"Vienne l'hiver" -- Sylvain Desvaux
C'est un parc municipal, comme il en existe tant d'autres, un poumon de verdure au cœur de la grisaille urbaine. Deux entrées principales, l'une au nord, l'autre au sud, reliées par une seule allée pavée entourée d'arbres, de pelouse et de buissons, flanquée de quelques bancs recouverts de graffitis et de promesses d'amour gravées au couteau. Quoi que l'on dise, il est des messages que les téléphones portables ne pourront jamais retransmettre...Ces bancs publics, s’ils avaient des yeux et des oreilles, pourraient en raconter des choses. Ils auraient tout vu, tout entendu ! Les premiers émois amoureux des jeunes du quartier, les disputes, les bagarres à coups de poing ou même à coups de cutter. Les infidélités, les trahisons, les rendez-vous romantiques, les dealers, les sans-logis venus dormir là, épuisés de ne pouvoir trouver un refuge ailleurs...
Sur l'un de ces bancs publics, quelque peu décati, se trouve assis un petit vieux, à peine plus reluisant. Lui aussi pourrait en raconter des choses : il a quatre-vingt ans. Il s'appelle Raymond. Il n'est ni sénile, ni handicapé moteur, ce qui, à son âge, est tout à fait honorable. Il s'en tire bien. Il a eu son certificat d'études. Il s'est marié, a eu des enfants. Il a fait la guerre, en Algérie, et en est revenu blessé et décoré. Il a travaillé jusqu'à l'âge de la retraite, et même après, dans sa petite quincaillerie à deux pas de la gare. Maintenant, c'est l'aîné qui a repris l'affaire familiale, mais avec la zone commerciale qui a ouvert il y a deux ans, ce n'est plus aussi facile qu'avant...
Raymond adore lire, peindre, et jardiner. Maintenant que lire deux pages lui brûle les yeux, que ses doigts déformés par l'arthrose sont trop malhabiles pour peindre, et que son dos ne lui permet plus de se pencher pour désherber son coin de terre, il reste de longues heures assis sur ce banc, à regarder les gens et le temps passer. Le docteur n'est pas d'accord, mais Raymond s'en fout. Ce n'est pas ce gringalet d'à peine quarante piges, coincé dans sa blouse blanche, qui va lui donner des ordres. L'ancien docteur était mieux, mais il est parti à la retraite.
Le parc a ses habitués, ses visiteurs réguliers. Raymond connaît la plupart d'entre eux. Ou plutôt, il les reconnait sans vraiment les connaître. Par exemple, le vieil homme sait que cette femme et la petite fille qui s'approchent habitent l'immeuble à côté de la poste. Il sait aussi que cette enfant se nomme Edna - un joli prénom, que Raymond a déjà lu dans une histoire dont il ne se souvient pas. Il ne les reconnaît ni à leurs visages, ni à leurs habits, il n'y voit plus assez clair pour cela. Ses yeux l'ont lâché, mais pas ses oreilles, et il identifie la voix de la petite fille, alors qu'elle s'émerveille : «Regarde, maman ! Il y en a plein ! Partout !»
Edna parle des feuilles mortes, bien sûr. C'est l'automne, et le parc a revêtu son manteau de saison. Rouges, mordorées, grisâtres, craquant sous le pas lourd des visiteurs, les feuilles mortes ont lentement mais sûrement pris possession des lieux. Une situation qui durera aussi longtemps que les services municipaux ne se décideront pas à passer un grand coup de balai.
«Oui mon chou, c'est bien...» répond la mère d'un ton distrait en composant un numéro sur le petit clavier rétro-éclairé de son portable. Raymond peut les voir à présent. Elles semblent jaillir du flou jaunâtre qui depuis longtemps sert de toile de fond à sa perception oculaire. Une jolie brune à la trentaine séduisante, encore désirable, dans un manteau de tweed, et sa fille qui ne doit pas avoir huit ans, ravissante dans son petit anorak rose.
Edna se penche avec la souplesse inconsciente qui est le propre de tous les enfants, et saisit entre ses doigts délicats et agiles une feuille reposant sur le tapis végétal mort aux couleurs bariolées. Elle se fige, ses yeux noisette louchant sur la relique couleur rouge brique qu'elle vient de capturer. Une question capitale, essentielle, vient de lui traverser l'esprit : le genre de question que l'on peut se poser à huit ans.
«Pourquoi les feuilles tombent, maman ?»
Mais maman n'a pas le temps de répondre, elle est au téléphone. Elle jette un regard sévère à sa fille en levant un doigt devant ses lèvres. Elle en accorde un autre au petit vieux assis sur le banc, histoire de vérifier que ce n'est pas un danger potentiel. Rassurée, elle se détourne pour discuter avec son contact téléphonique - que Raymond ne peut s’empêcher d’imaginer beau et avec toutes ses dents.
