In Libro Veritas

Formalow, Tome III, Les forges de Nabachton

Par Guy Richart

Cette oeuvre est mise à disposition du public sous un Contrat Creatives Commons (by-nc-nd)

Vous êtes en mode de lecture plein écran. Cliquez sur le lien suivant si vous souhaitez afficher la version classique de cette oeuvre

Table des matières
Que pensez vous de cette oeuvre ?

- II -


    Ils étaient assis tous les trois autour d’une grande table de la villa. Dehors, un bassin d’onde claire, empli par un ingénieux système de pompe actionnée par la rivière, couvrait le calme des halliers par le murmure de son eau courante. Seuls les oiseaux accompagnaient ce chant apaisant.

    – Mon fils, commença Aberlon en buvant une rasade de bonne cervoise mousseuse et en tirant ensuite une bouffée de sa longue pipe, tu es encore allé te perdre aux confins de la Silérie pour demeurer huit jours loin de chez nous.

    – Tu sais bien Père que mes excursions sont ma passion et que mon goût pour la géographie et la culture de notre royaume m’impose de tels voyages, répondit Niphilus. De plus, nous avons déjà rentré toute la récolte de fruits et tu m’as affirmé que je pouvais profiter sans contrainte de la période calme avant la moisson.

    – Certes mon petit, certes, admit le vieux Silérien avec une espèce de résignation au fond de la voix. Cependant, la prochaine fois que tu pars pour une telle expédition, tu prendras comme compagnon, Athénos, notre pigeon de feu. Il nous transmettra tes messages et te portera les nôtres en retour. Comme cela, ta mère et moi, nous saurons que tu vas bien.

    – C’est promis. Je n’oublierai pas de prendre notre messager volant pour mon prochain voyage, assura Niphilus. Cela l’entraînera un peu. Il a une vie trop douce, ces derniers temps. Seulement, reconnais Père que ces précautions semblent démesurées. Les frontières de notre royaume ne sont tout de même pas les lisières de la désolation d’Arthang le Noir.

    – Bien sûr, bien sûr, mais, depuis la fin de l’Empire, si nous sommes devenus un peuple libre, les dangers des terres sauvages ont grandi et les démons de l’empereur qui se sont réfugiés là–bas, après la fin de leur Seigneur, sont capables de venir jusque dans nos campagnes pour y semer la mort. Il faut rester prudent si nous voulons éviter des deuils douloureux comme ceux que nous avons connus durant « La Guerre des Larmes de Sang ». Maintenant, je te présente Maître Mélinos. C’est un Druide, un Gardien du savoir et des forces magiques bienfaisantes. Sans ces savants qui parcourent toutes les contrées en recueillant les grimoires des anciens, depuis la chute de Formalow, nous aurions perdu toutes les connaissances léguées par les vieux royaumes.

    – Bonjour Maître, dit Niphilus, impressionné.

    – Bonjour mon ami, commença le vieux sage. Sous le capuchon de son manteau, des cheveux et des sourcils broussailleux cachaient un visage ridé mais plein de fougue, d’humour et d’intelligence. Tandis que ses prunelles bleues pétillaient de plaisir, le Gardien du Savoir continua. Jeune homme, quand l’Empire jetait une ombre de tyrannie et de Magie noire sur le monde, la science bénéfique et la Magie blanche ne progressèrent pas beaucoup. 2000 années durant, nous avons lamentablement régressé, nous tournant vers les forces des Ténèbres, leurs grandes possibilités dans les voies du mal et leur séduction mortelle. Mon ordre se doit de rétablir toutes les connaissances que nous avions acquises, au temps de la Grande Alliance d’Or et de Paix qui fut brisée par l’avènement de Formalow. Le plus petit tour de main d’un artisan émérite, le plus petit savoir empirique d’un jardinier doit être recueilli, si nous souhaitons retrouver un jour le bien–être que nous avons connu avant la venue des Korrigans, de l’Empereur, du Seigneur des Ankous, son lieutenant, et aussi d’Arthang le Noir.

    – Est–ce que je pourrai faire quelque chose pour vous ? Demanda Niphilus qui commençait à comprendre le but du voyage du Druide en Silérie.

    – Certes. Je vais vous l’expliquer, assura Mélinos. Un Elfe Géant a confié aux forgerons du Grand Manoir de Castel–Druides, dans la forêt de Myrion, cette épée.

