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Le musicien sans notes

- Catégorie : Romans / Nouvelles
- Par Hervé de Quengo
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 4 juillet 2008 à 19h50
-
Comment fait-il de la musique, le musicien sans notes ?
Vous le saurez en lisant son histoire pathétique dédiée, entre autres, à la mémoire de Joseph Haydn.
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90 lectures |
5 pages
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... plaisant à écouter. ENtendre d'abord, puis écouter, ensuite.
Une grande claque sur "j'aime", ça le mérite (comme tous les textes d'hervé) (Enfin, presque tous)
Jolie prouesse ! Monsieur l'alchimiste, comme vous savez vaporiser la moelle en son ! Mérite un choeur fortissimo pour coda...
Un très joli texte, tout en douceur et en finesse, qui donne à rêver, une histoire qui transporte du bonheur avec elle. Merci de l'avoir écrite
Lire ou écouter, il n'est pas nécessaire choisir, on peut désormais faire les deux en même temps. Car on entend vraiment cette flute, en lisant le texte.
Qu'aimez-vous le plus, Hervé, la poésie ou la musique ?
dans cette histoire entraînante, dansante et savante ! Ce serait même plutôt tout l'inverse.
c'est qu'il n'a pas de musique. Cette histoire n'est qu'un songe de mots...
l'un autre de vos beaux textes.
super histoire que je trouve particulièrement originale !
Et comme tu dis, Hervé, les instruments se remarquent parfois plus quand ils ne sont pas là ! Dans l'ensemble, ça manque.
J'aime bien l'expression "cette pâte sonore".
Ce petit conte me semble une belle réussite.
... j'ai bien entendu quelque chose. J'ai écouté une fois d'abord, puis j'ai mis le casque et j'ai monté le son. Très fort. Et j'ai entendu la mélodie ténue de la flûte qui montait, montait jusqu'à tout recouvrir. La création, de Joseph Haydn… Très réussi, ce texte. Je voudrais maintenant écouter le poème.
j'ai bien entendu, la flûte.
Pardon pour la note Hervé je sais que tu n'aime pas, mais si je ne l'a met pas là, je ne la mettrai plus.
Ce texte est une fable.
J'y ai entendu du Michel Tournier. Vous connaissez ''Vendredi ou les limbes du pacifique''? Il y a quelque chose de ressemblant. Je ne saurais dire quoi.
C'est binbô entécas...
qui a de quoi inspirer les auteurs, mais tel quel n'aboutit pas vraiment, Hervé, il me semble. Manque d'énergie pour aller plus loin ?
Comment ne pas me reconnaitre dans ce musicien sans notes, moi qui ne sais jouer d'aucun instrument, pas même du pipeau et qui pourtant a toujours une musique qui résonne dans la tête. Non non, ce ne sont pas seulement les claquement de mes neurones s'entrechoquant...les notes que je compose pour moi seule ne sont que le reflet de mes humeurs.
Merci pour ce concert..
ne se commente pas : d’emblée il se ressasse – le petit miracle se recopie, se plagie, prolifère à l’infini …
La page sans bords du cyberspace permet cette alchimie, cette magie : lire et écrire, simultan-é-ment. De concert.
Musicien sans note nous dit que l’on peut entendre la musique à travers des mots, sans partition, sans instruments, et sans connaître le solfège. «Un instrument et un seul» suffit. Par exemple le moins sophistiqué en apparences : «une flûte. Une seule flûte». Ne lésinons pas, réduisons-la simplement à «un os à trous» imaginaire. Car point n’est besoin de plus pour entendre l’inaudible, et vénérer le silence comme il se doit.
Musicien sans note me fait penser à l’écrivain sans é-cri-t, comme une allégorie de la communauté ILV : tous nous écrivons, n’écrivant pas, sans avoir de dispositifs savants sous la main, sans toujours connaître l’alpha et l’oméga de la littérature édifiante, de la critique ni prévoir avec certitude, compte de résultats et bilan en mains, quand l’é-cri-t survient. Le style ou le cri : tel est l’état de nos débats, sur les forums. Faut-il rimer aux temps modernes ? recourir à la culture des temps anciens ? ressusciter les morts ? tuer les vivants ? Faut-il crier ? faut-il recréer la babel des auteurs, après celle des langues ? Nous ne savons pas. Mais ce que nous savons, c’est que les écrivains muets existent bel et bien.
