A comme avenir
Avenir : espoir d’amélioration de l’existence individuelle et collective chez l’être humain, mais devenu un gros mot dans le dictionnaire de la bienséance bruxelloise.
Mécano institutionnel, calibre des endives, colloques interminables sur les serpents de mer du « déficit démocratique » et de la « pédagogie européenne », tristes Hymne à la joie joués dans la cour des palais nationaux, photos de famille aux sourires forcés des chefs d’Etats et de gouvernements… Au côté du monceau de mauvaises nouvelles en provenance quotidienne de Bruxelles (et dont cet abécédaire vous offre un panorama), la morne routine de l’Union européenne n’est pas de nature à susciter l’enthousiasme des foules.
Quoi d’étonnant, les choses étant ce qu’elles sont, à ce que l’abstention aux élections européennes soit de plus en plus massive, la cote d’amour des citoyens pour l’UE durablement dans les abysses et les référendums perdus les uns après les autres ? La construction européenne est devenue un motif majeur d’inquiétude et de morosité pour des centaines de millions d’Européens qui y avaient pourtant placé leurs espoirs légitimes.
Ainsi, en moins de vingt ans, la machine à fabriquer un avenir meilleur est devenue une machine infernale programmée pour nous enfermer dans un présent toujours pire, lorsqu’il ne s’agit pas d’un passé qu’on croyait heureusement révolu !
Quel défenseur de l’Europe bruxelloise, dans la classe politique, médiatique, économique ou intellectuelle, songe à imaginer l’avenir radieux de l’UE vers 2050 ? Aucun, car il n’y a guère de vision souriante à faire valoir, tout simplement.
Si l’on devait s’y résoudre néanmoins, pour décrire à nos enfants quel monde nous allons, en toute probabilité, leur livrer à cet horizon, il faudrait alors leur donner de tristes conseils : « Préparez-vous à vivre dans un pays ressemblant à un immense parc d’attraction touristique, parsemé de quelques musées. Préparez-vous à vivre dans une Europe qui sera la Venise du XXIème siècle, un continent placé sous la tutelle des autres, des Etats-Unis pour faire la guerre, de la Chine pour produire et consommer. Faites de bonnes études ! Gardien de gîte rural, animateur de parc d’attraction, soldat de l’OTAN, financier ou fonctionnaire européen pour les plus vernis ou les mieux nés ! Et puis, n’oubliez pas d’épargner massivement tout ce que vous pourrez, histoire de vous payer l’hôpital, de capitaliser pour votre sortie de la vie active… »
Cet « avenir » est celui que nous promettent silencieusement tous les bonimenteurs de l’Union européenne, ceux qui nous gouvernent depuis des bureaux et des comités sans que nous puissions jamais les renvoyer, et leurs complices qui, sollicitant nos suffrages lors des élections, notamment européennes, jurent à chaque fois leurs grands dieux que cette fois, « ça va vraiment changer. »
Mais devons-nous renoncer à l’Avenir pour assurer « leur » petit avenir, à eux qui depuis presque 20 ans nous ont mené de déceptions en déconvenues, de marchandages calamiteux en capitulation en rase campagne face à la prétendue fatalité ?
Pouvons-nous nous contenter, pour nous-mêmes et nos enfants, de cette gigantesque régression morale et historique qui consiste, sans nécessité, à provoquer la ruine de la démocratie, du progrès économique et social, de la diversité culturelle et du bien-être quotidien de centaines de millions de femmes et d’hommes, à qui l’on accorde surtout un droit, celui de se taire ?
Non bien sûr, nous ne le pouvons pas. Nous ne le devons pas. Pour conjurer ce cauchemar éveillé d’une Union européenne nous entraînant toujours plus loin vers le pire, il faut nous souvenir à quoi « l’Europe » nous faisait penser lorsque nous avions confiance en elle : la garantie de la paix assise sur l’entente sincère entre les peuples, une coopération entre les nations européennes pour rendre chacune plus forte, le respect réel de la démocratie (c’est-à-dire de l’expression du suffrage universel), le changement des dirigeants lorsqu’ils mentent ou échouent, l’élévation des conditions de vie pour le plus grand nombre
et non pas leur baisse au profit d’une infime minorité, la sécurité et la liberté de notre continent face à des puissances mondiales qui ne lui veulent pas que du bien, l’action pour l’émergence d’un monde meilleur, où chaque peuple peut accéder à un développement juste et durable.
Toutes ces aspirations légitimes sont aujourd’hui devenues des rêves inaccessibles. Mais ce sont ces rêves qui doivent conduire l’action d’aujourd’hui pour construire à nouveau l’Avenir, le vrai.
Bien sûr, toutes les listes en compétition pour les élections européennes de juin prochain, promettent de « changer l’Europe », en particulier celles qui sont au pouvoir depuis deux décennies et qui sont largement coresponsables de la dénaturation de la belle idée européenne. Peut-on sincèrement leur faire confiance, à tous ces partis du pouvoir, de droite, de gauche et du centre, qui ont méthodiquement signé ou soutenu tous les mauvais traités européens depuis celui de Maastricht en 1992 ? La réponse tombe sous le sens…
C’est pourquoi le rassemblement gaulliste et républicain que j’ai fondé avec celles et ceux qui sont attachés à une « certaine idée de la France », a décidé de présenter des listes pour faire entendre sa voix au Parlement européen. Notre objectif est simple : penser et bâtir l’Europe différemment. L’Europe, bien sûr, qui n’est pas la cause de toutes nos difficultés, loin s’en faut. L’Europe, dont certaines réalisations certes méritent d’être conservées à condition d’être réorientées. Mais l’Europe, dont de trop nombreuses politiques et institutions antidémocratiques coulées dans le marbre de traités tyranniques, qui doit préalablement être réformée -parfois radicalement -pour permettre à la France ayant regagné des marges de manoeuvre suffisantes, de se redresser durablement. Dans quel sens réformer l’Europe, sinon en fonction des principes fondateurs qui furent longtemps les siens et que des dirigeants irresponsables ou négligents ont peu à peu dévoyés.
Dans cet abécédaire Debout la République vous propose de passer en revue les principaux « points durs » de la réforme européenne qui doit, enfin, permettre de nous réapproprier l’Avenir, le nôtre.
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