Un jour.
Je suis un ver. Un nécrophage. Je creuse des galeries dans de la chair en décomposition . Que m'importe ce que c'était. C'est ma nourriture maintenant.
Je peux dire que je me débrouille assez bien. La chair est tendre à mes crochets malgré la rigidité cadavérique. Quel plaisir de farfouiller là–dedans. Mon corps oscille avec grâce à travers les tissus adipeux. Quelle que soit la direction, je trouve de quoi me sustanter.
Que m'arrive–t–il?
Je sens quelque chose qui me tire vers le haut. Mais je n'ai pas...
Miam! Il n'y a pas à dire, ceux qui viennent d'une des branches molles de ces bipèdes sont particulièrement juteux. Je pourais aussi bien manger le reste mais je n'avais envie que d'un encas.
Du bruit dans les buissons? Un trouble fête? Posons nous en sécurité sur cette branche plus haut.
J'aime venir ici, entendre le vent dans les feuilles avant de le sentir à travers mes plumes.
Mes belles plumes noires dont je suis si fier. C'est pas l'autre dégarni qui dirait le contraire.
Cette brise remonte le long de mon dos et me fait frissonner. Est–ce la brise ou le bruit de tout à l'heure? Je me secoue pour chasser cette sensation et réajuster mes plumes.
L'année dernière, j'ai eu tellement de conquêtes grâce à mon plumage que j'étais sans problème le seigneur du coin. Je passe du temps à me nettoyer. Il ne faut pas se laisser aller.
Je peux dire que je me débrouille assez bien. La chair est tendre à mes crochets malgré la rigidité cadavérique. Quel plaisir de farfouiller là–dedans. Mon corps oscille avec grâce à travers les tissus adipeux. Quelle que soit la direction, je trouve de quoi me sustanter.
Que m'arrive–t–il?
Je sens quelque chose qui me tire vers le haut. Mais je n'ai pas...
Miam! Il n'y a pas à dire, ceux qui viennent d'une des branches molles de ces bipèdes sont particulièrement juteux. Je pourais aussi bien manger le reste mais je n'avais envie que d'un encas.
Du bruit dans les buissons? Un trouble fête? Posons nous en sécurité sur cette branche plus haut.
J'aime venir ici, entendre le vent dans les feuilles avant de le sentir à travers mes plumes.
Mes belles plumes noires dont je suis si fier. C'est pas l'autre dégarni qui dirait le contraire.
Cette brise remonte le long de mon dos et me fait frissonner. Est–ce la brise ou le bruit de tout à l'heure? Je me secoue pour chasser cette sensation et réajuster mes plumes.
L'année dernière, j'ai eu tellement de conquêtes grâce à mon plumage que j'étais sans problème le seigneur du coin. Je passe du temps à me nettoyer. Il ne faut pas se laisser aller.
Mes plumes sont ma vie. Si je n'en prenais pas soin, je serais à la merci des prédateurs et aurais moins de succès auprès de mes congénères.
« Quelles belles plumes tu as! Tu dois en prendre particulèrement soin? Peux tu me laisser les toucher? »
C'est si agréable d'être convoité ou désiré. Des nuages commencent à couvrir le ciel.
Il ne va pas tarder à pleuvoir. Il faut que j'aille me chercher un abri et rejoindre la communauté.
Si je pouvais rester non loin d'ici... Cet endroit est stratégique pour les vers. Le dernier était bien gros.
Ce bruissement de feuillage était tout de même bien étrange. Pourtant je ne vois...
« Quel idiot, ce volatile. Je les croyais plus malins. Forcément en groupe, ça se sent fort! ».
Il se débat un peu. Il pense encore s'en sortir. Le fou. J'enfonce mes dents dans son corps tout en remontant mes moustaches. Mes canines rentrent après une légère résistance dans sa peau.
Quel plaisir! Et tellement plus gratifiant que ce que me donnent mes esclaves. Ce truc sans consistance qui atterrit sans vie dans mon assiette. La même odeur chaque jour.
Rien à voir avec cette chasse à l'affut au cours de laquelle tous mes sens sont en alerte.
L'excitation de la traque du gibier. La joie d'attraper quelqu'un de plus rusé que soi.
Quelle gratification personelle! Se moquer de ce gros lourdeau de chien et échapper à la surveillance de mes esclaves. Mais mes serviteurs deviennent de moins en moins concilliants avec mes escapades. Cette fois, j'ai dû sortir par la petite lucarne du toit, la chef des esclaves désirait aérer le territoire de la plus jeune.
« Quelles belles plumes tu as! Tu dois en prendre particulèrement soin? Peux tu me laisser les toucher? »
C'est si agréable d'être convoité ou désiré. Des nuages commencent à couvrir le ciel.
