Guilhen - La lune s'est fait enterrer vivante dans mon jardin - texte intégral

In Libro Veritas

La lune s'est fait enterrer vivante dans mon jardin

Par Guilhen

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Table des matières
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La lune s'est fait enterrer vivante dans mon jardin

J’ai creusé un trou
pour échapper
à cette furie sonore,
bouillie en clé de fa, de sol
et vous pouvez bien
y mettre toutes les
autres notes
si ça vous fait plaisir
et même en inventer
de nouvelles, plus fines,
plus crochues et même
plus flageolets.

Je me suis accroupi,
j'avais plus fait ça depuis
des années plus longues que
tous les siècles
d'un monde cannibale.
J'ai repensé à ce gamin
qui va à confesse,
comme d'autres s'éclatent
la panse. Moi j'ai juste
dégoupillé pendant
des heures blanches, noires,
peut-être d'autres couleurs.
Avec le goût d'un jaune d'oeuf
qui aurait viré à l'incolore,
translucide, glaire fraîche et futile.
C'est dans cette glaise
conglomérat marron
fin du monde, là
j'ai enterré mes illusions
de bout du chemin,
ligne jaune continue malgré
les barrières et les traces de freins.
Des morceaux d'autoroute,
goudron garanti pur jus,
façon route 66 qui fait
99 chemins à l'envers. Juste
à côté des os enterrés
vestiges humains, canins
et davantage si affinités.

J'avais un chien,
espèce de bull terrier, il a
cassé sa pipe un 4 juillet
sous la calendre d'une
Ford Torino bleu nuit.
Maintenant il est
sous mes pieds et
il occupe sa mort
à pisser dans mon jardin.
Mais les fleurs c'est
périssable et même après,
plus rien, après le monde,
à la lisière des étoiles. Je me
demande si là, le silence
l'emporte ou s'il y a
encore
tout ce chaos
plein de bruit,
comme une absence
de refuge,
d'abri, de terrier,
de niche.
Juste attendre de
trouver le bon endroit
y planter sa pioche et
sa pelle,
étincelles sans médaille,
creuses et noires,
dures au mal.
En rêvant d'un quartier
de lune
rien qu'à soi.