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Gévaudan 12 : En territoires inconnus II

Par Usha

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Table des matières
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CHAPITRE XIII




23.


        Non moins inquiet que Malvin, ou son oncle qui avait tenu à descendre sur place, Lynder considérait la cabine du téléphérique qui tanguait dangereusement, à la fois sous son propre poids et aussi sous le fort vent dans la gorge !

    – M. Vrande ? fit–il dans son communicateur.

    – Mes hommes et moi progressons lentement, Lieutenant Sondral. Ce vent pourrait nous balayer comme des fétus si nous n’enfonçons des crochets pour nous retenir à chaque progression le long de la paroi !

    – Mme Pirèz ? interrogea le second du Magnifique en se tournant vers la Directrice du barrage.

    – Mes sauveteurs sont au même point que votre commando, renseigna–t–elle. Ce sont tous des alpinistes chevronnés et ils font au mieux.

    – Les câbles ne tiendront plus que quelques minutes, renseigna Magnus.

    – Oui, je m’en doute… Evite le décompte, s’il te plaît, les sauveteurs n’ont pas besoin de plus de pression. Et n’oublie pas que le petit Malvin t’entend lui aussi.

    – Je ne suis pas petit !

    – Calme–toi, mon grand, pria Maryon à qui Lynder venait de passer son communicateur. On arrive !

    – Ca penche de plus en plus, je glisse… On va tomber !

    – Je t’en prie, Malvin, accroche–toi – bon, c’est pas le meilleur terme – tiens le coup !

    – J’ai si peur, tellement peur…

    – C’est normal, mais crois en nous, insista Lynder. Tolman et les sauveteurs du barrage seront sur la cabine dans quelques instants.

    – Ca va nous faire tomber ! pleurnicha le jeune garçon, non sans bon sens !

    – Ils sauront quoi faire. Allez, Malvin, respire doucement, détends–toi, aie confiance.

    – Oui, Lieutenant.



        Amyre Pirèz avait enfoncé un bouton pour interrompre l’interactivité des communications.

    – Je ne suis pas sûre que votre équipe de commando, ou mes sauveteurs, arrivent à temps ! tint–elle à l’informer. Les deux câbles qui restent sont soumis à trop importante traction ! Ils peuvent lâcher d’un instant à l’autre !

    – Oui, j’avais compris au vu des calculs de Magnus, répondit le second du Magnifique. Mais inutile d’achever le jeune Malvin, ou de faire se précipiter les sauveteurs ; leur sécurité doit continuer à être assurée !

        Le jeune homme soupira, passa la main sur son front et dans ses cheveux blonds.

    – Oui, moi aussi, fit Amyre.

    – Pardon, Mme Pirèz ?

    – J’aurais également préféré que le jeune Malvin soit évanoui. Le moindre tressaillement de la cabine peut lui faire perdre le contrôle de ses nerfs, s’agiter ! Et en ce cas, c’est la chute assurée du téléphérique ! Mais là, il est – de façon compréhensible – terrorisé, a été blessé, et il s’inquiète pour votre Louveteau ! Plus encore que les câbles, je dirais que l’élément inconnu de cette opération de sauvetage est le jeune Malvin Donrenk ! C’est un tout jeune adolescent, affolé, avec son ami évanoui à quelques mètres de lui…

    – Je comprends… Cela a été pris en considération… Autant que possible vu le caractère non prévu de la situation, et, surtout, sa gravité !

    – Le jeune garçon avait raison, Lieutenant Sondral : que un commando ou un sauveteur prenne appui sur la cabine pour procéder au sauvetage, et ça risque d’être les kilos de trop pour les câbles ! Mes techniciens en font descendre d’autres, mais vu la position de la cabine, ils ne pourront pas la relier de façon sûre… Ce cas de figure n’a jamais fait partie de nos simulations…

        Lynder ne répondit rien, tourna juste son regard vers l’écran où il voyait la cabine du téléphérique se balancer dangereusement, et les deux chaînes d’alpinistes progresser si lentement en assurant leur propre sécurité !

