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Poèmes

- Catégorie : Poésie
- Par Arthur Rimbaud
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 11 juillet 2005 à 8h54
- Recueil de poèmes.
- L'auteur
- Pas de vente papier
- 8 commentaires
9.67/10 (3 votes)
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11203 lectures |
127 pages
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Rimbaud ange aux airs de démon ...
Si Rimbaud reste pour moi le nec plus ultra en matière de poèsie, "les étrennes des orphelins" est le meilleur texte de l'auteur! Une petite larme? Eh oui!
"Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai."
Qui dit mieux ?
Qui se souvient que ce poème a été gueulé dans une taverne, les deux pieds sur une table, crachée par un jeune poète campagnard qui méprisait son public de poètes patentés ?
Qui se souvient de sa correspondance indirecte avec Victor Hugo et de son influence sur le continent Nord-Américain dans les paroles de Jim Morrison et des portes de la perception ?
Qui se souvient de "Wild child / full of grace / savior of the human race" ?
Qui se souvient de l'endroit où est mort Jimmy ?
Qui se scandalise encore aujourd'hui de voir des zombies nouvel âge allez faire un pélerinage sur sa tombe au père lachaise (clin d'oeil aux Assis ?) pour faire peur aux bourgeois ?
Qui se souvient que ce poème est le résultat sténographié de Verlaine dans une putain de taverne et que le petit malade de Rimbaud écrivait dans les lignes de la main de son bi-sexuel de poète amical avec un couteau trempé dans l'absynthe ?
Si tu t'en souviens, ne viens pas de plaindre si c'est parfois difficile de prendre la critique et si, très souvent, tu ne comprends rien de ce que bien des gens écrivent ici.
Mais lis bien. Relis bien. Même quand tu me rends une visite... parce que j'ai bien lu Rimbaud moi aussi... et que j'ai aimé son poème sur la démocratie ! lol
mais alors je note le commentaire ci-dessus,
25/10 pour syhemalik...
J'adhère à 1000000000000000000.../100 !
Il y a quelques mois, une jeune femme qui avait lu Flaubert avait lu aussi Rimbaud. Alors je l'ai rencontré. J'ai pris une claque et c'est pourquoi je suis ici.
Tout a commencé comme ça, par ce premier écrit :
Avec Rimbaud
Une nuit que je vais déboire à mon auberge,
Je prends, en compagnie, les pages du Voyant.
Que de sa langue impie et de l’alcool émerge
Un prompt dérèglement de mes sens ! En avant !
Enluminons le vide amusant de ce ventre
Craquelant sous le poids d’un trop humain désir.
Zutons ensemble, fiers qu’en ma voix se concentre
Le cynisme glacé des âpres souvenirs.
De ces bulles de bière, acrostichons ces princes
Hideux. J’en connais un bouffonnant et benêt.
Composons-lui un beau sonnet, à quatre pinces.
Tu diras les quatrains, je dirai les tercets.
Moi aussi mon ami, je pisse sur ces dingues
Porte-flingues d’autel : Bonne-sœurs, curetons.
Levons mon verre à tous ces cons que tu dézingues
A charges arrondies. Mon bel ami, buvons !
Mais au lieu de trinquer, tu scandes monologues:
Sauvage mexicaine et carillons aussi,
En la rue orgiaque, un ego un peu rogue,
A qui veut bien le jouir au ventre de Paris.
D’une exquise menteuse (et classique pimbêche)
J’aimerais te conter, comment à ses genoux
Je fus nu et crasseux. Mais face à toi je pêche !
Débite ton refrain, commence mon courroux !
Par exemple le A, je le voyais bien jaune,
Caracolant en tête et le cou serti d’or.
Tu ne veux pas débattre en face d’un béjaune ?
Je m’en vais, contre toi, dérégler ça dehors !
Dehors, l’air est limpide en nos nez faméliques.
Allons donc de ce pas les emplir de poisons
Assassins. Fi du diable ! Ô déesses antiques,
Caressez de vos seins nos fumeux horizons.
Et nous dormirons nus devant la préfecture.
Et nos dos engourdis par la fièvre des mots
Ne souffriront jamais des futiles gelures
Que crachent curetons, pimbêches et idiots.
Ô Rimbaud, Marabou de mes sens, « tu » n’est autre
Que papier noirci. Reviens donc en ces temps
Où l’ennui me dévore à plein feu, que soit nôtre
La nuit que nous boirons de l’automne au printemps.
JBM
Depuis, j'en ai trouvé des Rimbauds. Ils n'ont pas son génie mais ont la flamme tout autant.
Merci.
------------------------
Ce recueil ne me semble pas chronologique, c'est bien dommage. Ma préférée : "l'orgie parisienne ou Paris se repeuple"
A quand "une saison en enfer" et surtout "les illuminations". Je vous livre un court passage de ce dernier que je relis régulièrement :
"Cette idole, yeux noirs et crin jaune, sans parents ni cour, plus noble que la fable, mexicaine et flamande ; son domaine, azur et verdure insolents, court sur des plages nommées, par des vagues sans vaisseaux, de noms férocement grecs, slaves, celtiques.
À la lisière de la forêt - les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent, - la fille à lèvre d'orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés, nudité qu'ombrent, traversent et habillent les arcs-en-ciel, la flore, la mer.
Dames qui tournoient sur les terrasses voisines de la mer ; enfantes et géantes, superbes, noires dans la mousse vert-de-gris, bijoux debout sur le sol gras des bosquets et des jardinets dégelés - jeunes mères et grandes soeurs aux regards pleins de pèlerinages, sultanes, princesses de démarche et de costume tyranniques, petites étrangères et personnes doucement malheureuses.
Quel ennui, l'heure du « cher corps » et « cher coeur »."
L'enfance, I
un discours trop soutenu pour les "critiques" de Laura Parpillon.
Clin d'oeil : si Arthur était venu sur ILV de son vivant... comment l'auriez-vous accueilli ?
... " On est pas sérieux quand on 17 ans..."
http://www.youtube.com/watch?v=8xiXfLXtsT4
Il faut bien que je défende Arthur.
1) Il écrivait en 1870 et non en 2009.
2) Il écrivait de la poésie et non des histoires.
3) Pour cette poésie en particulier, le vocabulaire horticole n'est pas gratuit. Il vise, justement la surenchère.
Et Rimbaud n'a jamais été vocabuleux et est tout à fait abordable par quelqu'un comme moi qui a peu de vocabulaire et de culture. Contrairement à d'autres postérieurs (non, je parle pas de culs), comme un certain GA, pour ne pas le citer (il risque de se vexer).
voyons, un agitateur de 17 ans qui mélange le latin et l'argot comme qui rigole, qui maîtrise la forme classique mais s'en amuse en allant plus loin que Victor Hugo quand il s'agit de "disloquer ce grand niais d'alexandrin"...
Un garnement qui ne tardera pas à laisser tomber le ver pour écrire des poèmes en prose...
Mais ce poème "Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs", comment oublier que Rimbaud l'a écrit pour se moquer du pauvre Banville, trop coincé à son goût...
Oui, comment aurais-je accueilli Rimbaud ?
Peut-être comme Verlaine !