Chapitre 4
Une fois chez lui, Robert s’était couché dans son lit, cherchant l’abri de ses couvertures et avait fermé les yeux. Trop de choses étranges lui étaient arrivés durant ces 24 dernières heures. Avaient-elles un rapport entre elles ? Robert n’en voyait guère. Dans un cas, c’était sa mémoire à lui qui avait flanché, mais dans l’autre cas, c’était celle de Marc. Ce dernier lui avait parlé du dossier, ça il en était certain. Par contre, plus il y pensait, plus la certitude le désertait. Était-ce une autre manifestation de sa mémoire ? Devait-il aller consulter un médecin ? Peut-être…Il fut interrompu dans ses réflexions par un bruit venant du rez-de-chaussée. Il regarda l’heure : 20 :13. Ça faisait plus de huit heures qu’il était allongé ainsi, plongé dans sa conscience et, pourtant, il n’avait pas l’impression d’y être resté aussi longtemps. Un autre tour de sa mémoire ? Il devra y penser plus tard, car des bruits de pas montait de l’escalier.
Robert, sans perdre un instant et le plus silencieusement possible se précipita vers une lampe de chevet, la débrancha et alla se réfugier sur le bord de la porte, du côté des charnières. La porte s’ouvrant vers l’intérieur de la chambre, il serait en position de voir l’étranger avant de se faire voir. Les pas s’étaient arrêtés devant sa chambre. Robert vit la poignée tourner et raffermit sa prise sur son arme improvisée. La porte s’entrouvrit, puis s’ouvrit au moment où une goutte de sueur s’aventurait sur sa tempe. Son cœur battait à tout rompre. Il vit la silhouette pénétrer dans la chambre assombrie par le manque de lumière. Robert leva la lampe au-dessus de sa tête, puis au moment de l’abattre sur l’individu, ce dernier tourna la tête dans sa direction et son cœur arrêta de battre. Ces yeux…Ce visage qu’il arrivait à distinguer malgré la pénombre. « Sarah ! s’écria Robert en se jetant dans ses bras. » Elle était revenue et maintenant il ne laisserait rien l'éloigner de lui.
-- Robert ? ! demanda Sarah, surprise devant autant de joie. Ça va ?
-- Oui, murmura-t-il, maintenant tout va bien.
Les mains de Sarah étaient hésitantes sur le corps de Robert et finirent par le repousser docilement. Robert la regarda et vit dans son visage qu’il avait tort ; elle ne resterait pas auprès de lui, il la perdrait une fois de plus. « Écoute Robert, reprit-elle comme s’il était un petit enfant. Ta façon d’agir en ce moment ne me facilite pas la tâche, mais ça ne change rien à ce que je suis venue te dire. »
Robert hésita. Était-elle venu ouvrir la plaie encore fraîche qu’elle avait ouverte avant-hier ? « Je crois qu’il est temps pour nous de nous quitter, reprit-elle. » Robert avait l’impression de revire un cauchemar. « Définitivement ! » Robert sentit la colère monter en lui. Non seulement était-elle venue ouvrir la plaie, mais elle lui rejouait la même pièce que 2 jours plus tôt. « Ne me dit pas que tu n’as pas remarqué que…continua Sarah. »
-- Que notre relation a changé, coupa Robert satisfait de la réaction que sa remarque produisait sur Sarah. Il avait de la difficulté à contenir sa colère. « Tu m’as déjà dit tout cela, si tu n’as rien de neuf à rajouter, alors vas-t’en ! »
-- Comment ça je te l’ai déjà dit ? demanda Sarah avec de l’incompréhension sur le visage. Comment ais-je pu te le dire quand je viens tout juste de le décider après mûres réflexions ?
-- Oh non ! pas une autre ! s’exclama Robert en se prenant la tête dans les mains. Qu’est-ce que vous avez tous aujourd’hui à tout oublier ?
-- Je ne comprends pas Robert, tu as l’air…bizarre.
-- Tu ne crois pas si bien dire, lança-t-il ironiquement. Sors d’ici Sarah, on n'a plus rien à se dire.
-- Mais…
-- Sors ! ajouta-t-il sur un ton ne laissant aucune place à la discussion.
Il vit Sarah se mettre à courir en pleurant, dévaler les escaliers et sortir de la maison en même temps qu’elle sortait de sa vie, une seconde fois. « Que se passe-t-il, nom de Dieu ! pensa Robert. C’est comme si…Oh non ! Ça ne se peut pas ! » Robert venait d’avoir une terrible idée et, même s’il n’y croyait pas vraiment, son intuition lui disait de la vérifier.
Il descendit l'escalier et se dirigea vers la cuisine où il trouva le journal du matin qu’il n’avait pas eu le temps de lire. Il le regarda et fut horrifié de ce qu’il vit. « Ce n'est pas vrai, je ne peux pas le croire. C’est impossible. » Il prit le téléphone et composa le numéro de Marc en espérant qu’il lui infirmerait tout ce qu’il savait maintenant. Après deux coups, Marc Répondit : « Allô ! »
-- Marc ? c’est Robert.
-- Hé ! Robert, je…
-- Je n'ai pas le temps de te parler. Je veux juste que tu
répondes à ma question. Quelle date sommes-nous ?
-- Quoi ? Mais c’est stupide comme question.
Robert attendit la réponse, redoutant le pire. Son cœur battait la chamade et ses mains étaient devenues toute moites. Il ne sentit plus aucune force dans ses jambes lorsqu’il entendit la réponse de Marc. Celle-ci résonnait encore dans sa tête lorsqu’il s’évanouit, le téléphone à la main : « Nous somme le 11 octobre ! »
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