pont de bercy
vos peaux superposées sur l’étreinte jumelle
emmêlent ma pensée et dédoublent le ciel
peau blanche tendre ou peau plus brune que la mienne
déjà familière au doux tracé de tes veines
ne voit-t-il pas vu le sceau de tes lèvres pressées
sur ma nuque ravie trouée par tes baisers
ne sent-il pas l’odeur d’amour et de tabac
qui traîne dans ma bouche et parle encor de toi
dans les spasmes des nuits des hommes grimaçants
se passent ton visage mes anciens amants
vont riant de mon trouble et mon amour muet
l’œil triste mais sans rage sans haine se tait
dans les villages loin de toi qui es paris
la ville traversée pour goûter tes baisers
je porte tes caresses me souviens du prix
des cailloux noirs précieux de tes yeux abaissés
tes cils battent mes joues et ton iris oblique
darde son désir brut à l’angle de mon cou
ton corps est une cime et ses parfums magiques
détachent des soleils à l’amble des doigts fous
tes yeux de mandarin m’enflamment à grands pas
m’encensent je me rends à ton corps tout à l’heure
mon bonheur grave s’étire en mode mineur
vie condamnée au cœur pour qui sonne le glas
9 juillet 2003
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