Il ne va pas tarder à pleuvoir. Il faut que j'aille me chercher un abri et rejoindre la communauté.
Si je pouvais rester non loin d'ici... Cet endroit est stratégique pour les vers. Le dernier était bien gros.
Ce bruissement de feuillage était tout de même bien étrange. Pourtant je ne vois...
« Quel idiot, ce volatile. Je les croyais plus malins. Forcément en groupe, ça se sent fort! ».
Il se débat un peu. Il pense encore s'en sortir. Le fou. J'enfonce mes dents dans son corps tout en remontant mes moustaches. Mes canines rentrent après une légère résistance dans sa peau.
Quel plaisir! Et tellement plus gratifiant que ce que me donnent mes esclaves. Ce truc sans consistance qui atterrit sans vie dans mon assiette. La même odeur chaque jour.
Rien à voir avec cette chasse à l'affut au cours de laquelle tous mes sens sont en alerte.
L'excitation de la traque du gibier. La joie d'attraper quelqu'un de plus rusé que soi.
Quelle gratification personelle! Se moquer de ce gros lourdeau de chien et échapper à la surveillance de mes esclaves. Mais mes serviteurs deviennent de moins en moins concilliants avec mes escapades. Cette fois, j'ai dû sortir par la petite lucarne du toit, la chef des esclaves désirait aérer le territoire de la plus jeune.
Je l'aime bien, elle. Elle sent toujours bon et sait où me gratter pour me faire plaisir.
Devoir tromper la surveillance de ses esclaves pour pouvoir sortir, quelle ironie!
D'ordinaire, les oiseaux noirs me donnent plus de fil à retordre. Surtout quand ils sont en groupe à cause de leur sentinelle. Mais celui–ci devait chercher à manger loin de ses semblabes. Un opportuniste en quelque sorte.
Je reçois quelque chose de froid sur mon dos. Mon corps est traversé d'une sensation désagréable. De l'eau. La pluie commence à tomber.
Quelle horreur! Je déteste être pris dans une averse. Je vois et entends moins bien ce qui m'entoure.
J'ai l'air fin avec cet oiseau dans ma geule.
Si je l'emmène dans ma tanière, mes serviteurs vont encore s'en débarasser. C'est mon gibier et j'aimerais en profiter. Je sais ce que je vais faire, je vais me diriger vers la maison du gros c...
« Je te tiens! » Quel délicieux bruit à mes oreilles quand je lui brise la nuque d'un coup de mâchoire. Contrairement à ce que ses proies subissent, il ne souffre pas.
Ce satané chat qui aimait se pavaner devant moi alors que j'étais attaché à ma niche.
Je l'observais depuis un moment et j'ai tiré sur cette maudite corde qui a laché par usure de me retenir. Il n'a rien vu et qui plus est se dirigeait vers ma maison! Je l'ai pris à revers et son moment d'hésitation lui fut fatal.
Devoir tromper la surveillance de ses esclaves pour pouvoir sortir, quelle ironie!
D'ordinaire, les oiseaux noirs me donnent plus de fil à retordre. Surtout quand ils sont en groupe à cause de leur sentinelle. Mais celui–ci devait chercher à manger loin de ses semblabes. Un opportuniste en quelque sorte.
Je reçois quelque chose de froid sur mon dos. Mon corps est traversé d'une sensation désagréable. De l'eau. La pluie commence à tomber.
Quelle horreur! Je déteste être pris dans une averse. Je vois et entends moins bien ce qui m'entoure.
J'ai l'air fin avec cet oiseau dans ma geule.
Si je l'emmène dans ma tanière, mes serviteurs vont encore s'en débarasser. C'est mon gibier et j'aimerais en profiter. Je sais ce que je vais faire, je vais me diriger vers la maison du gros c...
« Je te tiens! » Quel délicieux bruit à mes oreilles quand je lui brise la nuque d'un coup de mâchoire. Contrairement à ce que ses proies subissent, il ne souffre pas.
Ce satané chat qui aimait se pavaner devant moi alors que j'étais attaché à ma niche.
Je l'observais depuis un moment et j'ai tiré sur cette maudite corde qui a laché par usure de me retenir. Il n'a rien vu et qui plus est se dirigeait vers ma maison! Je l'ai pris à revers et son moment d'hésitation lui fut fatal.
Tu ne te doreras plus au soleil juste devant moi à une portée inacessible de mes crocs. La dernière fois, ma tentative de capture s'est soldée par la perte de mon oeil droit.
Je tiens ma revanche dans la gueule en ce moment. Je savoure cet instant au milieu de cette grande étendue grise. Je me tiens fièrement avec feu mon ennemi. Mon coeur bat la chamade après cette course. Le monde m'appartient dorénavant, celui–ci servira d'exemple.
