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Sagesse chinoise et éducation

Par René Barbier

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Table des matières
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4. Sources taoïstes


Le taoïsme est l'un des trois grands courants de la pensée chinoise, avec le bouddhisme et le confucianisme.

Pour le taoïsme philosophique, la règle d'or est le non-agir, en liaison avec la spontanéité directement émergente de la nature. Il faut respecter la nature et suivre la voie du Tao. Cela implique ne rien rechercher comme charge officielle. Vivre éloigné des troubles et des mondanités. L'essentiel pour le sage chinois consiste à saisir l'intelligence des choses, de comprendre les principes qui régissent la nature et la société et la dynamique de leur mouvement fondée sur l'alternance des deux principes fondamentaux du yin et du yang et l'ordre des mutations. Cela conduit à un sens très relatif de la vérité.


La pensée chinoise s'intéresse plus à l'efficacité qu'à la vérité. La connaissance est inséparable de l'action et l'approche dialectique est essentielle.

Pour le taoïste, la nature est première fondatrice. Il a conscience de faire partie intégrante de l'univers toujours en changement, sans aucune stabilité, mais non sans harmonie. Profondément paysan, le Chinois vit avec les rythmes, les va-et-vient et les secousses de la nature. Plus que jamais il a conscience de la temporalité, même s'il vit dans l'instant.

La patience du Chinois est légendaire. L'artiste chinois taoïste est par excellence celui qui sait saisir ce rythme naturel, ce mouvement dans l'immobilité, cette fluidité de la matière qui surgit à chaque instant devant lui, dans une dialectique picturale où se joue subtilement le vide et le plein. L'artiste chinois est un être éminemment sensoriel qui puise sa force par son immersion dans les profondeurs du cosmos.

Tout ce qui existe provient du Tao, ce qui veut dire la Voie, et qui est un innommable, un intraduisible. Le Tao n'a rien à voir avec un quelconque dieu créateur. Il s'agit beaucoup plus d'une représentation d'un cours du monde, d'une cosmogénèse qui est sans commencement ni fin, de nature énergétique, et qui se déploie dans l'espace et le temps. Dans ce "procès" du flux énergétique, l'homme, complètement inclus dans ce procès, joue son propre jeu suivant une harmonie qu'il respecte. Le procès se déroule selon une dialectique complémentaire et sans synthèse de deux principes : le Yin et le Yang, totalement réversible au terme de leur accomplissement respectif.

Le Yin, c'est tout ce qui représente le féminin, la nuit, la souplesse, le repos, le passif, le Yang c'est le masculin, la lumière, la rigidité, le mouvement, l'actif. C'est par leur interaction permanente que se trouvent expliquées la création et la transformation de toutes choses.

Par le jeu réciproque du Yin et du Yang sont créés les cinq éléments (terre, feu, eau, métal, bois) et, de ceux-là, toutes les choses existantes. Une logique très serrée et ancestrale, au départ à orientation divinatoire, le Yi King, le Livre des mutations, propose une logique des transformations à partir de 64 hexagrammes, multiple d'un fond de 8 trigrammes constitués de traits pleins ou discontinus qui symbolisent les forces et les qualités de la nature.

Ce fond philosophique est partagé par tous les philosophes chinois traditionnels, même si les Confucéens se distinguent des Taoïstes par rapport à certains éléments qui socialisent les individus.