In Libro Veritas

Formalow, Tome III, Les forges de Nabachton

Par Guy Richart

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Table des matières
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- XXXV -



    Trois années s’étaient écoulées depuis la bataille des Dolmens Infernaux. Sur la Mer intérieure de Myrion, les galères des druides étaient, maintenant, animées par des machines nabatéennes.

    Bien sûr, les courageuses licornes de la forêt aidaient toujours les Peuples Libres dans leurs tâches quotidiennes. Cependant, elles se voyaient attribuer des travaux moins pénibles puisque le savoir et la technique des Peuples Libres réunis permettaient de soulager la condition des êtres vivants.

    Formalow allait bien. Le Roi Phérégon, se reposait désormais. Il s’était bien battu dans les Landes et sous les murailles de la forteresse des Ankous. Il s’adonnait à la culture de l’excellent tabac silérien et avait passé les rênes du pays à sa fille et à l’époux de cette dernière : le Prince Guerrier et Forgeron, Niphilus, membre perpétuel du Conseil de l’Alliance de Formalow auquel siégeait aussi les Seigneurs des arbres du Nord.

    Le Grand Elfe Suggur ainsi que le Duc Le Goua’ch passaient désormais leur temps à parcourir ensemble les frontières extrêmes du pays et surtout le nouveau littoral de l’Est. Les deux héros avaient, avec la bénédiction de l’Alliance ainsi que l’appui technique et culturel de Niphilus, reconstruit toutes les grandes routes de jadis.

    Des Monts du bout du Monde jusqu’aux glaces du septentrion, au–delà de Nabachton, la paix régnait. Les sages profitaient de la fin des combats et de la disparition des hordes de Korrigans et autres démons des Âges de feu afin d’apprendre à mieux connaître leur Univers. Toutes les ressources qui s’épuisaient, depuis des milliers d’années, à protéger la vie et l’espoir pouvaient enfin être consacrées à l’amélioration de l’existence de toutes les créatures de Formalow. C’était là, d’ailleurs le véritable rôle des Druides.

    Le Seigneur Niphilus et sa femme, la merveilleuse Reine Saurane, attendaient un navire sur les quais du port de Castel–Druides. Lorsque la galère qui amenait leurs amis, Suggur, Le Goua’ch ainsi que tous leurs compagnons de la route des Royaumes Perdus accosta, ils conduisirent aussitôt ceux–ci jusqu’à la grande place de la forteresse des Sages. Sur cette vaste esplanade, siégeaient dans leur gloire et leur beauté, des statues que les artistes de toutes les espèces de Formalow avaient sculptées à la mémoire de leurs héros.

    Le vénérable Mélinos, avait terminé sa longue tâche contre les forces du mal. Il courait maintenant les bibliothèques du Monde à la recherche de manuscrits rares. Il en réalisait des copies qu’il confiait à une immense salle d’archives de Castel–Druides que le Conseil de l’Alliance, appliquant les propositions de Niphilus, avait organisée dans la principale place forte des Maîtres du savoir de Myrion.

    Ce matin–là, le vieux Druide retrouva et reçut l’accolade de ses amis, devant une nouvelle sculpture de l’esplanade des Grands Guerriers d’Autrefois. Il leur présenta cette Statue. Aussitôt, tous reconnurent, dans la belle figure de pierre, les traits de leurs chers camarades disparus, Alianos, le courageux frontalier devenu un Korrigan après la conjonction des lunes de Formalow et l’intraitable Général Arhus, le plus grand combattant que Formalow ait connu depuis Nicéphore Orlos : le Griffon Furieux de Mégara.

    Les Sages avaient réalisé cette effigie eux–mêmes. Mélinos expliqua ce choix qui fut alors approuvé par tous les survivants de la compagnie. Qui d’autres pouvait aussi bien symboliser la victoire des forces du bien sur celles des ténèbres, que le frère de Niphilus et leur camarade des Marches du Nord ? Ce dernier, tourmenté par sa condition de demi–Korrigan, avait pourtant porté un coup décisif aux légions d’Arthang, sur le seuil des portes de Nabachton en tuant le Léviathan.

    Les compagnons de Niphilus se recueillirent, la main sur le cœur, devant la sculpture. Puis, ils partirent festoyer ensemble pour partager leurs bons souvenirs et profiter du plaisir de la paix restaurée, devant un excellent repas tout en fumant les meilleurs tabacs de Silérie, dans leurs plus belles pipes d’écume.

    Formalow vivrait désormais, grâce à leurs efforts et à leurs sacrifices, de longs millénaires de tranquillité et de prospérité…


Fin des Forges de Nabachton