XXVII
Lorsque lasse est de me lasser ma peine,Amour, d'un bien mon mal rafraîchissant,
Flatte au coeur mort ma plaie languissant,
Nourrit mon mal et lui fait prendre haleine.
Lors je conçois quelque espérance vaine ;
Mais aussitôt, ce dur tyran, s'il sent
Que mon espoir se renforce en croissant,
Pour l'étouffer, cent tourments il m'ameine,
encore tous frais : lors je me vois blâmant
D'avoir été rebelle à mon tourment.
Vive le mal, à dieux, qui me dévore !
Vive à son gré mon tourment rigoureux !
O bien heureux, et bien heureux encore,
Oui sans relâche est toujours malheureux !
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