gare d’austerlitz
ma canne et mon péril homme noir au sourire
perlé comme deux billes gouffre ouvert désir
qui rentre par le toit s’insinue dans le feu
d’autant plus dangereux quand il se grime en jeu
occupe les minutes brille sur le bois
électrise la lutte et fait trembler les doigts
par sa seule beauté qui repeint la poussière
et fait frissonner l’air et le temps de sa joie
il force le sourire dans la rue le train
il appelle l’étreinte au hâle de ses mains
il recule et s’étend nonchalant je regarde
son visage incertain qui parfois baisse garde
si l’ange aux doigts de loup au loin me met en joue
puis recule hésitant sur le souvenir flou
quand l’étoile a tourné tous les incendies roux
alors la lune en blanc éblouira les joues
4 mai 2002
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