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Gévaudan 12 : En territoires inconnus II

Par Usha

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Table des matières
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CHAPITRE VII




13.


    – J’ai un écho ! jeta Mabil. Un navire est en train de couper son bouclier d’invisibilité !

    – Qui ?

    – Le Doréyan, du Baronnet Solvek, Capitaine !

    – Etat d’Alerte 5 ! aboya Lynder.

    – Il nous envoie une bordée de missiles par 37° tribord !

    – Boucliers au maximum de puissance ! Lieutenante Dorkias, verrouillez–moi ce vaisseau–mère en tirs de sommation. Magnus, tu t’occupe de toutes les contre–mesures. Lieutenant Sondral, à vous la barre !

        Le Magnifique vira sur son aile et fit face à l’ennemi qui avait attendu les dernières secondes pour révéler sa position.



        Les boucliers du Wird résistaient, mais avaient cédé à certains endroits, brèches ouvertes qui n’avaient évidemment pas échappé à Tyn Solvek qui dirigeaient ses tirs vers elles pour tenter de porter des coups de plus en plus graves.

        Ceux du Magnifique ripostaient, détruisant la plupart des missiles, roquettes et autres pluies de grenades, mais hésitant toujours à prendre le Doréyan pour cible directe !

    – Attendez encore un peu avant que dévoiler nos navires d’escorte pour lui porter un coup dont il ne se relèvera pas…



        Lynder tourna la tête vers son Capitaine. Le visage du jeune Loup était tout entier concentré sur les phases du combat, impénétrable.

        Le jeune homme savait que l’envie de riposter à armes égales, le démangeait, jusqu’à la douleur physique – tout comme lui – mais ils devaient l’éviter autant que possible et jusque là le Capitaine du Magnifique parvenait à s’y tenir.

    – Des échos ! cria le Préposé aux Radars. Quatre navires se matérialisent !

    – Ils nous ont verrouillés en tirs au but, siffla Cérène.

    – Filer en un saut spatio–temporel… suggéra soudain le second du Magnifique.

        Et Gévaudan avait vu rouge, le venin du tarenta se diffusant plus que jamais dans ses veines.

    – Tirs au but ! hurla–t–il. Un vaisseau–mère, c’était acceptable. Quatre navires d’escorte, c’est totalement inégal et traître ! Feu, Lieutenant Dorkias !

    – Non, Capitaine, fit encore Lynder, mais fort bas.

        Et le Magnifique avait enfin pu se défendre, libérant sa puissance de tir.



        Tyn Solvek n’en avait pas cru ses yeux.

    – Ils nous tirent dessus ! Comment osent–ils ! ? Ils sont finis, si pas pour moi ou Domalle, sa hiérarchie aura raison de cet fou de Capitaine Surveillant !

        Sous la puissance de feu du Magnifique, la maniabilité de ce Wird, les vaisseaux de l’escorte du Doréyan avaient été volatilisés.

        Et dans la foulée, Gévaudan s’était tourné vers le navire du Baronnet.

        Mais Tyn Solvek était repassé sous bouclier d’invisibilité et avait fui.


*


        Le Baronnet n’avait cependant pas renoncé, rendu enragé par la destruction de son escorte qui aurait dû mettre à mort le Magnifique !

        Il était revenu à la charge, sortant une nouvelle fois de son invisibilité au dernier moment.

        Et cela avait été les échos et les chocs des tirs sur le Wird mal en point qui avaient tiré Gévaudan des brumes de l’anesthésie et des calmants.



        Le combat s’était engagé immédiatement, violent, mais le Magnifique, hésitant à nouveau à tirer au but les premières minutes.

        Et Tyn Solvek avait tout de suite compris quand le Capitaine était revenu sur l’Aire.

        Presque sans cesser de tirer, le Magnifique avait foncé droit vers le vaisseau–mère en forme d’araignée, l’avait achevé par des roquettes à charge variable avant une ultime bordée de missiles pour le faire imploser de l’intérieur.

