Jeanne Dao -- poème
P*TES D’ESQUISSEhttp://www.inlibroveritas.net/auteur6480.html
Le temps est devenu si pesant que je me perds dans divers tourments. Que faire lorsque les lames submergent et se donnent à la pesanteur ? Au fur et à mesure qu’elles déroulent leur tapis transparent sur mes joues je sens bien que le présent n’est que furtif que j’en oublie de vivre tout simplement. Qu’il est loin le temps où je m’allongeais dans l’herbe, attendant les rêveries d’un avenir meilleur. Ça me serre le cœur. Y penser, s’y attarder m’oppresse jusqu’au point de ne plus savoir quoi faire à part abandonner au lieu d’affronter la misère.
Comme une horde de martyrs vivants que je crée au fil du temps, je reste statique attendant une invisible corde afin qu’elle me rende la liberté que j’ai perdu.
Nue
Je me dénude
Selon la saison
Me revêt du masque de l’emprisonnée
Qui ne cesse de crier
Pour retrouver sa liberté
Les clichés, les rimes entremêlées
Me font vomir
Je sens mes entrailles se déchirer
Mes yeux sont ouverts
Et le monde assiste à ma chute
Telle une sale pute
Je rêve de disparaître en replongeant dans l’innocence de mes jeunes années.
Qu’en est-il resté ? Envolées. Je ne suis plus inspirée et me tais. Je demeure dans le silence et je ne souhaite plus me réveiller pour éviter d’affronter les souffrances. Les ombres de mon passé m’anéantissent lorsque je creuse. Je voudrais tant qu’on m’enterre auprès des vers. Je m’aime j’aime je me résigne j’ai dû faire des erreurs mais je me tais laissant ainsi gangréner ma vitalité. J’ai appris mais le passé me rattrape et me frappe. Que faire, oh mon amie, lorsque je demeure dans le silence et que je me laisse peu à peu mourir ?
Toi, qui ne m’a pas assez connue, je ne te dis rien. Par pudeur. Je me souviens d’un temps lointain où l’amour était au beau fixe. Je ne regrette rien, oh non rien. Il est des choses qui ne changeront jamais, que je n’ai pas faites. La vision d’un futur m’est offerte parsemé de pierres, de boutons de fleurs qui ne demandent qu’à éclore. L’hiver passe dans ma vie et je me tais. Je me berce dans un présent, protégée de tous vents mais subsistent malgré tout des grains de sable qui me tirent des larmes de je ne sais où. Elle est là, elle est en moi désormais cette vie qui pousse en moi.
Pensive, je me surprends à me demander pourquoi des êtres peuvent se rapprocher si profondément et se détacher aussitôt comme si rien n’avait existé. Je siège auprès de ces personnes dont le cœur est gonflé d’un sentiment inexplicable.
Je dois être une de ces sentimentales dont chaque homme croisé se fiche royalement lorsqu’ils ont fait le tour de mon univers. Je ne me laisse pas abattre par de mauvaises de pensées au contraire, je fais avec même s’il restera toujours quelque chose à la fin.
Rassurez-vous, messieurs, je n’ai rien contre vous car je profite bien de vous. Non ? Car je suis à moitié putain. Dommage pour certains.
http://www.inlibroveritas.net/auteur6480.html
Chapitre suivant : Edo Schweiz -- poème