ANCELLY - Non âme... - texte intégral

In Libro Veritas

Non âme...

Par ANCELLY

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Table des matières
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Non âme

 

La voiture est garée, j’ai escaladé le chemin des vaches. Le sac pesait à mon épaule. J’ai eu du mal à me mettre en route. Pourquoi retourner là–haut ? Se confronter encore aux éléments, aux autres, à moi–même.

 

Dans la vallée des pleurs, je croise quelques randonneurs qui redescendent, les traits tirés, les yeux brillants de lassitude. Ils vont se restaurer. Je passerais bien par le refuge boire un café, mais je n’en ai pas le temps, je suis juste à l’heure.  Dans le couloir, sous la falaise, il fait frais. C’est un vent calme qui souffle. Qu’en sera–t–il là haut ? Je me faufile entre les blocs blancs et jaunes. Le ciel est bas, grisâtre. Je parcours rapidement le sentier et attaque la grimpette.

 

Chaque pas suit le précédent, pesamment, comme à regret. Je fulmine intérieurement contre toutes ces cigarettes fumées qui me font le souffle court. Je résiste à l’envie de m’appuyer à la muraille que je longe. Tout est calme, pas âme qui vive. Je suis seul. J’imagine la mer, la campagne. Je revois la journée d’hier. Le bonheur paisible. Le dimanche oisif.

 

J’arrive enfin sur le palier, la lumière a changé. Une rumeur sourde emplit l’espace. Le vent parle, le vent murmure, le vent crie. J’avance d’un pas ferme. Je sais où je vais. Je sais ce qui m’attend. La journée sera rude.

 

Il y a de l’orage dans l’air. Je le sens. Je suis pris par l’ambiance, malgré moi. Un peu de sueur perle à mon cou. Bientôt le sommet. Un dernier couloir de sable à franchir entre les blocs marron. Les rochers de toutes tailles qui s’animent, que je reconnais, que je regarde, un par un. Des blocs qui semblent me suivre du regard, mais ce n’est qu’illusion. Est–ce que je les intéresse ?

 

Je franchis le dernier ressaut et atteins le sommet. Je pose mon sac à terre et l’ouvre pour y prendre quelque nourriture, quelque réconfort.

 

Du regard, je parcours le panorama. Le bruit du vent s’est calmé. Est–ce la mer ondulante qui est devant moi. Est–ce le glacier qui bruisse et qui craque, qui coule ? Sont–ce les étocs qui bougent doucement ?

 

Je m’assois lentement. Je reprends mon souffle. Je suis à pied d’œuvre.

 

    –         Bonjour. Je vais vous rendre vos devoirs de philo sur l’Âme.

 

 

Ancelly 29 juin 2009.

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