Rania El Azouzi - La derniere missive - texte intégral

In Libro Veritas

La derniere missive

Par Rania El Azouzi

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Table des matières
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La dernière missive

 
 
 
J’étais une fois, une mioche comblée, sereine
Je suis aujourd’hui une adolescente suffocante dans la dépression et essayant nonchalamment de vivre.
Mes chimères ? Des rêves envolés, des espérances enfuîtes, des tentations de l’autodestruction et un avenir de pénombre.
Mes amours ? Des inclinations fortes, des erreurs que je paie cher.
 Je ne suis ni philosophe, ni écrivaine.
Je ne serais ni Simone de Beauvoir, ni Anne Franc.
Mes écrits ? Des billevesées de lypémanie bannies au fil du temps, des fiascos d’affres et d’agonie que je ne devrais oncques calligraphier.
 
J’avais toujours espéré qu’un jour viendrait et je pouvais tout comme Descartes, Nicha libeller un prologue, toutefois, l’instant presse, et le départ s’achèvera prochainement.
J’avais toujours vécu dans la pénombre, or personne ne s’y rendait compte, ni même moi.
Je ramais dans l’acrimonie dépressif, sans jamais verser le sanglot, ou avouer au parent, au conjoint, au copain ce que se condensait à l’intérieur de mon esprit ombiliqué.
J’ai changé sans que je sache l’incitant ou la cause. J’ai perdu le pouvoir de concentration, j’ai perdu l’envie de vivre pour le futur.
J’ai annulé mes désirs et mes loisirs.
J’hiberne, j’ai plongé dans la dormance de lassitude et de solitude. J’ai perdu mon organe vital.
 
Je me suis métamorphosé en une créature sans cœur, impassible, indifférente, immortelle !!
Suicide ?? La sentence que je prendrais aujourd’hui pour se lasser d’avers et de revers.
Si un jour cet essai-ci se publierai, j’aimerais que mes chers lecteurs sussent cela.
Au point où la confiance en soi s’évanouît, l’heure sonne, et l’agonie est le dernier droit.
J’ai commis des erreurs, au lieu de voir des parents me soutenir et quêtant à savoir la raison de ma détérioration, j’ai senti des coups et des souffles, j’ai oui des injures et des insultes.
 
Maman m’arrachait les cheveux, me poussant et me frappant, une image atroce inoubliable, néanmoins, une expression d’amour maternelle féroce et le désespoir d’avoir accoucher une mongolienne.
 
Papa me giflant et me traitant de sale pute, une décalcomanie brisante, mais un signe de chute, d’échec et de donner naissance à une fille valant rien.
 
Le suicide est l’espoir d’eux qui rament la vie sans espoir, la fin des ennuis d’adolescents et des conséquences problématiques.
Le serrement du coeur s’achèvera au point ou j’arrêterai de respirer.
Je n’ai ni futur, ni passé, juste un présent nuancé des réminiscences de calamités.
Je sais, le suicide n’avait jamais été la solution parfaite, en revanche, il s’avère l’eau atténuante, ou je pouvais nager sans peur, sans angoisse, cette onde-ci est mon liquide rouge vermeil, mon sang.
 
Etre ou ne pas être ?
J’élis de ne pas être, je choisis laisser mes guêtres et vivre en enfer, comme tout ce qui on commit une coulpe.je mettrais une coupure entre cette vie.
Je renoncerais à ma vie !!
Rien ne me raccroche à cette effervescence, plus je pense à mes espérances encore, je flaire de plus en plus mes carences.
 
Et voila, la fin du lé que je menais, fini les rancunes papa, fini les désinvoltures maman, et sœurette, tu pourrais enfin te jouir de l’ataraxie et l’attention totale, eh grand-mère, je pourrais vous joindre enfin, mais malheureusement, on serait jamais ensemble, vous, dans l’Eden, et moi au fond de l’enfer
.
Aujourd’hui serait le dernier paragraphe que je pourrais tartiner, ne me blâmez point, ne me morigénez point, cela est une sentence que je ne pourrais négliger, cela est prétendu, je ne puis point résister aux coups de mon père et ces réprimandes incessantes, je suis totalement vilipendée, frappée à la guise d’un animal batard cherchant un refuge ou une contrée pour s’abriter du froid familial et des souffrances quotidiennes
.
Je laisserais mes rêves s’envoler et prendre la poudre d’escampettes, je laisserais mes chimères s’évader pour toujours, fini l’espoir de devenir un jour un cardiologue, fini l’espérance d’atteindre mes objectifs, bienvenue mort et agonie.
 
