de quatorze ans qui lançaient des pétards : réaction normale d’un élu face à un attitude dangereuse. Les gamins l’ont mal pris et m’ont insulté, car ils connaissent ma fonction. J’ai alors vu arriver en courant un jeune homme avec qui j’avais eu affaire à la justice auparavant. Je me suis senti inquiet en pensant qu’il allait participer à l’agression verbale. Eh bien je me trompais ! Il venait disputer les gamins en leur disant qu’ils arrêtent de me manquer de respect, et que j’avais mes raisons de les interpeller. Cela m’a fait énormément plaisir !
Il y a donc là aussi une évolution positive. Ce gars, les problèmes que certains membres de sa famille ont posé à la vie sociale n’ont pas empêché la municipalité — et moi-même — de l’aider à s’en sortir comme nous aidons tout un chacun...
Il y a aussi le problème politique. Souvent ces jeunes me disent : "Le Maire nous a fait des promesses, et il ne les a pas tenues." C’est vrai que nous leur avons dit que notre politique était celle du plein emploi. Ils ont compris eux que nous allions donner du travail à tout le monde ! Et j’ai aussi entendu : "Avec tous les milliards qu’il y a la Mairie, vous ne faites rien pour nous !" Ils voient aussi les élus comme des profiteurs.
Ce capital de confiance et au-delà même, ce capital de complicité, qu’il y avait autrefois ici c’est évaporé !
Le rapport avec la ville ne se fait plus sur la base idéologique de solidarité avec le monde ouvrier. Il se fait avec une assemblée qui est là pour gérer un territoire sur lequel se trouvent des gens qui ne vivent pas du salariat, qui sont en grande difficulté. Les élus ont en charge de gérer cette nouvelle situation. Ces jeunes qui posent des problèmes font partie des familles qui sont le plus en difficulté ; ils ont durci leurs rapports avec l’élu local parce que c’est celui qui leur est le plus proche... Mais globalement, ils ont durci leurs rapports avec la société. Ils sont Français à part entière sur le plan administratif, ils ne se gênent pas pour le dire, mais comme c’est un discours "de rue", et pas un discours construit à partir de la famille, de l’école ou de la formation, ou même de l’université... il est très réducteur, très raccourci.
On ne peut donc pas avoir avec eux un discours "de rue" d’un autre genre, du genre : "Votez pour nous et on s’occupera du reste !" Ils ont une vie beaucoup plus compliquée que cela ces gens... De même il est particulièrement réducteur de dire : "La solution c’est l’emploi." Non pas que ça n’en est pas une partie, mais avec l’emploi, il faut bien d’autres dispositions...
Effectivement, il y a le fait économique — le revenu, le salaire... — le fait psychologique — l’image de soi-même, ce qu’on est quand on n’a pas d’autre choix que de traîner dehors — les problèmes de santé, voire des problèmes de justice. Ce ne sont donc pas des personnes qu’on peut aborder facilement, à cause de la fragilité qui les caractérise... Heureusement, il y a encore des solidarités dans les familles qui font que le minimum vital est quasiment toujours pris en charge. Certaines personnes sont en-core chez leurs parents à un âge très avancé...
Cette solidarité importante est aussi une vieille tradition algérienne...
Au sein d’une même famille, entre les familles, c’est assez important. Je l’ai encore constaté lors du décès de mon père : j’ai vu arriver des bacs avec de la viande, des cartons de légumes... les gens qui nous avaient envoyé tout ça savaient qu’on allait recevoir du monde qui viendrait nous présenter ses condoléances. Il y a eu aussi des dons d’argent pour permettre à des gens de la famille d’accompagner le corps en Algérie pour l’enterrer... Tout cela s’est fait spontanément.
Tu m’avais expliqué un jour que les fêtes sont ouvertes à tous...