«Maman, pourquoi les feuilles elles tombent des arbres ?» répète Edna avec impatience. Sa mère se contente de lui faire les gros yeux par-dessus son épaule, puis retourne à sa conversation. La petite fille fait la moue, et reporte son attention sur la feuille desséchée qu'elle tient encore en main.
Raymond lui fait signe :
«Tu veux savoir pourquoi les feuilles tombent des arbres, petite ?»
Edna approuve vigoureusement du chef, sans oser parler. Raymond lui accorde un sourire où manquent quelques dents, et reprend de sa voix un peu pâteuse :
«Quand j'étais gamin, ma mère m'avait appris une chanson qui racontait que les arbres nous volaient des souvenirs au printemps... Et qu'à chaque automne, ils nous les rendaient. Chaque feuille que tu vois au sol contient un souvenir. Une personne aimée, une joie, un chagrin... Tu comprends ?» Edna fait non de la tête, tout en se rapprochant du banc. C'est une enfant d'internet, de la téléréalité, et du rap. Les images poétiques ne font pas partie de son éducation.
«Ah, ce n'est pas grave... soupire Raymond. Tu comprendras plus tard. L'automne, c'est la saison du souvenir...
- Edna ! Viens ici et arrête d'embêter le monsieur !»
Maman vient de ranger son téléphone dans son sac à main et considère Raymond avec suspicion. Vite, elle saisit la main de sa fille et l'écarte du banc. Edna tente de se justifier :
«Je l'embêtais pas, il...
- Désolée monsieur. Bonne journée !»
Le ton employé par maman est un peu trop sec et cassant pour avoir l'accent de la sincérité. Raymond se contente de regarder s'éloigner la mère et sa fille. La femme morigène sa progéniture en chuchotant :
«... et je t'ai déjà dit cent fois de ne pas parler à des inconnus... Mais qu'est ce qui te passe par...»
Déjà, Raymond ne les entend plus, et les voit se fondre dans le décor rendu flou par sa myopie de vieillard, les contours de leurs silhouettes se faisant plus indistincts. Il n'en veut pas à la mère. Elle protège la petite, c'est une bonne chose à notre époque. Il y a vingt ans, maman aurait peut-être pris part à la conversation. Raymond aurait sans doute appris son prénom. Qui sait, ils auraient même pu devenir amis.
Mais au vingt-et-unième siècle, l'innocence et le respect des anciens sont des valeurs passées de mode. Il faut se méfier de tout, et de tout le monde. Un vieillard assis sur un banc public qui parle à une petite fille dans un parc, c'est forcément suspect. En baissant le regard, Raymond distingue, posée sur le bout de sa chaussure, la feuille morte qu'Edna a laissé tomber lors de l'intervention de sa mère. Une petite brise la soulève, et l'emporte au loin. Un souvenir qui s'en va.
Des souvenirs, Raymond en a plein, peut-être aussi nombreux que les feuilles mortes tapissant l'endroit. Certains agréables, qu'il souhaite ne jamais oublier. D'autres plus tristes, plus sombres, qu'il ne peut pas effacer, ni même occulter.
Alors, chaque jour, chaque automne, il vient se poser sur ce banc. Il regarde les feuilles mortes et ressasse les épisodes de sa jeunesse envolée, les bons comme les mauvais. Il passe des heures à se remémorer les noms, les lieux, les dates, qui a fait quoi, où, quand, comment.
Il ne s'ennuie pas. Il revit les grandes joies de sa vie, les moments intimes, les détresses occasionnelles. Personne ne vient interrompre le train de ses pensées. Il s'émerveille de la façon dont les images, les sons, et les odeurs se rappellent à lui, lui paraissant parfois bien plus réels, bien plus intenses, que sa vie morne de vieillard veuf et solitaire. Bien sûr, il y a les enfants, les petits-enfants... Mais l'âge est une frontière invisible qui va en s'élargissant. A mesure que les années passent, vos proches se font plus distants, même s'ils font encore des efforts. On ne peut pas leur en vouloir. Aucun jeune ne peut comprendre ce que c'est d'être vieux.
Edna et sa mère sont parties depuis un moment maintenant. Raymond est perdu dans la contemplation de son passé répandu sur le sol en une multitude de couleurs et de formes, lorsqu'un mouvement entre les arbres le tire de sa rêverie. Elle est revenue. Elle est la vraie raison de sa présence quotidienne sur ce banc. L'octogénaire la surnomme « la dame de l'automne ». Il n'a parlé d'elle à personne: on le croirait fou, et sa bru n'attend qu'une occasion de ce genre pour le placer en maison de retraite.
Raymond distingue, à cinquante mètres de lui, l'ombre floue de deux peupliers aux futs larges et droits. Adossée au tronc de l'un d'eux, parée de vêtements simples et amples aux couleurs flamboyantes, se fondant harmonieusement dans le paysage, la dame de l'automne le regarde pensivement.
