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Le livre le plus court

- Par Hervé Léonard MARIE
Dans sa collection : La vie des livres
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 5 novembre 2008 à 7h48
- Dernière modification : 7 novembre 2010 à 13h26
- Le lecteur attentif des œuvres de Jorge-Luis Borgès ne manquera pas d'être frappé du fait suivant : comment cet auteur qui a tant rêvé sur le livre le plus long n'a-t-il rien écrit sur le livre le plus court ?
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153 lectures |
4 pages
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Hormis le côté "tu voi...
Hormis le côté "tu vois si j'en sais des choses !" de ce texte, j'ai attendu la chute qui en aurait fait l'intérêt.
Pas de chute. Mauvaise nouvelle !
Alors
Arno Garel , je ne suis pas d'accord du tout
Côté " Tu vois si j'en sais des choses" chez Hérve est un pléonasme. Il en sait des choses et ceci ne devrait pas poser des problèmes, je crois. Pour la chute, plutôt, pour son absence dans ce texte je constate la même chose : pas de chute. So what ? :) ! Un texte peut se terminer comme ceci, avec un . Simplement. Surtout quand il est bon, comme c'est le cas ici.
J'oublie
C'est votre titre qui m'a donné idée d' écrire le roman le plus court que vous trouvez "cucul" :) Je promets de l'effacer après sa 313 lécture.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
"Y aurait-il une langue de par le vaste univers qui utiliserait moins d’une lettre pour faire une phrase ?"
J'ai déjà lu des phrases plus pertinentes. Mais comme la littérature n'est pas affaire de pertinence pas plus qu'elle n'est affaire de dimension ou de nombre de mots... je ne vois pas le but de ce texte, sinon de rappeler au lecteur qu'il y a ailleurs de cet univers replié sur lui-même dans le cyberespace un Culture plus impressionnante que celle qui fait son chemin équitable par ici...
Mon seul autre regret, face à ce texte : aucune mention de Queneau et son mille millards de poèmes.
Ok
Je me sens invité à donner une autre dimension à la note.
le début me paraît un brin hésitant par rapport à la suite
sinon, j'admire.
Hervé, vous-qui-savez-tant-de-choses,
existe-t-il un mot plus long que celui d'Aristophane dans "l'assemblée des femmes" ? Dans "des Chiffres et des lettres" ? ;-)
En savoir des choses
Ou on fait un hommage à Borgés et on mobilise la bibliothèque de Babel ou on se contente du niveau de référence nécessaire pour lire Fabre d’Eglantine, et Hervé sait faire les deux.
Bon, je sus d’accord que la première page n’est pas bien raccord avec la suite.
J’ai aimé l’idée qu’un livre doit, par « bon sens », comprendre plusieurs phrases, déjà c’est intéressant pour la littérature et pour le défi lui-même, mais ça mériterait d’être développé. Vous connaissez l’histoire de la rédac sur Mauriac ? Un prof fait venir F. Mauriac (de mon temps on racontait l’histoire en imitant la voix , mais je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans…), qui explique à la classe qu’un roman doit avoir a)un aspect de mystère, suspense, b) un aspect mystique ou religieux, c) un aspect sociologique (bourgeoisie de province etc), d) un aspect sentimental ou sexuel. Le prof organise une compo écrite sur table : « faire un roman à la Mauriac » . Un élève rend la copie d’une phrase « Nom de Dieu, s’exclama la comtesse, je suis enceinte, mais de qui ? » Elève de Quengo, exliquez à votre petit camarade pourquoi cela ne constitue ni un roman ni un livre.
Ce qui est intéressant aussi c’est l’aspect mathématique du texte: à partir d’une réflexion sur le livre le pus long - il n’est pas infini, mais ou cyclique ou dénombrable « constructiviste » (c’est à dire qu’on ne pose pas a priori l’existence de l’infini, il n’y a que du fini qu’on sait toujours pouvoir augmenter) - il arrive à l’idée que le livre le plus court est variable avec une limite inférieure. Cela s’appelle « scope » (« portée ») en mathématique non-standard (Machover-Robinson).
Bref un texte « ouvert »… (celui de Hervé) mais à creuser un peu.
Ah, Borges...
Cela me rappelle que c'est vous, Hervé, qui m'avait fait découvrir cet auteur génial !
Je ne peux donc qu'apprécier ce texte et sa réflexion intéressante, malgré une fin un tantinet abrupte.
Je ne sais si ces lang...