Voilà ! Il y a ça aussi. Quand il y a une fête (un mariage, un baptême) l’invitation se fait maintenant de deux manières : l’invitation "occidentale" avec un carton d’invitation (l’intérêt d’être en France c’est aussi d’échanger des pratiques...) et la tradition orale. Il s’agit de faire savoir à des personnes qu’il y a une fête et qu’elles peuvent venir au repas (l’offrande) et il y a aussi des repas qui sont portés à des gens malades, soit à l’hôpital, à des gens seuls comme au foyer SONACOTRA, des gens qui n’ont pas pu venir au mariage. Ceux qui viennent, le font pour marquer le choix qu’ils ont fait de montrer leur affection aux gens dont la fête est l’objet. Ce n’est pas les gens concernés par la fête (les mariés par exemple) qui invitent, c’est le contraire, ce sont les gens qui viennent qui marquent leur affection en le faisant.
D’où un déroulement avec d’abord les anciens, et ensuite jusqu’aux plus jeunes... Cela explique pourquoi il y a beaucoup de va et vient à ces fêtes... Cela se passe de manière naturelle, et dans la recherche du respect des traditions.
D’où l’importance pour les élus de tenir compte de cela dans la construction d’équipements.
Oui. C’est très important...
Une anecdote.
J’avais un Allemand dans mes connaissances. Et sa femme allait accoucher. Il est venu à l’entraînement en disant "ma femme va accoucher" avec un catalogue, nous l’a montré et nous a dit : "Achetez-moi ça." Dans son esprit, c’est idiot d’avoir deux fois le même cadeau ! L’efficacité allemande a donc joué. Je suis père de deux enfants et je sais comment ça se passe. L’enfant est l’objet de l’attention la plus particulière, de temps en temps la mère a un bouquet et le père se contente des secondes tâches pour ranger les bouteilles et c’est tout (rires).
Alors que chez les Algériens on donne de l’argent et on laisse les familles s’organiser. Là encore il y a une espèce "d’occidentalisation", qui fait que cela se fait maintenant d’amener le cadeau, mais globalement, on glisse un billet parce qu’on sait qu’on va recevoir beaucoup de monde, on va payer le café, etc.
Je ne porte pas de jugement sur aucune des trois traditions, les trois tiennent debout et c’est ça qui fait l’intérêt de la différence. C’est une richesse.
A partir de cette anecdote, on peut faire la transition avec le problème de l’intégration...
Je me souviens bien d’un jeune de Givors qui avait été sollicité pour les élection municipales et qui avait été élu (Akim) .
On s’intègre individuellement à partir du rayonnement qu’on a, de la formation initiale, l’école, etc. Et en même temps, de la part des autorités, j’ai souvent entendu dire : "Mais comment, dans la communauté, vous ne pouvez pas régler telle question tel problème posé par tel jeune..." Cela est le modèle anglo-saxon. La question se pose donc de la manière avec laquelle la France va gérer son immigration. Sur le plan local, qu’est-ce que ça veut dire, quand il y a des troubles dans les lieux publics à cause de jeunes, on fait appel à des Algériens qui sont investis d’une certaine légitimité ? A ces personnes qui sont sollicitées, cela peut coûter de faire un certain nombre de démarches pour faciliter le "vivre ensemble", car elles ne représentent qu’elles-mêmes, et en même temps on pousse ainsi à un "communautarisme" pour amener des solutions à des problèmes qui relèvent tout simplement du cadre républicain, donc laïc... C’est là où se trouve une vraie question politique à aborder avec prudence.
Bien sûr, il n’y a pas de responsabilité collective ! Il n’y a que des responsabilités individuelles.
Mon père me racontait quand il était aux "baraquements" à côté de l’usine Prénat, il y avait une régulation sociale : le premier arrivé faisait venir d’autres immigrés dont il était le garant. Donc cet "ancien" jouait ce rôle de régulateur social. Maintenant demander à des Algériens de régler le problème de la sécurité et de la prévention ou de la gestion de groupes de jeunes dans un quartier quand il y a des difficultés, ce n’est pas possible. D’autant que la société est organisée avec des travailleurs sociaux, des fonctionnaires qui sont là pour cela...
J’entends aussi dire parfois : "Les Turcs on ne les entend pas, ils règlent leurs problèmes entre eux, ou les Chinois..." Mais on voit bien le résultat lorsque ce système est en pratique dans les pays anglo-saxons.
