Jean-Baptiste Messier - Contes sous la voûte étoilée - texte intégral

In Libro Veritas

Contes sous la voûte étoilée

Par Jean-Baptiste Messier

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Table des matières
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Le Clavier de l'Esprit

Une nuit, dans le foyer d'une cheminée d'un vieux manoir ruiné, quelque part en Auvergne, peut-être à Murol, brûlait une bûche. Les flammes éclairaient les visages de notre vieil homme intemporel et des enfants devenus grands. La voix grave,  rocailleuse et pleine de charisme du sage psalmodiait une nouvelle histoire.

"Gris.

Au début, L'Esprit se fondait dans la mort, se morfondait, morne plaine sans relief ni musique. Indifférenciation sans partition.

La Pieuvre aux 288 bras eût l'Idée d'un orgue divin aux 144 Claviers aux touches d'ivoires et d'ébène. Heureusement, non seulement Il avait 288 bras mais aussi 288 pieds.

La partition allait pouvoir s'élever dans l'Uni-vers et faire entendre sa musique à tous les étages. Les vibrations se propageaient dans tous l'espace, se cognaient et engendraient de nouvelles vagues de musique étincelante. Même Beethoven pourtant sourd les entendaient. La musique dégringolait de l'orgue et cheminait selon 144 octaves (hé oui !) qui comprenaient naturellement chacune 7 notes. L'on ne peut pas imaginer de musique plus parfaite, plus cristalline, plus voluptueuse, plus luxuriante... qui s'organisait autour de rythmes, de cycles toujours neufs.

Aux vibrations de la musique, les salles du magnifique palais s'illuminèrent comme pris d'une électricité vertigineuse et diaprée, révélant des décors féériques faits de tentures pourpres, de statues grecques avant l'heure, de colonnes élancées en marbre blanc, de fontaines aux cascades réjouissantes accompagnées d'une verdure sans cesse renaissante.
La musique divine se répercutait à tous les niveaux de ce palais infini qui avait pour voûte la voie lactée.
Les invités du bal divin ondulaient leur corps au rythme de la musique.
Les femmes portaient des robes de velours au décolleté généreux mais leur cavalier arboraient tous la même expression neutre guindée dans un smoking gris.
L'on voyait bien que ce n'était pas les amoureux.

Curieusement dans cette danse divine, on remarquait que les amants des femmes sans doute attirés et retenus par la vision de ces seins tous différents mais ô combien enjôleurs tournaient autour des couples sur des "orbites" bien précises mais à distances fort respectables. Certains couples possédaient ainsi plusieurs satellites amants qui gravitaient sur différentes trajectoires bien sûr, sinon c'est la collision.

La musique des sphères porte bien son nom. Et sans doute "Magnésia" ville grecque aurait fourni un joli nom à ce palais.

Si un scientifique avait voulu répertorier les possibilités d'arrangement selon le nombre d'amants qu'un décolleté pouvait retenir, il aurait pu créer un tableaux de 144 éléments. J'ai oublié de dire que parfois les femmes dansaient entre elles accompagnées de cavaliers gris ou non. Autant dire que les cavaliers gris n'avaient pas un grand rôle sexuel. Et les amants or-bitaient autour de ces magnifiques noyaux de femmes entrelaçées. Pris dans un supplice de tantale éternel.

Peut être pensez vous que je vous parle des planètes, et des étoiles ? en réalité, je vous parle de la structure de la matière, des atomes.... cette analogie entre l'infiniment grand et l'infiniment petit est inspirante, n'est ce pas ? Bref je continue mon histoire....

Heureusement la Pieuvre Divine avait prévu des possibilités de fusion.

La vie, pour des éons et des éons, s'entrelaçait autour de cette musique divine en motifs délicats et infinis. Mais examinez bien la vie et au bout du bout... vous entendrez le Clavier céleste effleuré éternellement par les 2880 doigts de la Pieuvre divine.

Et vous, sachant que votre esprit est en continuelle interaction avec la matière, votre corps, les objets qui l'environnent, quelle partition jouez vous ?

"
 

 

 

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