XXI
N'ayez plus, mes amis, n'ayez plus cette envieQue je cesse d'aimer ; laissez-moi, obstiné,
Vivre et mourir ainsi puisqu'il est ordonné :
Mon amour, c'est le fil auquel se tient ma vie.
Ainsi me dit la Fée ; ainsi en Oeagrie,
Elle fit Méléagre à l'amour destiné,
Et alluma sa souche à l'heure qu'il frit né,
Et dit : Toi et ce feu, tenez-vous compagnie.
Elle le dit ainsi, et la fin ordonnée
Suivit après le fil de cette destinée.
La souche (ce dit-on) au feu frit consommée ;
Et dès lors (grand miracle), en un même mornent,
On vit tout à un coup du misérable amant
La vie et le tison s'en aller en fumée.
Chapitre suivant : XXII