Je ne sais si ces langues entrent dans le champ de recherche d'Hervé, mais il existe bien une langue qui répond à la question " Y aurait-il une langue de par le vaste univers qui utiliserait moins d’une lettre pour faire une phrase". Il s'agit des langues sifflées. Zéro lettre !
Il y a ("avait" serait plus juste) trois régions au monde où des hommes échangent de vrais messages en sifflant. En Turquie, au Pays basque, et… j'ai oublié la troisième mais crois me souvenir qu'il s'agit d'une île. Il ne s'agit pas d'un code genre code morse, ni de messages cryptés à l'avance, mais bien d'une langue qui permet de dire spontanément ce qu'on veut (sans pourtant permettre de se lancer dans une dissertation sur "La Recherche…" de Marcel Proust. Seuls les propos "pratiques" et concrets peuvent être sifflés).
Ce sont, dans les trois cas, des bergers qui l'utilisent pour passer des messages. Ils habitent des vallées encaissées dans lesquelles un sifflement puissant s'entend de très loin (plusieurs centaines de mètres –quand la voix porte au maximum à une centaine de mètres–) et permet, en particulier, de s'avertir les uns les autres de mouvements divers, d'un danger, d'un accident ou d'un problème, d'un changement de décision ou autre.
Je n'ai jamais vu "pour de vrai" des personnes sifflant ainsi (à mon très grand regret). Je n'ai vu que des reportages et des films plus ou moins scientifiques. Dans l'un d'eux (des années 60), trois bergers "montés" du Pays basque à Paris (sans doute au CNRS) étaient séparés, chacun dans sa pièce, et, jouant au "téléphone arabe", transmettaient de l'un à l'autre toutes sortes de phrases écrites par les chercheurs (non bergers et non basques, il va de soi) avec un minimum de perte après les deux transmissions. Dans un autre, un reportage télévisé, un grand-père essayait d'enseigner à son petit-fils comment on sifflait (avec le doigt replié dans la bouche) et comment on se servait de ce sifflement pour "parler". Le gamin écoutait à peine. J'aurais donné beaucoup pour être à sa place.
Dans le même genre de regret, j'ai vu, un jour, un vieux paysan Savoyard expliquer à son petit-fils comment on faisait une multiplication en "comptant" sur ses doigts ! Ça allait aussi vite qu'en tapant sur les touches d'une calculette ! Moi, j'ai tendu l'oreille, mais n'ai rien entendu. L'enfant a "fermé" les siennes et n'a rien entendu non plus. C'était il y a quinze ans : ce monsieur est sans doute mort. Qu'en est-il de sa technique ? Même en Europe, quand un vieillard meurt, c'est parfois une bibliothèque qui disparaît. (Si quelqu'un sait, je suis preneur)
Il y en a
plus que trois. Il y en au Mexique, En Grèce, en Espagne. Peut être encore.
Mais ceci ne pose pas de problème à Herve ou bien, ne donne une réponse à sa question. Il y a beaucoup d'autres, vraies langues, des langues parlées mais sans écriture alors moins d'une lettre où il n'y a aucune, est-ce gagné ? :)
Pour ceux que cela int...
Pour ceux que cela intéresse, je joins :cette adresse Internet
http://www.lemondesiffle.free.fr/presentation/languessifflees.htm
On y entend même quelques exemples.
Effectivement, il y a plus de langues sifflées que je le croyais et la région des Pyrénées dont je parlais est le Béarn. Voilà ce qu'il en est des leçons mal apprises (il y a quarante ans).
Désolé, Hervé, de squatter ce texte qui est très intéressant par le mystère et les questions qu'il cache. Comme celle-ci : qu'en est-il du savoir inné ? Serait une sorte de mode d'emploi avec un nombre négatif de lettres ?
Je dé-squatte.
A méditer. Certes, l'impératif de "ire" prête à rire: i! i! i! Allez comprendre...
A propos de demi-livre, mon boucher me le répète fréquemment: "Je vous en remets un petit peu?" Pourquoi ne dit-il pas "Je vous en retranche un petit peu ?" Question philosophique s'il en est. Pour raccourcir un livre, il suffit pourtant de retrancher le superflu.
A propos. La lettre π (Pi, rapport de la circonférence au diamètre, tout le monde connaît). Et bien, π est un nombre "univers": il contient tout: la bible, l'oeuvre de Queneau (si,si!), Das Kapital, toutes les oeuvres oulipiennes (!), tous les ouvrages déjà écrits et à naître. De même que le présent commentaire. Donc "π" est le livre le plus court. CQFD ou QED (en latin classique). i donc, eh valet (comme on dit en Wallonie)