In Libro Veritas

Compte à rebours

Par francois lambert

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Table des matières
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Chapitre 1

Les murmures incessants des employés de la compagnie emplissaient tout le cinquième étage de l’immeuble qu’elle occupait. L’activité sur ce cinquième étage avait débutée avec le levé du soleil et ne se terminerait que bien après l’avoir vu disparaître à l’horizon faisant suite au cycle sans fin qui avait été établi au commencement de l’univers.

C’est cette fin de journée sombre et pluvieuse qu’attendait, en ce matin de 12 octobre 1999, Robert, assis à son poste comme à tous les matins depuis bientôt 7 ans. Il avait toujours apprécié son travail, ses collègues et même ses patrons, mais en ce jour sombre, il ne réussissait pas à garder son esprit prisonnier de son corps. La tête posée sur sa main, il regardait sa propre image reflétée par son écran d’ordinateur. Ça faisait un bon moment déjà qu’il était plongé dans ses pensées, pensées qui voguaient loin de ce matin gris. Il ne cessait de se remémorer la soirée précédente où on lui avait arraché le cœur.

« Je crois qu’il est temps pour nous de nous quitter », avait dit Sarah, sa petite amie depuis 7 ans. « Définitivement », avait-elle rajouté après un moment de silence, plongeant encore plus profondément le poignard qu’elle venait de lui enfoncé dans le cœur.

-- Pourquoi ? fut la seule question qu’il fut capable de prononcer alors que d'autres se bousculaient dans sa tête.
-- Pourquoi ? avait-elle répété machinalement avec un air d’exaspération. Tu sais très bien pourquoi. Ne viens pas me dire que tu n’as pas remarqué que notre relation a changé. Tu ne fais plus autant attention à moi. Ton travail te préoccupe de plus en plus. Surtout, nous nous ennuyons ensemble. Nous nous parlons presque plus le soir. Essaie de te rappeler la dernière fois où nous avons ri ensemble. Ce n’est plus comme avant et tu les sais très bien.

Elle avait prononcé ces paroles en un seul souffle. Toutes ces réalités qui le frappaient en ce moment, il avait essayé de les ignorer, mais voilà qu’il devait les affronter maintenant. Même s’il pouvait avouer que ce qu’elle disait était la triste vérité, il y avait une chose indéniable qu’il éprouvait et c’est qu’il l’aimait.

« Quelques fois, Robert, l’amour n’est pas suffisant, lui avait-elle répondu lui enfonçant un autre couteau dans la poitrine.

-- Je peux changer, je te le promets, avait-il supplié en dernier recours, car il sentait la fin proche.

-- Non, je ne veux pas te changer, car tu pourrais me le reprocher pour le restant de ta vie. C’est mieux si nos chemins se séparent.

Sur ces mots, elle avait franchi la porte avec ses bagages le laissant seul, complètement anéanti et il avait fait ce que jamais en tant qu’homme il aurait penser faire, il avait pleuré.

Les événements se bousculaient encore dans sa tête en ce matin et il n’avait pas la tête à l’ouvrage. Complètement absorbé dans sa tristesse, il ne vit pas Marc, son patron et ami, s’approcher de lui. « Par tous les Dieux, Robert, qu’est-ce qui se passe avec toi ? Tu as un air de zombie. »

-- C’est Sarah, fit Robert en se retournant, essayant de cacher sa peine en simulant un visage normal. Elle m’a laissé hier soir, pour toujours. Je n’arrive pas encore à le croire. Je l’aimais tellement, mais voilà qu’elle me raconte que l’amour n’est pas suffisant.

Le silence s’établit entre les deux hommes. C’était la façon des hommes de compatir avec la douleur des autres et Robert le comprenait très bien et lui en était reconnaissant. « Écoute, reprit Marc d’un air se voulant réconfortant, je vais te donner une journée de congé pour t’en remettre. Je travail, en secret, sur un gros contrat qui pourrait nous rapporter gros. Je te veux frais et dispos pour y travailler. Tu es le premier, hormis mes patrons à être au courant, alors pas un mot là-dessus, d’accord ? »

-- Merci, répondit Robert avec soulagement, je crois que j’ai véritablement besoin de repos. Sur ce, Robert prit ses affaires et quitta le bureau, essayant d’avoir l’air le moins triste possible devant ses collègues.

* * *


Comme à chaque fois qu’il était plongé dans des réflexions existentielles, Robert alla au grand marché intérieur. Ce marché était un endroit formidable où se trouvaient plusieurs marchands vendant des objets très variés. Robert aimait la senteur de cet endroit. Il ne savait pas pourquoi, mais elle l’aidait à mieux réfléchir. Il passait de marchand en marchand admirant les multiples objets, le plus souvent hétéroclites.

C’est ainsi qu’il se trouva debout face à un grand miroir rectangulaire ayant pour cadre un certain motif bizarre en or. Du vrai or ? Robert en doutait. Ce qui le fascinait le plus dans ce miroir, c’était l’image qu’il renvoyait. Elle n’avait rien de particulière, sauf que Robert pouvait voir ce qu’il était devenu, voir ce que la peine et tout le stress avaient fait à son visage. Il le trouvait méconnaissable. Il eut même pitié de l’homme qu’il voyait dans le miroir.

Il eut un serrement au cœur qui se fit de plus en plus fort. Il s’approcha du miroir, sentant une certaine attirance, comme si le miroir lui ordonnait de s’avancer vers lui. Plus il avançait, plus il se sentait attiré, mais en même temps, plus il était horrifié de l’image que le miroir renvoyait.

Robert, tendit la main, le serrement au cœur se fit tellement oppressant qu’il aurait voulu crier à l’aide. Il toucha finalement la glace du miroir. Il ne se produisit rien au début, mais quelques instants plus tard, les images devant ses yeux devinrent flous pour finir par disparaître dans un nuage blanc. Il sentit son équilibre lui échapper et entra en contact avec le sol. Avant de sombrer dans le vide, il se remémora les paroles de Sarah : « Quelques fois, l’amour ne suffit pas… » Il ne comprenait pas.

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