Chapitre 3
Chapitre 3
COHABITATION DE VOISINAGE
De retour du boulot, un petit mot sur mon paillasson, de la part de ma voisine du rez-de-chaussée. Benji aboie toute la journée ! Et, vu la finesse des murs, la résonance de la cage d’escaliers, les deux jeunes gens qui étudient leurs examens d’université ne peuvent forcément pas se concentrer !
Retour chez le vétérinaire – puisque contrairement aux affirmations – ce malheureux Benji ne peut rester seul et prescription d’un premier médicament.
Après un mois, il faut se rendre à l’évidence : Benji aboie toujours aussi désespérément.
Je l’apprends par mes voisins du dessus qui, pensionnés, et propriétaires également d’un chien, sont mieux à même de juger puisqu’au RDC, les parents sont absents toute la journée et – par observation – les enfants guère présents dans l’appartement finalement…
Un autre anxiolytique est donc prescrit.
*
Puisque le vétérinaire S. baisse les bras et dit ne plus rien pouvoir faire pour Benji, je consulte donc le vétérinaire V.H. que me recommande mon amie.
Plus psychologue, un peu comportementaliste, il me fourni de précieux conseils pour ajouter un « dérituel » à l’anxiolytique dont, lui, il ne me refuse pas les renouvellements.
*
Après un certain temps encore, le vétérinaire V.H. me laisse tomber lui aussi – il a compris que, contrairement à mon amie, je n’allais pas devenir une cliente prête à toutes les dépenses pour son animal, qu’en m’envoyant les ordonnances, il ne gagnait pas un euro et que je n’étais pas davantage prête à payer ses tarifs plus élevés que ceux des autres vétérinaires – et une fois encore, je ne peux envisager de ramener Benji au Refuge… Je décide donc de consulter le vétérinaire L. qui, au village, s’occupe de la chatte de mes parents.
Lui aussi me conseille l’anxiolytique et, surtout, de persévérer. Il s’engage à me fournir les prescriptions nécessaires en me les faisant parvenir par courrier.
Quelques temps encore de patience, d’amour aussi, de protection, et Benji devient enfin le petit chien sociable qu’il sera jusqu’au bout.
De plus, durant mon voyage en Inde, un autre médicament lui a redressé presque miraculeusement les pattes arrières et sa queue s’allonge plus que sensiblement !
J’ai un beau chien et je l’aime de tout mon coeur.
Au sortir du Salon de Toilettage, en automne, le « vieux » Benji est devenu un « jeune chien » d’une dizaine de kilos.
***
A partir de septembre 2004, Ben a connu des ennuis de santé, les a multipliés, ce qui a conduit au tragique samedi 18 février 2005... Il s'est éteint à 11H40, a été incinéré et son unre demeurera à jamais près de moi.
Mais cela, encore aujourd'hui je suis incapable de le raconter... Un jour peut-être... La petite nécrologie que je lui ai écrite...
BEN avait reçu deux choses dans la vie : une gentillesse à toute épreuve et un cœur immense.
L’existence ne l’a pourtant pas gâté. Lui, un adorable petit chien a été maltraité et négligé. BEN, pourtant, aimait sans restrictions, sans rancune et sans juger.
Seules ses quatre dernières années furent plus douces, enfin, je l’espère. Il est bien sûr parti trop tôt, mais les mauvais traitements et la malnutrition ne lui ont pas permis d’affronter dans les meilleures conditions une vieillesse difficile.
Il y aura au moins quelqu’un, après, qui n’oubliera jamais cette bouille craquante qui a illuminé sa vie.
Usha