L’originalité du système français est basé sur le système républicain et laïc. Mais il est difficile pour gérer les enjeux de communautés. Dans notre ville il y a cinq lieux de prières pour les musulmans. Cela représente une surface importante selon un point de vue extérieur, mais est-ce suffisant ?
Pour le musulman, pour celui qui prêche en tout cas, le marxiste n’est pas un allié sur le plan idéologique. Or on voit de plus en plus se développer des pratiques religieuses, et vis-à-vis du communiste et du communisme en général, il y a une méfiance parce que ces gens sont athées... Cela a aussi contribué à abîmer les rapports qui étaient bons autrefois.
A ce propos, on peut dire un mot sur l’intégrisme religieux ? Ce dernier a beau-coup joué sur les problèmes sociaux en Algérie... En France, on peut dire qu’il y a deux intégrismes (entre autres...) : l’intégrisme musulman et le fascisme, le Front national. Ces deux intégrismes finissent par se rejoindre. L’intolérance fondamentale nourrit l’intolérance fondamentale de l’autre...
Y a-t-il vraiment de l’intégrisme religieux ici ?
Je ne sais pas. Le seul avis un peu spécialisé que j’ai eu c’est celui de Mohamed Arkoun qui avait rencontré les associations locales et les associations cultuelles des deux monothéismes (musulmans et chrétiens). Ce qui l’inquiétait, était que ces lieux de culte étaient animés par des personnes assez incompétentes sur le plan de la connaissance. Avec cet amalgame du politique et du religieux. En Algérie, l’islam est religion d’Etat. Cette confusion peut venir de là... Dans la culture politique algérienne, les choses sont indissociables : on codifie la société en fonction de valeurs religieuses. Donc tout cela n’est pas simple... Les choses ne sont pas mécaniques.
On peut aussi s’intéresser à l’urbain. Si on prend l’exemple des Vernes , quartier qui possède beaucoup d’équipements, d’espaces publics bien aménagés. Il m’est également arrivé d’avoir des discussions avec des gens du quartier qui ne sont pas issus de la communauté algérienne qui se plaignent parce qu’il y a toujours des "Arabes" dehors. De même les représentants des offices H.L.M. qui disent ne pas pouvoir faire visiter les gens à certaines heures parce qu’il y a plein "d’Arabes" dehors.... Mais quand on regarde la composition sociale du quartier on s’aperçoit qu’il n’y a pas que des gens d’origine algérienne qui habitent ce quartier. S’il n’y a qu’eux qui utilisent ce qu’ont proposé les urbanistes, on peut se poser la question : qui faut-il intégrer dans le quartier ?
On constate bien donc des confrontations de modes de vie. Qu’est-ce que ça veut dire aujourd’hui pour des gens d’habiter un quartier comme ça ? Est-ce qu’ils sont là de passage sur un parcours qui va ensuite les amener ailleurs, ce qui fait qu’ils n’ont pas du tout envie de s’investir dans le quartier ?
Je trouve que l’ambiance est bonne dans ce quartier. Il y a de la convivialité. Il m’est arrivé de prendre des gens en voiture pour les amener en centre-ville : ils fai-saient les courses pour la voisine qui était malade. .. On retrouve un peu des choses que j’ai vécues dans mon enfance aux Plaines.
On vit mal ensemble, mais est-ce qu’on a vraiment envie de vivre ensemble ?
La question du racisme je l’appréhende de la façon suivante : on ne peut pas aimer tout le monde, mais on doit respecter tout le monde... Le vivre ensemble passe par des actes individuels, mais aussi collectifs. Par exemple la famille peut jouer un grand rôle. Or la famille Algérienne actuellement est en pleine recomposition. Il faut que chacun retrouve sa place et son statut. Dans la mesure où une famille algérienne aujourd’hui (et notamment les jeunes couples issus de l’immigration) sont amenés à vivre un peu comme les autres Français compte tenu de la forme de l’habitat, etc.
Il y a beaucoup de couples mixtes maintenant. De toute façon, je vois bien que les choses évoluent dans le bon sens. Le seul problème c’est qu’il y a une petite minorité de jeunes qui ont du mal à vivre et expriment une violence à l’extérieur... Cela a existé avec d’autres catégories sociales dans le passé.
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