XX
O vous, maudits sonnets, vous qui prîtes l'audaceDe toucher à ma Dame à malins et pervers,
Des Muses le reproche, et honte de mes vers
Si je vous fis jamais, s'il faut que je me fasse.
Ce tort de confesser vous tenir de ma race,
Lors pour vous les ruisseàux ne furent pas ouverts
D'Apollon le Doré, des Muses aux yeux verts ;
Mais vous reçut naissants Tisiphone en leur place.
Si j'ai donc quelque part à la postérité,
Je veux que l'un et l'autre en soit déshérité ;
Et si au feu vengeur dès or je ne vous donne,
C'est pour vous diffamer : vivez, chétifs, vivez,
Vivez aux yeux de tous, de tout honneur privez :
Car c'est pour vous punir, qu'Alors je vous pardonne.
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