"C'était cet été" -- Jean-Marie Cloarec
Dans le jargon journalistique creusois, une feuille morte est un article qui n'a pas supporté l'été.Nous avons regroupé ci-après quelques-unes des brèves les plus intéressantes publiées par l’ACPI (Agence Creuse Presse Internationale).
Actualité industrielle (par notre reporter Jacques Celer)
Une avancée considérable vient d'être faite en matière d'essais accélérés. À l'aide d'un appareil photo-atomique ultra perfectionné, dénommé « agaceur d'espace-temps », le savant norvégien Lin Chou Kwo, dans son installation ultra-secrète de Laponie orientale, a pu réaliser un essai de fiabilité ultra-accéléré sur une carte électronique sur une durée de ... 2,5 picosecondes. Outre la brièveté du temps (et le temps, c'est de l'argent !), il doit être noté que l'essai a conduit à la prédiction d'une fiabilité comprise entre 99,999999% et 99,9999999%.
Où va le progrès (on se le demande d’ailleurs) ? Ayant appris cet étonnant résultat, un autre savant d'origine asiatique, du nom de Sven Thorsen Junior II, envisagerait de reproduire un tel essai sur une durée limitée cette fois à 1,3 picosecondes.
Toutefois, notre Académie des Sciences nationale n'entérine pas encore ce résultat, faute de descriptifs suffisants sur les conditions exactes de l'expérience. Selon elle, la carte électronique se serait purement et simplement désintégrée pour se rematérialiser aussitôt mais au prix de quelques bobos sur les pattes du boîtier d'un EPLD. De sorte que, toujours selon elle, si l'intervalle de prédiction de la fiabilité ne peut être remis en cause, la valeur de 99,99999%, loin d'être un niveau de confiance, serait en fait un niveau de méfiance ou de défiance … Pour cette raison, du fin fond de l'île de beauté, le savant corse Mario Fiabiliti est actuellement occupé à mettre au point, un ingénieux essai de fiabilité dilaté. Selon ses dires, il serait possible d'arriver au résultat annoncé sur la carte précédente, sur la base d'un essai sous contrainte réduite s'étalant sur 355 millions d'années. Faute de ne pas être tout à fait optimisé en terme de temps, l'avantage d'un tel essai serait de conduire à un résultat dont le niveau de confiance (voire de méfiance) ne pourrait plus être contesté. Et cela d'autant moins qu'il n'y aura peut-être plus personne pour cela …
Actualité médicale (par notre reporter Jacques Celer)
De bonnes nouvelles nous parviennent de l’Himalaya. On se rappelle en effet qu’il y a un peu plus d’un an, l’éminent chercheur espagnol, Ricardo Sanchez Sanchez, chef du Département Confiabilidad de l’Université Orthodoxe d’Estramadoure, entreprenait l’ascension de l’Annapurna, accompagné d’une équipe de sherpas et de 25 membres de son Département, tous atteints de faiblesse cardiaque et porteurs d’un pacemaker dernier cri de la marque Crèvevit.
Objectif de cette mission : expérimenter la fiabilité de ces pacemakers en altitude. Nous venons d’apprendre par Ricardo Sanchez Sanchez que l’essai semble concluant dans la mesure où aucun des pacemakers n’est encore atteint de panne cataleptique.
Bien que les 25 membres témoins soient tous décédés, il semble fort heureusement que ces décès ne soient pas dus à la fiabilité intrinsèque des pacemakers. À toutes fins utiles, Ricardo Sanchez Sanchez s’est lancé, confortablement blotti sous 50 cm de glace, à une analyse de zone couplée à une « Hazard Analysis ». Il semblerait que les décès observés seraient plutôt liés à une atteinte de constipation chronique de la part les 25 membres de l’équipe, ce qui permettrait de dédouaner définitivement les pacemakers dont la fiabilité serait au-dessus de toutes les espérances …
Actualité automobile (par notre reporter Brun Bonpain)
L'ingénieur en chef hors service principal de 1ere Classe GONPHLAI, responsable du Mastère de Sûreté à l'E.N.S.A.V. (Ecole Nationale Supérieure de l'Air et du Vent), souhaite attirer l'attention de notre distingué lectorat sur un cas particulièrement édifiant de détournement des méthodes d'analyse de sécurité visant à faire croire à un public averti, comme aux autres, que l'air-bag pourrait améliorer la sécurité des automobilistes.
Rappelons qu'un solide retour d'expérience existe dans ce domaine : depuis de très nombreuses années, plusieurs générations de courageux chercheurs ont, au risque de leur vie, testé systématiquement le remplissage avant la prise du volant du conducteur de fluides offrant les meilleures résistances à la pression. Que ce soit des liquides purs ou des mélanges liquides/gaz, quels que soient les degrés testés ou les modes de remplissage (en Suisse à la régalade par tournées), le long martyrologue de ces héros de la recherche en sécurité (et de l'écologie, car ils ont toujours privilégiés les produits naturels de nos sols) démontre sans ambiguïtés que ces procédés n'améliorent pas la sécurité sur nos routes. On voudrait aujourd'hui nous faire croire qu'un sac d'air (bien moins résistant que les liquides évoqués), gonflés "in extremis" (alors que le gonflement par les liquides est en place dès avant la montée en véhicule) qui de plus obscurcit la vue du conducteur (alors que les liquides évoqués la doublent) pourrait mieux faire...