    « Tiens bon, Louveteau ! ».


*


        De sa cellule, Jarsyl avait entendu et compris la situation, même si les communications libres avaient été très rapidement interrompues à la chute de la cabine au barrage !

    « Je ne pense pas que tu t’en sortes, Capitaine Kord ».

    – Le Worh a disparu ! jeta un garde du prisonnier dans son communicateur.

    – Pardon ?

    – Lieutenant Sondral, le prisonnier vient de disparaître !



        Tolman Vrande posa un pied prudent sur la cabine du téléphérique qui glissa encore dangereusement de quelques centimètres sous son poids ! Il s’agenouilla, tendit la main.

    – Relève–toi, très doucement, Malvin. Viens vers moi !

    – Mais, et Gédy…

    – Je m’occupe de lui, fit un sauveteur du barrage arrivé lui aussi sur la cabine. Toi, petit, suis Vrande.

        Trop soulagé de voir sa mort programmée repoussée, Malvin bougea avec beaucoup de précautions, saisit la main du chef des commandos du Magnifique et se fit hisser de la cabine !

    – Gédy…



    – Les câbles cèdent ! La cabine tombe ! hurla un des sauveteurs du barrage.

    – Capitaine ! s’exclama Lynder.

    – Je suis désolé, je pense qu’on l’a perdu…

    – Non !



24.


        Jarsyl se matérialisa dans la cabine, releva d’un bras Gévaudan inanimé.

    – Si vous me cherchez, Lieutenant Sondral, je serai dans ma cellule.

    – Jarsyl, que…

    – Je crois que je viens de sauver votre Louveteau… On négociera cela très bientôt !



        Au pas de course, Garen entra dans la salle où se trouvait le studio–cellule de Jarsyl.

    – Mon Capitaine…

    – Il a besoin de soins urgents, fit le Worh qui avait allongé au sol le jeune Loup inconscient.

    – Cette téléportation, vous pouviez…

    – … Oui, à tout instant, Dr Byrklar. Mais je n’avais nulle raison de vous apprendre ce « don » ! Et vous ne m’avez pas non plus posé la question !

    – Et vous avez d’autres talents en réserve ?

    – Oui. Mais, à moins que je ne me trompe, vous avez à vous occuper de votre Capitaine !

        Les gardes tenaient le Worh en joue, l’avaient fait reculer au fond de l’espace promenade de sa cellule, tandis que Garen se précipitait dans la cellule pour prodiguer ses soins au blessé.


*


    – De la téléportation… Ah, ben manquait plus que celle–là ! Les murs de la cellule l’empêchent d’utiliser son pouvoir mental, mais on avait pas prévu les passe–murailles… remarqua Gévaudan.

    – Encore heureux qu’il n’aie pas été se balader plus tôt…

    – Ca aurait été légèrement en contradiction avec le fait qu’il est venu se mettre sous notre protection !

    – Je ne serais plus à une surprise près avec un Worh ! Comment va la tête ?

    – Encore des vertiges, par moments. Mais ça va. Et qu’on ne me parle plus jamais de barrage !

    – Je peux le concevoir aisément !

        Gévaudan s’étira dans son fauteuil. La Passerelle était très tranquille alors que le Magnifique s’apprêtait cependant à quitter Sozelle.

    – Tout le monde a–t–il rejoint le bord ? questionna–t–il.

    – L’équipage est au complet, Capitaine.

    – On va pouvoir rapidement filer d’ici ! Vous voulez bien vous occuper du désarrimage ? Je me sens vraiment trop fatigué pour me lancer là–dedans.

    – Evidemment.

        Rassuré sur ce point, le jeune Loup s’installa confortablement dans son fauteuil et sommeilla.


*

* *





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