In Libro Veritas

Formalow, Tome III, Les forges de Nabachton

Par Guy Richart

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- XXXII -



    Les éclaireurs de Nabachton étaient à l’extrémité de la Route sortant de leurs royaumes et gagnant le pays dévasté sur lequel, régnait jadis Arthang le Noir. Ils avaient poursuivi puis, tué un par un, les derniers fuyards de la défaite que la vieille Hydre des sorciers avait connue sur le seuil de la porte des Royaumes Perdus. Ils étaient arrivés enfin aux limites des terres ravagées, où la Bête avait si longtemps fomenté ses guerres contre les Peuples Libres de Formalow.

    Une nouvelle armée d’invasion aurait dû les attendre ici mais, cette vaste troupe s’était évaporée, comme un cauchemar vaincu par l’aube, au cœur de la mystérieuse forêt apparue dans cette région du monde en une nuit.

    Mélinos et les Seigneurs de Nabachton avaient été avertis de la situation par des pigeons de feu, envoyés depuis les Landes du Lac. Le vieux Druides et les Maîtres des forges magiques savaient que les principales armées du Seigneur des Ankous s’avançaient à leur rencontre, à travers la désolation d’Arthang. Le Gardien du Savoir ainsi que le Doyen du Conseil des Royaumes Perdus, le père de Niphilus, furent très surpris de la disparition d’une phalange gigantesque comme celle qu’ils attendaient. Il ne restait aucune trace des Démons et des Fantômes constituant, selon le message du général en chef de Myrion, les forces d’assauts du Roi des Dolmens Infernaux. Mélinos, réfléchit un long moment avant de prendre une décision. Il déclara aux Seigneurs de Nabachton que l’attaque lancée contre eux ne pouvait pas approcher des frontières nabatéennes sans être signalée par les éclaireurs ou bien des animaux attachés aux forces du bien. Si les hordes de Korrigans et de sorciers morts–vivants étaient introuvables, c’est qu’elles avaient été anéanties. Il décida alors d’avancer avec toutes les légions de Nabachton jusqu’à l’orée de la forêt mystérieuse qui barrait le passage du Nord–est.

    La grande force déployée par les Royaumes Perdus n’était pas loin de son avant garde. Le soir même, Mélinos, Sauranne, Niphilus, Le Goua’ch, Suggur et les Elus de Nabachton se tenaient dans l’entrée du défilé qui s’éloignait entre les bosquets denses des talus. Ils comprirent le sort des forces ténébreuses quand un gigantesque chêne, jusque là immobile, se pencha vers eux et, leur souhaita la bienvenue en langue elfique.

    De vieux souvenirs ou bien des histoires de l’enfance s’animèrent tout à coup dans la mémoire des champions, représentant sur en ce lieu, ce jour–là, les peuples libres.



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