POUR QUI NOUS PREND-ON ???
À ce sujet, la rédaction rappelle la poignante communication de Mme A'Hare dont le mari avait adopté cette méfiance justifiée à l'égard des sacs à air. On se souvient qu'il avait réussi à réduire à zéro son risque automobile en débarrassant sa voiture des quatre sacs à air sournoisement dissimulés sous la caisse, dans des enveloppes annulaires en caoutchouc. Mme A'Hare nous avait révélé que son mari étudiait l'extension de cette démarche aux autres modes de transport. Aux dernières nouvelles, il avait démarré l'expérimentation sur son zodiac. La profession attend avec impatience son retour sur le devant de la scène pour connaître ses conclusions dans ce domaine qu'il est le seul, rappelons-le, à avoir eu le courage d'examiner à fond.
Actualité scientifique (par notre reporter Jacques Celer)
Le fabricant soudanais « Excitron », leader mondial dans le domaine des machines à vibrer les matériels, vient de mettre au point un nouveau type d’excitateur vibratoire ultra performant. Contrairement aux machines classiques de type électro-dynamique, hydro-pneumatique ou à chocs pneumatiques, ce nouveau type d’excitateur fait appel à l’énergie animale. Le principe retenu par Excitron consiste à utiliser un plateau de grande dimension en rubidium zingué sur lequel évolue un couple d’éléphants en copulation. Le matériel destiné à être vibré repose, quant à lui, sur un plateau suspendu en dessous du premier plateau à l'aide de douze ressorts à boudins.
Les résultats obtenus sont très prometteurs.
Ainsi, les vibrations obtenues sont de type « pachydermique », c’est-à-dire mi-cosinusoïdales, mi-pseudo aléatoires, ce qui permet d’obtenir une densité spectrale de puissance pouvant atteindre 106 g2/Hz.
D’autre part, ce nouveau type de moyen d’essai est à la fois non polluant - hormis quelques rares pets pouvant être émis par l’un ou l’autre des deux pachydermes - et s’avère très économique car ne nécessitant aucune énergie externe, à l’exception de quelques flacons de Viagra utiles au maintien de la performance de l’éléphant mâle.
Toutefois, la société Excitron se donne encore six mois avant de commercialiser ce nouveau type de matériel, le temps nécessaire pour résoudre quelques petits problèmes techniques. En particulier, les soudures des composants des matériels électroniques soumis à essais volent en éclat dans les dix premières secondes de test. Ceux-ci doivent donc être considérés à ce jour comme de type « destructif », ce qui, au demeurant, n’est pas sans intéresser le tout nouvel Institut de Sûreté de Dysfonctionnement (IdSD) …
Actualité militaire (par notre reporter Jacques Celer)
Depuis la mise à feu intempestive des charges explosives équipant certains missiles de l’armée du Liechtenstein, avec pour conséquence morts d’hommes, de femmes, de vieillards et de nourrissons, les missiliers redoublent d’ardeur pour améliorer le niveau de sécurité de leurs produits. C’est le cas, notamment de Sapetfor, principal missilier ougandais, qui prévoit une barrière de 555 sécurités en série sur la chaîne d’alimentation électrique de la charge explosive de son nouveau missile sous-sol / air dénommé XX69Y.
De ce fait, le missile XX69Y peut être considéré comme intrinsèquement sûr dans la mesure où la charge n’explosera jamais. Ce progrès technologique est décisif dans la mesure où il n’y aura jamais mort d’homme, ni de femme, ni de vieillard ni de nourrisson, tant chez l’agresseur que chez l’agressé. Il s’inscrit du reste dans la droite ligne de la Bible où il est écrit : « Tu ne tueras point ».
De surcroît, afin de présenter son missile comme un produit « plus que sûr », la société Sapetfor envisage de remplacer la matière explosive de la charge par un énorme bloc de nougat de Montélimar, ce qui devrait lui ouvrir un nouveau créneau de clientèle dans les moins de 15 ans et plus de 77 ans. Au-delà de ces importantes innovations, la société Sapetfor envisagerait de changer de dénomination. Selon certaines rumeurs, la nouvelle dénomination du fameux missilier ougandais serait Sapetplu …
Page sportive (par notre reporter Jean Clerc)
Alors que la France se prépare à la coupe du monde 2010, un de nos correspondants, fervent mathématicien, nous a soumis une proposition permettant d’allier processus stochastique avec football :
Hypothèses de départ :
• une équipe anglaise de foot gagne 8 buts à zéro contre une équipe turque.
• une équipe française perd 2 à 1 contre ces mêmes turcs… Question : en utilisant les statistiques, les écarts types, la variante et toutes les modélisations connus pour ce genre d’exercice, quels sont les chances pour que l’équipe française ne perde pas contre l’équipe anglaise ?
http://www.inlibroveritas.net/auteur5514.html
Chapitre suivant : "Enfin l'automne !" -- JOST VINCENT