La pluie redouble sur mon pelage et j'entends un éclair déchirer le ciel comme le cri d' une foule qui acclame son champion. Je suis plus fort que tout. Je suis invincible.
Et ce n'est pas cette lumière, se dirigeant vers moi, qui va me faucher mon trophée.
Approche, je n'ai pas peur de toi!
« T'as écrasé un chien!!! » beugle–t–elle dans mon oreille droite.
« Ça va! Ça va! Je l'ai pas vu avec la pluie qui tombe! »
Et bla bla. Elle ne va pas se la fermer! La visibilité n'est déjà pas terrible. Je plisse les yeux pour discerner la route du bas côté.
Un déjeuner chez son beau père qui, pendant le repas, m'a rabaché au moins une dizaine de fois l'importance d'avoir un travail, d'être utile dans cette putain de vie.
C'est la première fois que je bois autant. Malgré l'ivresse, ses mots ont continué à résonner dans ma tête.
« Travail...Travail... ne pas vivre au crochet de la société... »
Je vois de moins en moins bien, peut–être que si je m'arrêtais... Je suis fou de penser à cela!
Elle, cette harpie, continuerait à me rappeler la façon dont j'ai traité son père et à m'ordonner de lui faire des excuses. Je la regarde discrètement d'un coup d'oeil. Elle semble être comme un volcan qui n'a pas fini de cracher toute sa lave.
Comment peut–on en arriver là?
On s'aime puis on s'entredéchire. Votre âme soeur devient votre nemesis personelle.
J'ai mal à la tête. L'alcool semble faire effet à retardement. J'ai la langue pâteuse et j'ai envie de dormir.
Et merde, j'ai pas vu le virage.
J'essaye de redresser mais les pneus ne touchent plus le sol. De l'aquaplanning avec ses cris en fond sonore. Je voulais changer les pneus, et je n' ai pas eu le temps. On est toujours pressé quand on va chez ses parents. La rambarde devrait nous arrêter.
Ma tête tourne moins vite que le décor. La ceinture me broie l'épaule. J'essaye de me plaquer contre l'appuie–tête comme dans les montagnes russes. La voiture finit sur le dos avec un énorme bruit métallique, semblable à celui d'une cannette en alluminium écrasée par une chaussure.
Je m'extrais péniblement de la voiture craignant qu'elle prenne feu. Je me sens faible et le liquide chaud qui perle au niveau de mes oreilles ne présage rien de bon.
Dans un dernier effort, j'essaye de me mettre face au ciel.
C'est mieux, la pluie semble diminuer en intensité. Vais–je mourir ici? Probablement.
Elle, cette harpie, continuerait à me rappeler la façon dont j'ai traité son père et à m'ordonner de lui faire des excuses. Je la regarde discrètement d'un coup d'oeil. Elle semble être comme un volcan qui n'a pas fini de cracher toute sa lave.
Comment peut–on en arriver là?
On s'aime puis on s'entredéchire. Votre âme soeur devient votre nemesis personelle.
J'ai mal à la tête. L'alcool semble faire effet à retardement. J'ai la langue pâteuse et j'ai envie de dormir.
Et merde, j'ai pas vu le virage.
J'essaye de redresser mais les pneus ne touchent plus le sol. De l'aquaplanning avec ses cris en fond sonore. Je voulais changer les pneus, et je n' ai pas eu le temps. On est toujours pressé quand on va chez ses parents. La rambarde devrait nous arrêter.
Ma tête tourne moins vite que le décor. La ceinture me broie l'épaule. J'essaye de me plaquer contre l'appuie–tête comme dans les montagnes russes. La voiture finit sur le dos avec un énorme bruit métallique, semblable à celui d'une cannette en alluminium écrasée par une chaussure.
Je m'extrais péniblement de la voiture craignant qu'elle prenne feu. Je me sens faible et le liquide chaud qui perle au niveau de mes oreilles ne présage rien de bon.
Dans un dernier effort, j'essaye de me mettre face au ciel.
C'est mieux, la pluie semble diminuer en intensité. Vais–je mourir ici? Probablement.
La pluie semble purifier mon corps de mon dernier péché. De toute façon, la vie ne voulait pas de moi, autant que je l'abandonne.
Au moins, je ne l'entends plus crier à mes oreilles. Je vais juste fermer les yeux quelques secondes.
J'ai besoin...
Je suis un ver. Un nécrophage. Je creuse des galeries dans cette chair . Que m'importe ce que c'était. C'est ma nourriture maintenant.
Au moins, je ne l'entends plus crier à mes oreilles. Je vais juste fermer les yeux quelques secondes.
J'ai besoin...
Je suis un ver. Un nécrophage. Je creuse des galeries dans cette chair . Que m'importe ce que c'était. C'est ma nourriture maintenant.