Musicien sans notes, en quelques notes, nous dit tout, par métaphore, de l’insatiable illusion qui nous sustente, celle d’un livre ou d’une symphonie. Ecrivant sans lire; lisant, déliés d’écrire, jouant notre solo dans la cacophonie des egos et des tempos.
Nous sommes un orchestre littéraire, qui, dans le torrent des mots, attend le moment juste où une voix quelconque, la mienne ou la tienne, s’accorde au sublime des voix connexes, annexes du murmure intermittant d’un espace littéraire et culturel désormais sans bornes.
Sans doute n’est-ce pas ce qu’Hervé de Quengo a voulu dire, lui qui est aussi un lecteur assidu, aigu, infatigable. N’importe le sens : il convient que l’orchestre complice rende un hommage imminent à l’œuvre naissante. Le lecteur, est-il précisé innocemment, a une «marge d’interprétation personnelle». «Chaque interprète, chaque ensemble, chaque orchestre n’a-t-il pas cette marge d’interprétation ? Ici, elle est peut-être un peu plus grande que la musique de Beethoven».
«A un moment donné, selon la qualité de l’oreille du public, on entend cette flûte.»
«Les autres instruments, eux, continuent de se retirer sur la pointe des pieds, perdendosi.»
«Seule la flûte chante, enchante le public. Un silence».
Hervé de Quengo a entendu bien d’autres choses de l’ordre de l’inaudible, il a dit l'ineffable, œuvre folle, démesurée.
Rien ne lui a échappé du rêve improbable de son musicien sans notes, ni des arcanes de l’inspiration.
C’est à son tour de se faire entendre : les temps, toujours lointains et impossibles, sont-ils venus pour lui ? L’orchestre littéraire des voix noyées dans la masse des poètes des temps nouveaux entend-il comme moi cette voix qui enchante ? «Musicien sans note» me le laisse présager. Car j’y entends à la fois l’origine et l’aboutissement de quelquechose. Quelquechose s’écrit depuis longtemps à travers la voix unique d’Hervé de Quengo. L’avenir nous en dira davantage.
Son interrogation finale, sous forme de constat, questionne encore les bases de la possibilité d’un art libre : c’est qu’il faudrait en effet … nous dit-il, payer l’artiste pour qu’il puisse vivre, survivre et créer. C’est du moins ce qu'ordonne l’exigence écologique de la réciprocité. Une évidence à dénoncer.
L’artiste ne peut demeurer seul à donner sans retour. Chaque écrivain aurait droit à son livre, à son lecteur, à sa biographie … chaque artiste aux conditions de son art; un musée, un mausolée, une rente pour tout un chacun …. Une salle obscure où réciter, un lecteur, une foule impersonnelle pour exister, faire émerger ce qui n’appartient à personne, ce qui appartient à tous, dans le « don » impersonnel : une musique, un poème.
Cette confrontation nous place au cœur de la cyberculture, qui sans y prendre garde pose un risque : celui de la fragilisation et de la survie même des artistes, des producteurs de contenu, les puristes qui ne jouent aucun rôle d’intermédiaire dans l’économie des médias.
Ces questions sont d’ailleurs en cours de légifération : est-ce un hasard si elle reviennent dans le texte ? L’artiste, telle une éponge, a absorbé son environnement, et les implications de celui-ci. A ce titre, il parle bien au-delà de lui-même, il devient porte-parole d’un état de l’@rt.
Soutenant avec éclat que tous nous sommes poètes, nous préférons éluder, au nom de la liberté, les importants changements socio-économiques et politiques qu’impliquerait un tel renversement idéologique et culturel véritablement vécu ? La «culture» n’est jamais qu’un reflet du système dominant, même si nous répugnons à l’admettre. Ce qui signifie également que la culture a un impact, peut être un champ d’action. Hervé de Quengo rappelle très modestement que l’ «os à trous» ne vit pas dans une tour d’ivoire, et qu’il faut «le payer pour vivre», ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Alors, ce commentaire de 2 pages qui prolonge un texte qui n’en fait guère plus que quatre ?
pour simuler, après le silence qui donne voix à la musique, la réaction concertée de tout un orchestre littéraire pour un texte qui s’écrit – Un seul scénario est possible :
« Applaudissements, nourris les applaudissements».
Vous les entendez ?
Exceptionnel, bien sûr ...