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Manque de (re)père et névrose obsessionnelle religieuse

- Par Jean-Baptiste Messier
Dans sa collection : Le logis de Psyché
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- Date de publication sur In Libro Veritas : 11 mars 2009 à 10h42
- Dernière modification : 22 avril 2011 à 8h10
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La thématique du père absent est particulièrement présente dans nos sociétés que ce soit psychologiquement ou physiquement avec le développement des familles monoparentales en particulier, où, la plupart du temps, la garde des enfants est assurée par la mère.
En admettant que le complexe paternel soit fort, que le complexe d'Oedipe n'ait pas été vaincu à cause d'une menace de castration qui n'a pas joué entièrement son rôle, Dieu en tant que figure paternelle correspond à une représentation sur laquelle l'affect, la libido peut se déplacer.
De plus elle a l'avantage dans son « éternelle absence » d'être en fait toujours présente.
Freud qualifiait la religion de « névrose universelle ». Mon propos est plus d'indiquer que certaines personnes du fait d'un certain vécu peuvent vivre la religion comme une névrose obsessionnelle (pensées obsédantes de type religieux, rites conjuratoires comme la pénitence).
Qu'il y aurait une dynamique psychique entre le fait d'être en manque de père et le besoin de Père.
De ce point de vue, Kierkegaard dont on découvre l'intériorité peut être considéré comme une illustration.
Mots clés : orphelin de père, complexe paternel, angoisse, névrose obsessionnelle, représentation de Dieu, Kierkegaard.
Sommaire :
1. Titre et résumé 1
2. 2. Père, pourquoi m'as tu abandonné ? 3
3. 3. Perte du père et névrose obessionnelle de type religieux 5
4. Dieu, figure paternelle, religion, névrose universelle ? 8
5. L'énoncé des hypothèses 17
6. Conclusion : Bouddha est il une figure paternelle ? 19
7. Bibliographie 20
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1279 lectures |
20 pages
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Complexe...
... complexe même sans Oedipe ! pas suffisamment aguerrie en la matière, cette fouille psycho-philosophique me questionne tant le sujet semble à la fois personnalisable à chacun et universel. peut-être un peu déroutée par la construction et la succession d'hypothèses/témoignages mis bout à bout, j'ai certainement occulté quelques idées maîtresses, du moins que j'aurai voulu voir développées plus avant... mais chapeau bas pour t'être attaqué à la question Perceval !
Tu as ....
tout à fait saisi le principe de la psychologie clinique, ce qui est personnel devient universel... je suis content si cela a pu nourrir tes réflexions
N'étant pas jungienne,...
N'étant pas jungienne, mais lacanienne, certaines nuances peuvent m'avoir échappé, mais j'émettrai cependant trois critiques.
La première sur un détail conceptuel - à moins que j'aie mal compris: attention à ne pas confondre l'affect et la libido, l'affect, en psychanalyse, se résumant en dernière réduction à l'angoisse, et étant une réaction au désaide fondamental et originel du nouveau-né, lorsque l'objet se constitue parce que perdu, et qui refait surface à l'occasion de l'apparition, sous le mode du manque, de cet objet. Effectivement, culpabilité et angoisse sont liés - c'est le sentiment inconscient de culpabilité à propos du meurtre (symbolique) du père, en tant que rival de l'enfant auprès de la mère, qui ramène le sujet à son angoisse, d'une part parce l'œdipe en lui même fait réminiscence de la perte/constitution de l'objet, mais aussi parce que l'enfant aime ce père. Cette angoisse, dans la névrose, est donc structurante - pour faire bref. La libido, ce n'est pas l'affect, car le seul affect, c'est l'angoisse - qui se traduit en divers sentiments, d'après les représentations auxquelles il se lie/délie (c'est parce qu'il est délié de la représentation, dans la névrose d'angoisse, notamment, que cet affect apparaît sans objet). La libido, c'est l'énergie sexuelle. Elle se transforme effectivement en angoisse sous l'effet du refoulement (voir le cas du petit Hans, Freud), mais ne se confond pas avec.
