C'est un samedi comme tous les autres. En voiture pour aller au village de mon père par les routes de campagne. Grand soleil, ce sont les vacances mais la circulation est fluide. C'est plutôt distraitement que je regarde autour de moi, la zone d'herbe entre les deux bandes de circulation.
Et il est là...
Un chaton tout seul, peut-être même pas sevré au bord de la route, incapable de se relever, son arrière-train pesant comme un poids inerte sous lui - mais il essaye, voulant vivre. Et les voitures qui passent, qui ignorent ses cris, sa souffrance.
Je me suis arrêtée. Dans mes bras, contre mon coeur, il pleure mais ne se débat plus. Je le dépose sur le siège passager, petit paquet chaud et tremblant, résigné.
Bébé est mort dans ma voiture, quelques minutes avant d’arriver chez le vétérinaire du village – même si je ne pouvais que l’y faire euthanasier vu son état et vu la surpopulation des Refuges en cette période si funeste pour tant de nos compagnons fidèles que trop d'irresponsables égoïstes et cruels laissent derrière eux sans un battement de coeur..
Bébé repose désormais dans le jardin, sous les arbres et personne n’aura eu connaissance de sa courte vie de misère et de douleur.
Comment avait-il atterri si près de la route ? Heurté par une voiture ? Ou pire, jeté d'une voiture roulant à bonne vitesse ?
De la vie, ce petit être faible n'aura connu que la souffrance, le dédain...
Juste ce petit texte pour qu'on se souvienne de lui, qu'on sache qu'il ne fut que de passage sur cette Terre
R.I.P. Bébé Trouvé, je ne t'oublierai jamais