rue de charonne
tes yeux se sont troublés troués de nacre grise
le ciel a basculé ton œil opaque et fou
ton poignet dans mon dos la caresse précise
des doigts lissant jumeaux la fièvre des bras doux
l’après-midi chancelle sous l’aveu le coup
à peine porté qui pourtant claque et nous brise
je m’étouffe et m’enfuis tu te figes la crise
enfin la guerre enfin dans la gueule du loup
je marche revêtue des laines de ta femme
sa chaleur faite tienne en caresse ambiguë
nos chagrins parallèles ton absence aiguë
l’élan inachevé lie les doigts sur la lame
la latence sournoise a suspendu l’obus
le germe désormais va creusant la plaie crue
28 mai 2003
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