Elle est grande, très grande, peut-être plus de deux mètres. Plutôt jolie, malgré un visage trop émacié, des lèvres trop fines qui ne sourient jamais. Ses prunelles n'ont pas de couleur définie, basculant de l'ambre au bleu azur, au rythme lent des battements de lourdes paupières privées de cils. Ses cheveux bruns aux reflets auburn sont longs, lisses et soyeux, cascadant le long de son dos jusqu'à ses pieds nus. Ses mains, si longues qu'elles en paraissent effilées, sont dépourvues d'ongles. Le front ceint d'une couronne de lierre rehaussée de feuilles mortes, elle ressemble à une elfe, mais il serait plus juste, sans doute, de dire que les elfes lui ressemblent: ils ne sont que légendes, elle est bien réelle. Raymond la distingue nettement, elle apparaît en surimpression sur le décor flou qui l'entoure. Il la voit avec son esprit, qui lui n'a jamais été myope.
Le vieillard a pris conscience de l'existence de la dame de l'automne cinq années auparavant. Au début, elle l'observait de loin, et se réfugiait derrière les arbres quand il la regardait trop longtemps. Elle ne daignait se montrer qu'à la morte saison, ce qui lui a valu son surnom. Raymond ne sait pas ce qu'elle est. Elle ne parle pas, et ne lui apparaît que lorsque le parc est entièrement vide, quatre à cinq fois par an au maximum. Raymond a d'abord cru qu'elle était un ange de la mort, une annonciatrice du destin. Il a vite compris que la dame de l'automne n'avait rien à faire avec la camarde. Nul coup du sort n'a frappé sa famille, son docteur ne lui a pas annoncé sa fin prochaine.
Si Raymond avait été plus jeune, nul doute qu'il se serait renseigné. Il aurait cherché à savoir si d'autres que lui avaient vu la dame de l'automne. Mais à quatre-vingt ans, il ne fait pas bon parler d'êtres surnaturels surgissant de derrière les arbres à vos proches. Il a donc attendu avec la patience de ceux qui n'espèrent plus rien des années qui s'écoulent.
Il a fini par comprendre que la dame de l'automne ne se manifestait à lui que lorsqu'il évoquait en pensée les passages les plus poignants de sa longue vie. Sa femme, lui étreignant la main sur son lit de mort, râlant, jurant et crachant dans ses derniers instants ; la naissance de son premier enfant, et les larmes de joie qui ont coulé sur ses joues, spontanément. Ce genre de souvenirs. Les plus vivaces, ceux que rien ne peut altérer, ceux qui vous tirent du sommeil en pleine nuit, ceux qui vous arrachent de longs sanglots, ou de larges sourires, des années après, au coeur de votre solitude. Ces souvenirs qui modèlent un homme, font de lui ce qu'il est vraiment, l'essence même de nos âmes.
Année après année, la dame de l'automne s'est enhardie. Au départ, elle se méfiait de l'étranger assis sur son banc. A mesure que les rêveries de Raymond se faisaient plus profondes, plus introspectives, elle s'est rapprochée de lui, allant jusqu'à s'asseoir à quelques pas de distance, sans parler, les genoux relevés contre sa maigre poitrine, écoutant les divagations mentales du vieil homme.
Puis, quand elle se lassait, quand un passage de l'histoire ne lui plaisait pas, elle se relevait et disparaissait derrière un arbre, comme ça, sans formule magique ni nuage de fumée. Raymond ne sait pas comment on peut écouter un souvenir. Il sait seulement que la dame de l'automne les entend et y réagit. Elle prend plaisir à les goûter, à les partager. Elle est gourmande d'amitiés perdues et retrouvées, de promesses tenues ou bafouées. Elle a un faible pour l'innocence et la naïveté.
L'automne est la saison de la mémoire, disait la mère de Raymond. La dame de l'automne s'intéresse aux souvenirs des hommes, pour des raisons qui ne concernent qu'elle. Depuis cinq ans, elle s'est beaucoup intéressée à ceux de Raymond.
Aujourd'hui, elle le regarde, elle ne se dissimule pas, comme elle a coutume de le faire. Ses lèvres s'entrouvrent sur une dentition parfaite. Elle sourit pour la première fois à celui qui, depuis quelques saisons, la nourrit de sa nostalgie et de ses années révolues. C'est un sourire laconique, en demi-teinte, celui que l'on prend pour dire «tu te souviens ?», avant d'évoquer un être cher parti trop tôt, ou bien une journée mémorable avec des amis disparus.
