Eddy Tov - La mort rouge du mal brun - texte intégral

In Libro Veritas

La mort rouge du mal brun

Par Eddy Tov

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Table des matières
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Chapitre 2 - L'apparition


- attendez, vous voulez dire qu’il y avait un intrus dans le Führerbunker ? lance soudain le Juge américain.
- Honnêtement je ne sais pas ce que nous avons vu. Il faut dire que quand le Führer disait voir quelque chose, on le voyait aussi ! Son pouvoir d’évocation était si fort. Il décrivit un homme au visage rouge, brûlé, avec une cagoule et une cape. C’est ce dont je me souviens. Mais je ne sais pas si je l’ai vu. C’est la vérité.
- Poursuivez Monsieur Kropp, l’encourage le Juge français agacé par l’interruption de son confrère.
 
"Le führer se lance alors à la poursuite de l’apparition. Dans la salle à manger, tout le monde crie, les gens de maison et les cuisiniers déboulent au même moment en riant dans les appartements du Führer, une musique obscène envahit le bunker et se mêle aux cris d’horreurs. L’ombre cagoulée se déplace sans bruit et s’engouffre dans le salon suivant, le Führer court vers elle en hurlant et tire une seconde fois, faisant éclater une main en pierre verte, posée dans la bibliothèque. Je me saisis alors d’un couteau sur la table, Nicolaus Von Below me suit avec son arme de service. Nous entendons tirer plusieurs fois et le Führer hurler.
- Du kannst was erleben !
Parvenu jusqu’à lui, nous trouvons notre Maître étalé de tout son long dans la quatrième salle orange au milieu de photos du pape et de crucifix éparpillés. Il vocifère et pleure, cherchant son arme à quatre pattes. Ne la trouvant pas, il se relève et m’arrache le couteau pour se lancer à nouveau vers l’apparition sinistre.
- Sterben ! Dämon !
Je vois le visage brûlé, grimaçant, sous la capuche sombre sourire, c’est une image de l’enfer, un homme épais, couvert d’étoiles tatouées, une croix gravée sur le front, il nous fait signe de le suivre puis se remet à glisser sans bruit vers le fond du bunker. Le Führer menace du poing et du couteau et court, il traverse la cinquième salle, blanche, où, ébloui, je glisse sur le carrelage et tombe, faisant également trébucher Von Below qui me suit. J’entends alors hurler. J’entre dans la sixième salle, je trouve notre maître au sol, la silhouette menaçante au-dessus de lui. Von Below tire avec son luger mais il rate sans doute « le mort » rouge qui glisse à nouveau en arrière et disparaît dans la chambre du Führer. Celui-ci, au sol, nage dans son sang en pleurant. Il s’est probablement coupé avec le couteau. Il gémit en pleurant.
- ach mein Gott ! mon sang est rouge, il n’est pas bleu, regardez.
Il nous tend ses poignets ouverts, il pleure, se barbouille de sang puis hurle, d’un hurlement inhumain sans fin, qui fait trembler l’âme et brouille la raison. Eva arrive en courant et se jette à ses pieds, mais il la repousse. Son regard est devenu dur, rouge, plein de sang, il s’avance alors vers Von Below, qui en frémit d’horreur, et tend la main pour lui demander son arme. Calmement, il entre ensuite dans sa chambre avec Eva. Deux détonations sourdes nous font alors sursauter, nous entrons craintivement dans la chambre noire. Le cadavre du Führer est assis contre un mur recouvert de son sang et de cervelle, du sang sort par ses yeux. Un miroir brisé par un tir de Luger pend sur le mur en face lui. Le cadavre d’Eva repose sur le lit."

Chapitre suivant : Conclusion