rue saint-martin
je t’aime amèrement me meurs de tant d’aimer
sentir mon triste sang s’égrener électrique
au grain du souvenir des heures extatiques
mon désir est ma croix consentante et dressée
j’ai sauté dans le vide en riant du danger
verticale au vertige de tes yeux profonds
inoculant la fièvre à ma veine épuisée
marchant tête et pieds nus sous la balle et le plomb
l’âme en cessant d’aimer se consume et s’éteint
je porte dans nos rues l’étau de mon chagrin
dans ces rues ce soir-là ton visage avait pris
l’or de tous les visages le tout premier cri
voici venu le triste temps de désaimer
trancher la veine vive et ne plus respirer
le temps de ne plus voir à chaque pavé gris
la marque de la fièvre qui nous prit ici
8 juin 2003
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