        Le Wird avait alors fait son affaire à l’Arachnée.


***


        Les rapports de Gévaudan, de Lynder ainsi que les enregistrements des boîtes noires des navires méryemiens détruits avaient permis de reconstituer le fil des deux combats galactiques.

        Le Jury n’avait fait aucun commentaire et Gévaudan avait été ramené à sa cellule, dans l’attente du verdict.



14.


        N’en menant pas large mais le dissimulant très bien, Gévaudan était revenu une ultime fois devant le Jury.

        Le Grand Baronnet Shelk Mourgard s’était levé, le visage sombre, fermé. Il s’éclaircit la gorge.

    – Nous avons délibéré et rendu notre verdict. Je peux vous dire, Capitaine Kord, que le Général Smarel a mis tout son poids dans la balance pour appuyer votre version… Nous avons donc reconnu que vous avez agi en état de légitime défense face aux lâches stratégies des Baronnets Solvek et Domalle. Nous levons donc toutes les suspicions et vous pourrez regagner le Magnifique et reprendre votre Mission une fois que nous aurons enregistré notre décision ; d’ici une heure donc.

        Le grondement sourd qu’éructa le Worh en fit frémir plus d’un et tous apprécièrent de le voir quitter la salle.

        Une dernière fois encore, Gévaudan suivit les gardes. Il était soulagé, évidemment, mais il savait que le Seigneur Gormond n’avait pas du tout apprécié ! Et il redoutait un acte aussi irréfléchi que brutal envers sa petite personne… sans que ceux du Magnifique puisse quoi que ce soit ! Et face au Worh, en corps à corps, il ne tiendrait même pas dix secondes !



        Lynder, Garen et Gerkhany étaient infiniment soulagés par le verdict rendu. Ils avaient du mal à y croire.

    – Comment Smarel a–t–il réussi à inverser la tendance face aux Baronnets ? souffla Garen. Je n’aurais pas parié un karény sur lui…

        Le second du Magnifique réfléchit un long moment.

    – Je dirais que, comme l’a dit le Grand Baronnet : la stratégie lâche de Solvek et de Domalle a été une déception pour les autres Capitaines de vaisseau, sans compter que ce déshonneur ne peut que rejaillir sur eux… Et donc, la seule façon de racheter les agressions auxquelles nous avons dû faire face, en subissant d’importants dégâts, était de blanchir le Louveteau !

    – Je suppose.

        Gerkhany ne disait rien, mais la lueur revenue dans ses prunelles d’or en disait long sur la détente qu’il ressentait en ces instants.


*


    – Lieutenant Sondral.

    – Oui, Mabil ?

    – Le Seigneur Gormond vient d’entrer dans la cellule du Capitaine ! Il devait être en mode invisibilité, je ne l’ai pas repéré avant !

        Lynder se brancha sur un autre canal de communication.

    – En avant, Vrande !

    – A vos ordres, Lieutenant.



        Gévaudan s’était reculé au fond de la cellule. Il n’y avait aucune fuite possible, le savait autant qu’il connaissait chaque centimètre carré de cet endroit où il avait passé les trois derniers jours !

        Le Worh, déjà massif par nature, emplissait toute l’entrée avec son armure scintillante.

    – Vous n’avez eu que cette idée depuis votre arrivée dans la salle de pseudo tribunal, depuis votre départ depuis votre monde, depuis même la défaite à la Mid–Frontière !… Alors, dépêchez–vous de me faire la peau avant que mon équipage ne s’occupe de vous.

    – Je pense qu’il arrivera trop tard. Vous et moi, on a plutôt un long voyage à faire ! aboya Gormond en saisissant le jeune Loup par l’épaule pour le coller au mur.

    – Mon Wird ne nous lâchera pas !

    – Je doute qu’il puisse nous suivre, ajouta le Worh dont le poing s’enfonça dans le ventre du jeune Loup.

    – Quelle sale habitude, souffla Gévaudan en s’évanouissant.


*

* *





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