VIII
Quand viendra ce jour-là, que ton nom au vrai passePar France dans mes vers ? combien et quantes fois
S'en empresse mon coeur, s'en démangent mes doigts ?
Souvent dans mes écrits de soi même il prend place.
Malgré moi je t'écris, malgré moi je t'efface,
Quand Astrée viendrait, et la foi, et le droit,
Alors joyeux, ton nom au monde se rendroit.
Alors, c'est à ce temps, que cacher il te fasse,
C'est à ce temps malin une grande vergogne,
Donc, ma Dame, tandis tu seras ma Dordogne.
Toutefois, laisse-moi, laisse-moi ton nom mettre ;
Ayez pitié du temps : si au jour je te mets,
Si le temps ce connaît, lors je te le promets,
Lors il sera doré, s'il le doit jamais être.
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