Q comme quotas de pêche
Quotas de pêche : arme de destruction massive fortement usitée par l’UE dans sa gestion kamikaze de la pêche artisanale de ses États membres.
Il ne se passe pas un mois sans que le scandale des quotas de pêche imposés par Bruxelles ne resurgisse dans l’actualité !
Il faut dire que l’Europe a sacrifié ses pêcheurs dans un mauvais marchandage. En effet, c’est elle qui décide chaque année d’un quota de pêche global par catégorie de poisson, quota fixé en fonction de l’avis d’un comité d’expert (choisi par la Commission elle-même) et en fonction des négociations faites avec les autres pays de pêche non membres de l’Union (essentiellement la Norvège).
Dans le cas du cabillaud, la Commission a si bien défendu les intérêts de l’Europe que la Norvège, et ses 5 millions d’habitants, pêche à elle seule 10 fois plus que toute l’Union Européenne réunie qui regroupe pourtant plus de 400 millions de citoyens. Résultat de la politique européenne censée protéger la ressource marine : les pays européens et en particulier la France se retrouvent à devoir importer massivement du poisson venu de Norvège… poisson qu’ils auraient pu pêcher eux-mêmes.
Concrètement, nous en sommes arrivés à cette situation rocambolesque où la Norvège a obtenu de l’Europe 425 000 tonnes de quotas de pêche pour le seul cabillaud tandis que les pêcheurs français doivent se contenter des miettes, avec seulement 9 000 tonnes. Pire, la Norvège vend son poisson en Europe à prix cassés. A Rungis, le 23 avril 2009, le cabillaud norvégien s’affiche ainsi à 3 € au kilo, contre 8 € pour le cabillaud français.
L’UE interdit ainsi aux pêcheurs européens de vivre de leur travail, dans le but plus moins inavoué de faire mourir la pêche artisanale européenne, tout en autorisant un pays extérieur à piller la ressource halieutique et à pratiquer une concurrence déloyale sur son marché !
Mais la Commission n’est pas seule responsable du malheur des pêcheurs français. En effet, une fois le quota global de pêche arrêté, ce sont les ministres de la pêche des pays membres qui décident de la répartition de ces quotas entre les différents États. Et le ministre français de l’époque, Michel Barnier, avait voté l’accord octroyant à la France seulement 13% des quotas de cabillaud, soit deux fois moins que le Danemark pourtant 10 fois moins peuplé.
« Il fallait râler avant ». C’est par cette phrase pleine de mépris que la porte-parole du Commissaire européen aux affaires maritimes a accueilli la revendication des pêcheurs français d’une augmentation des quotas. Le cri de désespoir d’une profession qui ne veut pas mourir est ramené ici à une simple protestation, équivalente à celle de l’automobiliste qui s’impatienterait derrière un feu rouge. A aucun moment, il ne semble venu à l’esprit de la porte-parole que si les pêcheurs « râlent » c’est parce qu’ils ont le sentiment, à juste titre, d’avoir été abandonnés.
Pour répondre à la colère des pêcheurs, la proximité des élections européennes aidant, le ministre candidat (UMP) Michel Barnier a proposé une aide d’urgence de 4 millions d’euros. Même si cette aide venait à être versée -les pêcheurs attendent toujours le paiement des aides promises l’année dernière - elle ne résoudrait rien.
En effet, ces forçats de la mer ne demandent pas l’aumône et il n’est pas dit, non plus, que la Commission de Bruxelles, constatant une fois de plus ce qu’elle appelle une « aide d’Etat faussant la concurrence », n’en exigerait pas le remboursement intégral ! Les artisans pêcheurs espèrent juste une révision des quotas pour pouvoir vivre dignement de leur travail. Mais, le ministre ne l’entend pas de cette oreille et se refuse à toute renégociation des quotas au motif que le problème ne vient pas de ceux-ci mais du nombre trop élevé de bateaux de pêche (et donc de pêcheurs ?). Michel Barnier n’est donc pas dans une logique de sauvegarde des emplois mais bien dans une logique d’accompagnement de la mort programmée de la pêche artisanale française.
C’est pourquoi il est plus que temps d’en finir avec les études pseudo-scientifiques bruxelloises et ce système de prise de décision communautaire qui permet à une foule de pays qui n’ont pas de façades océaniques de décider pour la France, au détriment de son économie maritime et de l’aménagement de son littoral.
Hélas, qu’on ne compte pas sur l’énergie de notre ministre de l’Agriculture, qui lâche toujours tout à Bruxelles dans l’espoir de se faire bien voir pour redevenir, le moment venu, Commissaire européen…
Debout La République ne se résigne pas à la disparition de la pêche artisanale française et demande à ce que les intérêts de nos pêcheurs soient enfin correctement défendus au sein des institutions de l’UE. En particulier, nous demandons un relèvement des quotas attribués à la France et une renégociation de l’accord avec la Norvège.
Si Bruxelles refuse, il nous semble légitime d’attendre du gouvernement qu’il s’exonère des quotas européens de pêche et qu’il négocie de nouveaux accords !
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