Deuxièmement, la psychanalyse est athée, parce qu'elle est une science. Je pense qu'on ne peut pas y revenir, et c'est même la raison d'être des sciences humaines dont elle fait partie, que cette particularité que lesdites sciences affichent: ce n'est pas Dieu qui a créé l'homme, mais c'est l'homme qui a créé Dieu. En psychanalyse, comme dans toutes les autres sciences, ceci est tout à fait fondamental: l'on ne peut pas, en matière de sciences, s'enticher de Dieu, à moins de verser dans la théologie - ce qui ne veut pas dire que l'on doit être athée pour être scientifique, Teilhard de Chardin en est un excellent exemple, mais il ne faut pas tout mélanger.
En troisième et dernier lieu, quant à savoir si la question de Dieu recouvre celle du père, je n'en mettrais pas ma main au feu. Pour Lacan, par exemple, Dieu, ce n'est pas le Père, c'est La femme, qui n'existe pas - il n'y a pas La femme, mais des femmes (je schématise à outrance, il faut des pages pour l'expliquer). Cela est très manifeste en effet dans certains cas d'hystérie (c.f. l'autobiographie de Mary Barnes dont vous devez sans doute avoir entendu parler), où Dieu, ce n'est pas le père, mais la mère idéale, voire la femme - d'ailleurs ne dit-on pas: "ce que femme veut, Dieu le veut"? Mary Barnes, sujet très gravement hystérique (et non schizophrène, malgré ce qu'elle croyait elle-même), traitant d'indigne sa mère qui ne veut - et ne peut - lui vouer un amour inconditionnel, se tourne vers la figure de Dieu pour s'en faire une mère idéale, un objet d'amour en apparence hétérosexuel - elle l'écrit noir sur blanc - mais, au fond, homosexuel, en raison d'une certaine carence, d'ailleurs du père - ce qui est un schéma structural fort courant chez les grandes hystériques, cette structuration homosexuelle du désir (ce qui ne préjuge en aucune manière du choix des partenaires sexuels, car nous parlons bien évidemment ici de l'inconscient), cf le cas Dora, toujours chez ce même bon vieux Freud.
Voilà. Ce travail mériterait d'être développé, cependant, car la problématique est intéressante.
très interessant
sur le premier point, affect et libido, je n'y reviens pas.
sur le deuxième point, la science est athée. on peut voir l'expérience religieuse comme une expérience psychologique et alors cela rentre dans le champ de la psychologie, il me semble que c'est l'approche de Jung. quant à moi dans ce devoir, j'essaie d'éviter le "problème". Quoiqu'il en soit il est intéressant de voir comment des back grounds religieux ou culturels peuvent influer sur la théorisation d'éminents docteurs comme M. Freud ou Jung. Je pense qu'il y aurait un intéressant débat à mener là dessus : la science doit elle se nourrir d'un a priori athée ?
Quant à voir dans le Dieu des religions monothéistes la Femme.... ça me paraît difficile du moins du point de vue des représentations populaires mais c'est intéressant !
merci pour ce long commentaire !
Je n'ai pas encore pri...
Je n'ai pas encore pris le temps de tout lire à tête reposée, mais je vous découvre avec plaisir dans ce texte beaucoup plus accessible que dans celui sur la résilience (que je n'ai pas aimé).
Je vous suis complètement dans cette analyse (peut être me concerne-t-elle plus).
Passant pas mal de temps dans les arts martiaux, j'ai souris en pensant à cette recherche éperdue d'un Maître et d'une Voie !
Les arts martiaux....
oui effectivement, moi même je pratique le karate et le tai chi... et la recherche du maître peut s'apparenter à la recherche d'une figure paternelle. Je trouve que c'est bien de devenir conscient de certaines motivations pour démystifier cette motivation et la rendre plus saine peut être ?
peut être qu'on se croisera sur les tatamis ;-)