Chapitre 1
Chapitre 1
LA NON-RENCONTRE
Quel adage doit-on croire : celui qui dit « que l’on choisit son chien » ou celui qui veut que c’est « votre chien vous choisit » ?
Il y en aurait bien un troisième tout aussi approprié, à savoir « que le hasard peut vous donner un chien auquel vous ne vous attendiez pas » !
Dans le cas qui nous occupe, il s’agit très exactement de cette dernière hypothèse !
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5 décembre 2000
Après moult hésitations, mais tout en ayant bien réfléchi à la question, je franchis la porte du Refuge de La Croix Bleue.
Le choix est quasi impossible parmi tous ces chiens, si différents de par leur physique et leur comportement : il y a les miniatures – 1 kilo tout mouillé ? Et encore ! – et les géants – dont un berger briard faisant des bonds de près de deux mètres ; il y a les silencieux qui regardent du fond de la cage… et les autres.
Car, ce qui l’emporte bien évidemment, ce sont les appels à l’aide de ces laissés-pour-compte qui tentent par tous les moyens de retenir votre attention. Par un pur, et stupide, réflexe, je me dis qu’un chien qui ne s’égosillera pas ne risquera pas d’être trop bruyant dans l’appartement.
Le premier que je remarque doit faire moins de dix kilos, est brun doré avec de magnifiques yeux noirs et des poils mi- longs. Je note donc le numéro de sa cage sur un papier et je continue à passer et repasser devant eux dont le corps entier est un appel pour qu’ils puissent sortir de cet anonymat.
Le second est un superbe labrador noir, affectueux au possible semble-t-il, et qui me rappelle le chien d’amis, qui durant mon enfance n’a cessé de me faire des câlins.
Je suis donc fixée et je reviens à l’Accueil. Le labrador noir est tout de suite éliminé car c’est encore un bébé, environ six mois, qui doit donc encore grandir et que je ne peux envisager un instant de cloîtrer dans un appartement !
Il reste donc le « petit roux » - Benji - qui répond à mes critères : 1) il connaît les chats (puisque j’en ai déjà un) ; 2) il sait rester seul en appartement (puisque je travaille la journée ; et 3) il est bien élevé.
Comme il doit encore être tatoué, je prends rendez-vous et je repars donc après avoir versé un acompte.
Pour la première fois de ma vie, je m’apprête donc à accueillir un chien et j’effectue les premiers achats que j’estime nécessaires : nourriture, collier, panier, petits jouets…
12/12/2000
Les Formalités sont remplies, on va chercher mon chien et j’attends devant la porte pour voir arriver ce petit chien brun aux oreilles pendantes… et un monstre, poilu soit, déboule, informe, énorme à mes yeux, et me saute au cou.
Après un légitime recul, je me détourne de cette « chose » pour protester. « Ce n’est pas mon chien ! ». Je n’ai absolument pas le souvenir de l’avoir aperçu lors de ma « tournée ». Pourtant, sur la fiche, et selon notre première discussion, il s’agit bien de l’animal qui correspond à ma recherche ! Le « petit brun » s’appelle en fait Charlot n’est ni propre ni capable de rester seul, en fait… Et je suis toujours face à ce chien blanc et beige dont on ne voit vraiment que la truffe noire.
Mais, puisqu’il rencontre mes exigences, c’est quand même d’assez mauvaise humeur que je emmène ce « laid chien », sans savoir encore qu’un ange vient d’entrer dans ma vie…
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