"Mission" -- Stan Quetlar
Enfin dans le train ! J'ai bien cru ne jamais y arriver. J'ai horreur d'être en retard. Pire, je me dois d'être en avance. Comme ça, je peux tout préparer, ne rien laisser au hasard.Le voyage ne sera pas long, une petite quarantaine de minutes. J'aurai pu prendre ma voiture pour me rendre à ce rendez-vous mais je préfère rester prudent. Combien de personnes auraient pu repérer mon véhicule, sa plaque d'immatriculation ?
Je somnole alors que le paysage défile.
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J'ai reçu ce coup de fil une semaine avant.
"Monsieur Dubois ? "
"Oui. "
"C'est décidé. Il faut venir l'abattre."
"C'est urgent ?"
"Oui. Le plus tôt sera le mieux. Je suis conscient que je devrai vous payer en connaissance de cause."
"Vous avez décidé par quel moyen vous voulez qu'il disparaisse ?"
"Non, non ! Ça, c'est votre problème. Je vous dis ce que vous avez à faire. Je vous donne des informations sur l'individu et vous l'abattez, peu importe la manière."
J'aime quand on me laisse le choix des armes. Parfois, je tombe sur des tatillons : "Faites ça en douceur !" ; "Soyez silencieux surtout !". Qu'ils me laissent faire mon boulot, bordel !
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10h35. L'homme est ponctuel, il m'attend à la gare. Une soixantaine d'années, mince, cheveux argentés et arborant de belles bacchantes style début du vingtième siècle.
"Bien voyagé ?"
"Ouais." lui dis-je alors qu'il ouvre le coffre de son break Volkswagen afin que j'y range mon sac. "En route. J'ai un boulot à faire."
"Oui, je vous paye pour ça je crois. Montez ! Je vous mène à lui. Vous êtes bien équipé j'espère ?"
"Ouais. J'ai tout dans mon sac. Je choisirai l'outil approprié en le voyant."
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La route se fait dans le silence. Tant mieux, j'ai horreur des gens qui parlent pour ne rien dire. Et pire encore s'ils ne parlent que pour rompre le silence.
La voiture s'arrête.
" Venez, c'est par là. "
Je récupère mon sac et je le suis. Nous traversons un jardin jouxtant une grande bâtisse et au détour d'une haie, il me dit : "Regardez ! C'est lui."
J'ai bien fait de m'outiller au cas où car le quinquagénaire est beaucoup plus robuste que mon employeur me l'avait décrit.
"Ok ! Maintenant, soit vous vous mettez à l'abri. Soit, mieux encore, vous rentrez chez vous..." Je sors ma tronçonneuse pour abattre ce marronnier malade dont les dernières feuilles s'accrochent aux branches.
"À nous deux, mon grand !"
Et je commence à entailler le tronc.
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Chapitre suivant : "K comme Katia" (3e et dernière partie) –- Patrick S. VAST