    Le sage sortit de son havresac, un long glaive brillant, ouvragé avec beaucoup d’art. C’était la copie conforme, en plus grand, du poignard de Niphilus. Le Gardien du Savoir reprit :

    – Ce dernier était venu nous demander de lui fabriquer un fourreau car, aucun de ceux cousus en cuir d’holaong sauvage et damasquinés par les meilleurs armuriers sylvestres, ne résistait au tranchant de son arme. Quand nos artisans examinèrent le glaive, ils furent surpris par la qualité et la ténacité de l’alliage le constituant. Ils se demandèrent aussi, comment la lame de cette épée avait été traitée pour ne pas subir de corrosion tout en gardant son fil aiguisé ? Je pensais qu’il fallait rencontrer le forgeron ayant produit cette arme pour répondre à toutes ces questions. L’Elfe me dit qu’il l’avait faite ouvrager par un artisan de Silérie, réputé. Il m’a confié cette épée, le temps de découvrir son créateur et c’est ainsi qu’en interrogeant vos compatriotes et en montrant ce glaive au cours d’une longue marche par les Villas et les fermes de votre Royaume, je suis arrivé jusqu’à vous Maître Niphilus.

    – Comment ? Murmura le jeune Silérien effrayé qu’un Druide de la Forêt de Myrion, un Gardien du Savoir et de la Magie, soit intéressé par sa petite habileté dans la science des métaux. J’ai créé ce modèle à partir du poignard que je possède depuis toujours. Pour les traitements, après martelage, j’ai suivi les leçons que m’a données mon père. Je n’ai ajouté, à mon travail habituel, qu’une trempe multiple faite à des températures choisies au cours de nombreuses expériences, mais aussi, avant d’y refroidir la lame de cette épée, j’ai mélangé à l’eau de la rivière qui coule auprès de notre Villa, des feuilles d’arbres huileuses dont je puis vous confier les noms et les proportions Maître Mélinos. C’est tout mon apport dans l’art des forges et je suis surpris qu’il mérite votre attention.

    – Comment ? Murmura le jeune Silérien effrayé qu’un Druide de la Forêt de Myrion, un Gardien du Savoir et de la Magie, soit intéressé par sa petite habileté dans la science des métaux. J’ai créé ce modèle à partir du poignard que je possède depuis toujours. Pour les traitements, après martelage, j’ai suivi les leçons que m’a données mon père. Je n’ai ajouté, à mon travail habituel, qu’une trempe multiple faite à des températures choisies au cours de nombreuses expériences, mais aussi, avant d’y refroidir la lame de cette épée, j’ai mélangé à l’eau de la rivière qui coule auprès de notre Villa, des feuilles d’arbres huileuses dont je puis vous confier les noms et les proportions Maître Mélinos. C’est tout mon apport dans l’art des forges et je suis surpris qu’il mérite votre attention.

    – Mon jeune ami, dit alors le Druide en regardant avec beaucoup d’acuité le petit forgeron. Pourriez–vous me montrer votre poignard un instant ?

    Le Silérien, sans hésitation tendit son épée fétiche au vieux sage. Ce dernier, la leva en pleine lumière et la regarda longuement. Il examina avec minutie les fines gravures qui ornaient l’acier du glaive, depuis la garde jusqu’à la pointe et, que Niphilus avait reproduites fidèlement sur l’épée de l’Elfe Géant. Le Druide effleura légèrement, de son pouce, le fil scintillant au soleil. Il se coupa mais, ne s’en formalisa pas. Il s’y attendait.

    – Savez–vous d’où vient votre poignard cher ami ? Demanda Mélinos. Un silence d’ignorance suivit sa question. Eh bien moi, j’ai vu sa représentation dans un antique ouvrage de métallurgie.

    – Savez–vous d’où vient votre poignard cher ami ? Demanda Mélinos. Un silence d’ignorance suivit sa question. Eh bien moi, j’ai vu sa représentation dans un antique ouvrage de métallurgie. Ce grimoire remontait au temps de l’Alliance d’Or et de Paix. Vous possédez une dague de Prince Elfique qui fut façonnée dans les forges légendaires de Nabachton : « La cité perdue ». Le lignage de cette épée est déjà une grande merveille, mais, ce qui est encore plus fantastique, c’est que vous avez su la reproduire non seulement dans sa forme mais aussi dans sa résistance. Voilà pourquoi, Maître Niphilus, votre science de l’acier mérite l’attention des Druides mais aussi, celle de tous les sages des terres libérées de l’Ancien Empire de Formalow.


Chapitre suivant : - III -