porte des lilas
ta sueur coule sur mes épaules versées
vers le fond de ton lit où je me suis rendue
à l’empan du réel je me vois toute nue
l’oiseau et l’oiseleur sont sûrs d’avoir gagné
tu me cribles de tes baisers amarescents
mon dos s’écorche au sol de ta chambre rêvée
sur ton corps vénéneux je lis le ciel entier
en liesse désolée à minuit tu me prends
j’ai senti ton cœur battre étalé sur mon sein
j’ai vu mes mains sans cesse se jeter aux nues
de ta peau magnifique aimantée défendue
ton corps cassé sur l’apophyse de tes reins
le vent de l’aube inquiète nous emportera
je te vois dormir comme on brûle ses rétines
sommeil assourdissant couchée sur ta poitrine
tous mes os se souviennent de l’ange au combat
les amants sont rêveurs à leur premier matin
ta paume pensive erre sur ma jambe au pas
qui nous ramène au monde porte des lilas
au sursis du départ je serre encor ta main
23 juillet 2003
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