In Libro Veritas

Compte à rebours

Par francois lambert

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Table des matières
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Chapitre 2

Robert ne pouvait expliquer l’étrange sensation qu’il éprouvait ; le froid, la peur et l’anxiété se mêlaient à une sorte de liberté, de bien-être et de légèreté. Il regarda autour de lui essayant de repérer un point lumineux dans les ténèbres envahissant, mais en vain. Il se sentait flotter dans cet étrange vide, dérivant sans possibilité de se guider. Même s’il avait pu, où se serait-il dirigé ? Aucun vent, aucune odeur, aucune sensation tactile. Il se trouvait dans un vide total. Il regarda toutes les parties de son corps pour s’assurer qu’il était entier ; il l’était.

Que lui était-il arrivé ? La dernière chose dont il se souvenait était cet incroyable miroir du marché. Il y avait touché, puis tout avait disparu en un instant. Il sentait la peur et la confusion le gagner peu à peu. Il n’avait jamais aimé être confronté à des situations étranges où il ne comprenait rien. Il avait toujours pris soin des les éviter du mieux qu’il le pouvait, mais cette fois, il ne pouvait rien changer. Peut-être n’était-ce qu’un rêve ? Si c’était le cas, il n’avait qu’à attendre de se réveiller et tout serait fini.

Toujours plongé dans ses pensées, il sentit un courant de chaleur lui parcourir le corps. Ce courant venait de sa gauche. Il fit de son mieux pour se tourner vers cette source de chaleur et c’est là qu’il la vit.Elle semblait si loin de lui, mais elle semblait fixe. Elle le regardait et le réchauffait. Jamais il n’avait été aussi heureux de voir de la lumière.
Il avait l’impression d’être attiré vers elle et loin de lui l’idée de s’en plaindre. Pourtant, il n’arrivait pas à bouger, ni à avancer pour la rejoindre. Il ne pouvait que la regarder, inaccessible. Puis tout se précipité. Il sentit une force le tirer vers l’avant, vers la lumière qui grandissait à vue d’œil. Le vide s’était déformé pour l’entourer comme le ferait un tube et celui-ci rejoignait la lumière. Plus il s’approchait, plus il avait l’impression qu’il comprendrait tout ce qui lui arrivait de l’autre côté de cette lumière. Il attendait avec cette appréhension jusqu'à ce qu’il atteigne enfin la lumière, et la traversa.

* * *


Robert su qu’il était réveillé, mais il gardait les yeux fermés comme pour ancrer son drôle de rêve dans sa mémoire ; peine perdue, car plusieurs bribes lui échappaient déjà. Il se souvenait d’une lumière chaleureuse, du vide et d’un sentiment général de bien-être. Il aurait voulu rattraper ce rêve, le maintenir et s’y replonger, mais comme c’est si souvent le cas avec les rêves, ils s’échappent avec les premières lueurs de l’aube.

Un sentiment bizarre tout-à-coup lui parcourut l’échine. Quelque chose n’allait pas avec tout ceci. Gardant toujours les yeux clos, il tâta autour de lui : il reconnaissait son lit, sa table de chevet et tout semblait normal. Pourtant, le sentiment étrange ne voulait pas le quitter. Il se rappela sa journée précédente, le congé, le marché, le miroir…puis il comprit ce qui n’allait pas. Il n’aurait pas dû se trouver ici, dans sa chambre, en ce moment. Il aurait dû se trouver inconscient, au marché ou à l’hôpital, mais il était bel et bien chez lui. Il se rappelait avoir perdu connaissance, mais ce qui c’était passé entre ce moment et son réveil lui échappait. Comment s’était-il retrouvé à la maison ?

Il ouvrit les yeux pour mieux s’accrocher au monde réel. Son rêve lui semblait déjà tellement loin alors que de multiples interrogations l’assaillaient. Il avait déjà entendu parler de ces amnésies ponctuelles qui servent à refouler quelque chose qu’on ne voulait pas affronter. Si c’était ce qui lui arrivait, que s’était-il passé pour qu’il ait cette perte de mémoire ? Robert regarda l’heure et se rendit compte qu’il était en retard pour le travail. C’était alarmant pour lui, d’un naturel ponctuel, d’autant plus qu’il devait s’attaquer au gros dossier dont Marc lui avait parlé la veille. Reléguant ses questions pour plus tard en se promettant d’y réfléchir plus à fond le soir venu. Il s’habilla et se rendit à son travail.

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