Je ne peux penser ou songer, les pleurs s’écoulent sans arrêt, le cœur bat si fort que je sens que l’agonie approche, la colère démesurée s’empare de mon âme, l’acrimonie répand mon esprit hagard, je contemple mon entourage, je me vois s’évanouir d’ennuis dans un monde de traitres, je décide de se suicider, je songe à s’évader, je prends des pilules en main, je les zieute, je réfléchis et je décide d’abandonner, je tourne le dos, je prends mon sac rose, je le remplis de fringues et de soutanes, je prends la sentence de s’échapper, je descends les escaliers, des fibres étranges m’étranglent, je reviens vivre encore dans ces rives de Styx.
Je prends la décision de ne point parler ou sortir avec quiconque, je m’isolerais dans mon petit ilot, loin des autres, je ne mangerais point, je resterais seul famine, le ventre creux jusqu’à ce que la paix perpétuelle m’étreint entre ses bras et m’emporte loin ailleurs, plus loin de cet empire où je ne peux respirer, ou siffler mes haleines.
 
Vous, les amis, je vous dois tant d’excuses, je vous demande de me pardonner pour mes bêtises et sottises, ne vous déprimez point, vous serez finalement comblés d’extase.
 
Chère maman, vous aurez enfin le petit temps à vous, vous serez capable de déambuler seule, confortable, dévêtue d’inquiétude et d’ombrage, vous ne serrez obligée de laver mes fringues et de préparer mes repas chaque jour que vous êtes de mauvaises mœurs. Oui maman, vous ne feriez plus jamais de peine à songer à moi, vous saviez totalement que ma mort seriez une très bonne occasion de se débarrasser de mes ennuis et mes soucis, alors je vous prie, si vous me prouvez juste un tout petit peu d’amour maternel de ne verser une larme, de ne sangloter ou chagriner, cela serait ma dernière faveur que je vous supplierais de me rendre.
 
Eh oh sœurette, ne soit pas à plat, ne soit jamais anémiée, en fait mon suicide n’aurait pas tant d’effets mélancoliques, regardant du l’autre coté, cela te permettra de te jouir de la nouvelle chambre, et de te comporter librement sans que tu reçoives mes opinions débiles, tu n’es point obligée d’essuyer mes reproches et mes commentaires insensés, tu auras enfin la chance de ne plus être forcée de partager tes richesses avec une sœur de ma ressemblance, tout comme maman, promets moi pour une dernière fois, de ne point glacer les pleurs sur tes rouges joues, en fait, sais-tu que je t’ai toujours apprécié, tu possédais les qualités parfaites pour réjouir mes parents et les combler d’heur et d’ataraxie, en revanche, moi, j’étais la mauvaise herbe qui ne cessait de contrarier ses alentours, alors pardonne moi !!
 
Papa, je sais que vous désirez ma mort plus que quelqu’un d’autre, je sais que laisser mes houseaux serait la parfaite solution pour vos revers et votre acrimonie, je vous ai tant lésé, et je ne vous blâme guère de m’avoir frappé, comme tout dans mes billevesées et mes utopies, j’ai toujours noté que l’aléa était si injuste, et oui, je découvris que le destin est si injuste que quoi conque, j’ai toujours cherché à vaincre le fatum pressé, mais je finissais toujours dans une joute qui me coûte l’énergie et l’aura de mon cœur, le suicide cause la peine aux personnes qui vous aiment, non pas dans mon cas, papa tu l’a déjà avoué, ma mort serait la solution de tes problèmes infinies, alors pour une fois, je me montrais obéissante, je me comporterais à la manière de la fille idéale, et je vous exaucerais vos vœux, je vous juge de ne point vous stressez, de ne jamais apercevoir ma frimousse causante les tourments.
Papa, votre rôle comme père vous doit une faveur, sachez bien que la décision du suicide est une décision que j’ai pris moi-même, alors ne vous sentiez coupable ou faussaire, vous n’avez commis aucune erreur, et pour une dernière fois, je m’agenouille devant vous.
 
Maintenant je m’adresse à mon âme, je suis sincèrement désolée, je ne pourrais réaliser tes ambitions, mais le fait d’aimer mon entourage me force à en négliger.
 
Je franchis le portail de l’enfer, je vous aperçois famille s’apprêtant à pénétrer l’Elysée, je suis sereine pour vous, vous avez enfin reçu ce que vous méritez vraiment.
 
P.S. Comme je souhaite de m’enterrer sans funérailles, et le jour de ma mort, je veux ouïr vos rires et vos sourires.