Elle s'avance vers son ami à grands pas, les feuilles mortes s'envolant devant elle, s'écartant sur son passage, balayées par une tempête invisible. Raymond sent son cœur s'emballer dans sa poitrine, ce qui, à son âge, n'est pas raisonnable. Il est un peu effrayé. N'importe qui le serait, à l'approche de cette géante au rictus un peu inquiétant, au maintien altier, commandant au vent lui-même.
La dame de l'automne s'arrête à moins d'un mètre de lui. Autour d'elle, l'air est humide et vivifiant. Parfum d'humus, de champignons, de terre retournée. Fragrance automnale. «Que me veux-tu ?», lâche Raymond dans un souffle. Il est vieux, il peut mourir, il s'en moque. Mais il aimerait savoir, il aimerait comprendre. Il est encore un homme après tout.
Elle lui tend la main. Il hésite. Elle l'encourage d'un mouvement de tête. Il répond à son invitation. Peau satinée et fraîche, douceur incomparable, sensation de vitalité incroyable. Il s'attend à mourir, à endurer mille tourments dans les secondes qui viennent -une sensation aussi agréable ne peut être gratuite.
Ce qui se produit alors n'est pas douloureux, mais spectaculaire. Le vent forcit soudain, entourant la dame de l'automne et Raymond d'un tourbillon de feuilles mortes aux couleurs éclatantes. Feu, sang et or mêlés. Hurlements du vent à travers les branches, déchirures sonores évoquant des sanglots.
Raymond sent son corps changer, se déstructurer. Il voit ses vêtements, sa chair, ses muscles, se transformer, se friper, se morceler. Il ne ressent aucune douleur cependant, rien d'autre que le vent et la paume de la dame, si fragile et si rafraîchissante dans sa main à la peau parcheminée. Elle le regarde avec une affection qui dépasse l'entendement, proprement surhumaine, à travers le rideau mouvant de feuilles s'insinuant entre eux. Ses yeux sont deux émeraudes dans un lac serein.
Le corps du vieil homme se désagrège dans le vent, perdant sa substance, et Raymond comprend qu'il est en train de mourir. Ce n'est pas si effrayant que cela. Son enveloppe corporelle se transforme en feuilles mortes, rejoignant leurs semblables dans le tourbillon invoqué par celle qui le tue de si belle manière. Il ferme les yeux pour ne pas voir sa propre fin.
Il meurt, mais ne disparaît pas. Il est toujours assis sur ce banc, il est nu. Il est jeune à nouveau, vigoureux. La vie palpite dans ses veines, au ralenti, n'attendant que le printemps pour renaître. Il se sent engourdi, mais ce n'est pas désagréable.
Le vent se calme enfin. Il ouvre les yeux. Et il découvre le monde avec une nouvelle perception, celle qui sera la sienne pour les siècles à venir.
Il voit d'abord celle qui l'a choisi comme compagnon, celle qu'il aime déjà sans même la connaître vraiment. Celle qui sait tout de lui, et dont il a tout à apprendre. Sa beauté ne signifie rien, car elle est éternelle. Elle n'a pas de nom, car elle n'en a pas besoin.
Raymond voit ensuite le ciel, infini, et le soleil, minuscule. Il comprend instinctivement que l'été, il devra se cacher, rechercher l'ombre et la fraîcheur, dans le dédale de grottes sombres où prospèrent des champignons blanchâtres et des lichens fluorescents.
Il voit les arbres dressés autour de lui, il éprouve leur force, il sent la sève coulant au ralenti sous leur écorce. Il a envie de les étreindre, de se fondre en eux.
Il voit enfin les feuilles mortes, mais elles sont bien plus que de simples déchets végétaux. Elles scintillent dans la lueur déclinante du soleil couchant. Et chacune contient un souvenir.
Raymond, qui n'est plus vraiment Raymond, se lève, et marche d'un pas redevenu souple, foulant du pied ces souvenirs répandus sur le sol. Beaucoup étaient les siens. Ils se mélangent à ceux de milliers d'autres personnes. Joie, tristesse, colère. Chaque feuille lui narre son histoire, d'une voix plaintive ou bien enjouée, l'invitant à l'écouter. Il pourrait les écouter des heures, des jours durant, ces souvenirs humains dont on l'a débarrassé. Mais déjà, la dame de l'automne lui prend la main, l'entraîne derrière elle, là où l'homme n'est qu'une légende, et la civilisation un rêve de poète.
Le couple passe derrière le tronc d'un peuplier, et disparaît de ce monde.
Demain, on cherchera Raymond partout, on ne le retrouvera jamais.
Dans quelques semaines, les employés des services municipaux balaieront et brûleront les feuilles mortes, inconscients de leur beauté grandiose, sourds à leurs histoires fabuleuses. Au printemps, les arbres exploreront de nouveau nos psychés, se gorgeront de nos souvenirs, et les brandiront au-dessus de nos existences banales et sans éclats, en un hommage silencieux à nos âmes tourmentées.
En attendant, que vienne l'hiver.
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