XXVIII
Si contre amour je n'ai autre défence,Je m'en plaindrai, mes vers le maudiront,
Et après moi les roches rediront
Le tort qu'il fait à ma dure constance.
Puisque de lui j'endure cette offence,
Au moins tout haut, mes rimes le diront,
Et nos neveux, alors qu'ils me liront,
En l'outrageant, m'en feront la vengeance.
Ayant perdu tout l'aise que j'avois,
Ce sera peu que de perdre ma voix.
S'on sait l'aigreur de mon triste souci ;
Et fut celui qui m'a fait cette plaie,
Il en aura, pour si dur coeur qu'il aie,
Quelque pitié, mais non pas de merci.
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