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Eli's coming

Par boogieplayer

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Table des matières
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Prologue

La salle de réunion était déjà comble lorsqu'il arriva comme toujours en retard. Il entra une tasse de café dans la main droite une pile de dossier dans l'autre. Le rédacteur en chef, assit en tête de la grande table ovale, l'applaudit en l'accueillant.
- Hey ! Pas mal, tu n'as qu'une demie heure de retard. C'est l'ultime réunion de l'année, et t'es même pas foutu d'arriver à l'heure. Pas une erreur, cent pour cent de réussite. Bravo.
- Merci patron, c'est trop d'honneur.
- Ferme la et assieds toi. J'ai une bonne nouvelle pour toi.
La demi douzaine de journaliste le saluèrent ironiquement en le félicitant. Léo Sparx était l'un des journalistes sportifs les plus compétents, et aussi le plus frondeur, mais il était intouchable. Car à ce jour il était le deuxième journaliste sportif à avoir jamais reçu le prix Pulitzer, prix obtenu grâce à un article resté dans les mémoires sur un coureur de fond nord-coréen dans sa lutte contre l'oppression.
Il posa sa tasse de café sur la table et s'assit en rigolant.
- Ok, ok… de quoi vais-je hériter pour la nouvelle année ?
- Ellias Difenthal
- Hein !? Pourquoi ? et pourquoi moi ? Je mérite pas ça quand même. Phil, me fais pas ça.
- Je vais me gêner tiens. Mais je vais te dire pourquoi.
Les journalistes regardèrent Léo en faisant la moue, Phil Paxton, le rédacteur en chef emblématique du Sportif, le plus grand quotidien de sport, exposa son choix.
- Ellias Difenthal est encore à ce jour le plus grand joueur de tennis de tous les temps. Il a remporté la même année le Grand Chelem, les jeux olympique et la coupe Davis, suivit l'année suivante d'un autre grand Chelem. 117 tournois, 18 du Grand Chelem. Il est toujours le sportif ayant cumulé le plus de gain en une année, plus de 250 millions de dollars, etc… Mais comme tout le monde le sait, cela fait plus de deux ans qu'il n'a pas joué un seul match. Et on sait tous plus ou moins pourquoi, mais pas complètement Il est au fond du trou, et cette année est l'année de tous les dangers pour lui. Il va divorcer, il est accusé de détournement de mineur, de dopage, son sponsors va le lâcher, il est criblé de dettes, bref c'est le candidat idéal pour un super papier comme tu sais si bien les faire.
- Mais je ne comprends pas, il est tout sauf vendeur. Il est détesté par le public, il ne fait pas un rond. Il vaut mieux attendre qu'il ait tout perdu, là ça sera vendeur.
- Justement, nous nous devons de couvrir cette affaire du début à la fin.
- Pourquoi moi ?
- T'avais qu'à arriver à l'heure.
La salle ne pu se retenir de rire. Léo souffla sur son café.
- Sérieusement Phil.
- Sérieusement… nous savons tous qu'il est inaccessible, qu'il fuit la presse comme la peste. Y'a que toi qui arrivera à l'approcher. Ne discute pas Léo… S'il te plait.
Léo acquiesça d'un faible mouvement de tête.
- Merci Léo. T'as carte blanche.
Léo eut ce faible sourire, qui clôt une conversation. Le sujet était fermé. Il trempa ses lèvres dans l'amer noir de son café encore trop chaud. La douce et ambre odeur lui caressa le visage comme on plonge ses mains dans le coton blanc. Il ouvrit les yeux. Face à lui, derrière les carreaux froids, tombait la neige légère et blanche.
Tout lui semblait si lumineux.

En ce 31 décembre.
En ce dernier jour de l'année.

*
* *


Lorsque le téléphone sonna le soleil embrassait déjà les plus hautes cimes gelées des arbres de l'immense propriété. La fine pellicule de neige craquante recouvrait tout, les tables et chaises de jardin, les statues, la piscine, le grand perron de marbre. Tout était lumineux, pur, immaculé.
Silencieux.
Il se réveilla en sursaut et attrapa le combiné, décrocha en maugréant et répondit d'une vois pâteuse.
- Allo ?
- C'est moi Ellias, fit une voix d'homme.
- Ah oui…
- Il a refusé ta wild-card.
- Qu'est-ce tu veux que ça me foute ?
- Ellias… merde…
Il raccrocha.
Ellias s'assit sur le bord du lit et regarda sa montre. 16:38. Il prit une cigarette dans le paquet et l'alluma d'une allumette. On bougea dans le lit derrière lui. Il dit sans se retourner.
- T'es encore là toi ?
- Hum, fit la jeune fille. Quelle heure est-il ?
- L'heure que tu partes.
La jeune fille au corps asiatique parfait se leva sans mot dire et se dirigea vers la salle de bain. Ellias termina sa cigarette et l'écrasa dans le cendrier débordant de mégots. Il ouvrit la table de nuit et prit son portefeuille. Puis il se leva à son tour, marcha d'un pas mal assuré jusqu'à la cuisine, prit une bière dans le frigidaire et s'assit sur le haut tabouret, les yeux dans le vague.
Il resta ainsi, comme prostré, pendant de longues minutes, jusqu'à ce que la jeune fille revienne de la salle de bain. Propre et sublime.
Elle posa son sac sur la table.
- Tu me dois 1000 euros.
- OK.
Il sortit une liasse de billet de 500 euros et en tendit deux à la jeune fille.
- Tu connais la sortie.
Elle empocha les billets et s'apprêta à sortir.
- Au fait ? Fit Ellias en se frottant le visage. T'es majeure ?
Elle ne répondit que d'un clin d'œil et sortit de la cuisine. Il reposa sa bouteille sur la faïence de la table. La porte d'entrée s'ouvrit et se referma.
- Après tout qu'est-ce que ça change ? Souffla-t-il en lui-même.
Il alluma la petite télé de la cuisine.
En ce 1er janvier.
En ce premier jour de la nouvelle année.

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