Chapitre 3
Robert s’assit à son bureau voulant reprendre là où il avait laissé hier. Il chercha parmi ses dossiers celui sur lequel il travaillait depuis hier, mais il ne le trouva nulle part. « Où est ce fichu dossier ? , se demanda-t-il. Je suis certain de l’avoir laissé à sa place hier. Quelqu’un aurait-il fouillé dans mes dossiers ? » Il sortit de son bureau et alla voir sa secrétaire. « Êtes-vous allée dans mon bureau, hier, après mon départ ? »-- Non, répondit la petite brunette aux yeux verts.
-- Quelqu’un y est-il entré ?
-- Pas à ma connaissance, monsieur.
Elle affichait un regard de sincérité et Robert décida qu’elle n’était au courant de rien. Il se dirigea en direction du bureau de Marc et, après avoir obtenu la permission de la secrétaire, il franchit la porte du bureau. Son patron immédiat l’accueillit chaleureusement comme à l’habitude. « Comment ça va vieille branche ? Qu’est-ce qui t’amène ? »
-- Je ne trouve plus le dossier Manson. Je l’avais replacé à sa place hier, mais il n’y est plus.
-- Peut-être l’as-tu amené chez toi ?
-- Non, bien sûr que non. Tu m’as bien vu partir sans dossier hier ?
Marc le regarda d’un air étrange, interrogateur. « Je vais t’en faire une copie, annonça-t-il, avec le sourire. Robert l’aimait bien, car il était joyeux la plupart du temps.
-- D’accord, je te remercie, reprit Robert. Tu me le remettras en même temps que le gros dossier sur lequel tu travailles.
Le sourire sur le visage de Marc s’estompa rapidement et ses yeux lancèrent, pendant une fraction de seconde, des couteaux. Il se leva tranquillement, se dirigea vers la porte et la ferma. Robert avait gardé le silence, car il sentait que quelque chose n’allait pas. Marc se retourna, le visage toujours sévère et alla s’asseoir. Il regarda Robert droit dans les yeux, toujours silencieux, comme pour déterrer quelque chose d’enfoui profondément dans son esprit. Robert sentit la tension monter dans la petite pièce. Finalement, Marc rompit le silence : «Assieds-toi ! » Il n’y avait aucun amusement sur son visage, ni dans sa voix. « Comment es-tu au courant que je travaille sur un gros dossier ? »
Le soulagement se propagea en Robert. « Ce n’est que ça, pensa-t-il, ce gros bêta avait tout simplement oublié qu’il m’en avait parlé hier. »
-- Non, répondit Marc après que Robert lui eut fait part de ses pensées, c’est impossible que je puisse t’en avoir parlé. On m’a averti seulement hier soir et je ne devais en parler à personne. Si jamais je le faisais avant que tout soit officiel, je me ferais virer. Étant donné qu’on ne s’est pas parlé hier soir, je dois en conclure que tu as été mis au parfum d’une autre façon.
-- Mais voyons Marc, protesta Robert confus, tu m’as parlé hier, juste avant que…
-- Cesse de répéter cela Robert ! Je ne te l’ai pas dit un point c’est tout ! Que sais-tu sur ce dossier ?
-- Rien, je te le jure, mais…
-- D’accord, alors écoute-moi. Je suis près à passer l’éponge sur cette affaire, car je te connais bien, enfin je le crois, et que je te considère comme un ami. Par contre, si un des grands boss vient à l’apprendre, tu seras accusé d’espionnage et tu finiras tes jours devant un tribunal à payer des honoraires d’avocats. Alors, ne parle de ton histoire à personne, d’accord ? Personne ! Pas même à moi. Puis fais gaffe, si jamais j’apprends que tu m’as menti, je te dénonce.
Robert voulu protester, se défendre une fois de plus, mais
Marc ne le croirait pas et ça aggraverait son cas. Il décida alors de garder le silence. Tout ça le dépassait. Les mots espionnage, avocats, accusé et tribunal se bousculaient dans sa tête. Devant le regard sévère et insistant de Marc, Robert sortit du bureau, la tête basse. Il ne s’arrêta même pas à son bureau, il sortit et retourna chez lui.
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