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Visage d’ange cabossé,Tout cassé,
Le regard tourné vers un ciel
Démentiel :
Celui des larmes trop amères
De sa mère.
Désespoir d’enfant innocent
Plein de sang,
Entre vert et bleu, tuméfié,
Crucifié,
Martyr des coups bas, des insultes,
Des adultes.
Chérubin que la peur dévore,
Il implore
De tous les appels de ses yeux
Silencieux,
Hurlant du fond de son silence
Sa souffrance.
Sourire figé, programmé,
Mal aimé.
Il tend sa menotte candide
Du sordide,
Signant son terrible discours :
Au secours.
Comme un demi-soleil éteint
Incertain,
Perdu loin du port, sans attache,
Il se cache
Pour, sur sa raison d’exister,
Sangloter.
Replié dans son froid, victime,
Cris intimes,
Il demande en son désarroi :
Dis, pourquoi ?
Sont-ils aussi pervers, tyrans,
Mes parents ?
Ne suis-je pour toi qu’un ratage
Un otage ?
Le porte malheur émissaire
De colères ?
Dis pourquoi tu ne m’aimes pas,
Dis, papa ?
Et toi qui t’épuises de haine
Sombre et vaine,
T’accrochant à l’homme qui fuit
Chaque nuit,
Pourquoi cogner si méchamment
Dis, maman ?
agnes bataille-andersen ¤¤¤ extrait de "Et si c'était moi, demain ?"