Usha - Un amour de chien - texte intégral

In Libro Veritas

Un amour de chien

Par Usha

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Table des matières
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Chapitre 2





Chapitre 2




LES PREMIERS JOURS

On ne peut pas dire que d’avoir été adopté remplisse Benji de joie ! Bien sûr, avec sa sensibilité exacerbée de graine de misère, il a déjà compris que je ne l’accueillais pas à bras ouverts !… C’est le moins que l’on puisse dire : je regrette toujours le petit brun avec son magnifique regard…
Mais, je comprends de toute façon sa réaction : il a changé d’univers, de rythme de vie, et il a rencontré le chat Caramel qui lui non plus ne le ménage guère ; lui faisant clairement entendre que c’est lui le premier arrivé et qu’il est donc le maître des lieux !
Benji est donc dans son coin, observant tout, écrasé sur le sol… mais pas silencieux. Au moindre bruit : porte, téléphone, ascenseur, il fait preuve d’une voix grave et profonde, assez étonnante pour – finalement – son faible gabarit.
Dès la première visite de contrôle chez le vétérinaire S., je constate que, non seulement, je n’ai pas le chien aperçu dans sa cage – ça, je le savais quand même - mais qu’il est loin d’être en bonne santé comme pourtant mentionné dans son Carnet !
Ses yeux : ils sont blanchis par cette pellicule que l’on appelle la cataracte.
Son dos : son arrière-train s’abaisse et ses pattes sont arquées comme ce n’est pas permis.
Ses oreilles : de la gale – mais c’est normal vu la promiscuité du Refuge ; rien de bien grave.
Un mâle : j’ai l’intention de le faire castrer puisqu’il ne l’est pas… sauf qu’il n’y a rien sous la queue minuscule et que le vétérinaire S. ne détecte nulle ligature d’une éventuelle opération passée.
Dès lors, une constatation s’impose : soit il a été opéré, soit « elles » ne sont pas descendues – ce qui pourrait être plus que préjudiciable à sa santé future. Rendez-vous est donc pris pour une échographie en vue d’une opération si « elles » sont restées à l’intérieur.
J’alerte bien sûr la CCB qui me demande de passer lui montrer le chien plutôt que de m’envoyer son vétérinaire à domicile - comme c'est pourtant mentionné dans le contrat d'adoption. Je ramène donc Benji au Refuge, ce qui provoque chez lui une compréhensible réaction de tremblements violents que mes caresses et mes propos rassurants ne peuvent atténuer.
Benji retourne donc « derrière » et peu après, le vétérinaire essaye de me faire constater une dureté sous la queue, signe d’une ligature. L’inexpérimentée que je suis ne sens rien ! Mais, bon, comme finalement, on semble me dire qu’il a été opéré… je repars avec ce « truc » que je ne trouve tou-jours pas séduisant.
Premiers jours et premiers frais non négligeables auxquels je n’étais absolument pas préparée. Je commence à regretter d’avoir pris « celui-là », mais je ne peux non plus envisager un seul instant de le ramener au Refuge !
Ecographie faite, Benji est donc déclaré être un mâle castré… qui supporte mal les trajets en voiture et en transports en commun

*


Benji n’est pas démonstratif – il se demande toujours ce qui lui arrive – et pour couronner le tout, il ne mange quasi rien ! Pourtant, renseignements pris à l’Accueil, il y recevait des croquettes comme celles que j'ai achetées pour lui. Mais, à moins que je ne lui les lui donne une par une, à la main, il ne touche pas à sa gamelle et, après une semaine, cela m’inquiète quand même sérieusement !
Le vétérinaire me fait alors remarquer qu’un chien est comme un enfant : il préférera du chocolat à ses légumes ! Je dois donc avoir juste avoir plus de volonté que lui !

Ce n’était que cela. Benji finit donc par trouver ses marques et s’alimente enfin un peu plus.

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Néophyte, je sors Benji plusieurs fois par jour, presque cinq sorties – et une dernière promenade vers 22h00 – afin de ne courir aucun risque.
Mais, je réduis rapidement ce nombre car je sais que je ne vais pas tarder à reprendre les intérims et qu’il devra alors s’habituer à n’être sorti que le matin et le soir.
Lui et moi semblons enfin nous accommoder l’un à l’autre.

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