Elle attend sa voix
Elle attend sa voix.
Sa voix est envoûtement.
Sa voix a ce pouvoir de la laisser comme sans vie.
Attendant le prochain son.
La prochaine intonation expirant sur un mot.
Elle espère ce mot. Aimerait lui souffler les suivants.
Comme quand, impatiente, elle presse ses doigts là ou là.
Ou bien encore là. De soupirs en halètements, elle s'exaspère.
Comme Lui exaspère sa peau de ses effleurements.
Alors, les sens irrités, agacés au possible, elle finit par ne plus supporter qu'il joue à la faire attendre.
D'un mouvement, elle dirige sa bouche délictueuse sur son membre.
Ses mains volent au secours de ses lèvres.
Elle s'entend gémir au même qu'un soupir de lui file de son ventre à sa bouche.
Elle aime cette bouche qui ne veut pas céder à l'abandon.
Ne veut pas faire transparaître son plaisir.
Alors, elle s'accroche au moindre signe d'une jouissance, d'une envie. Elle se veut attentive mais ne se sait que maladroite.
Elle panique.
Elle a honte, envie de fuir. Mais une envie plus forte la retient.
C'est plus qu'une envie. Un désir. Plus qu'un désir.
Un condensé d'émotions qui était là de tout temps comme un nouvel univers à naître.
Une boule de désirs, à faire naître d'autres désirs.
Un big bang enfanté dans la glaise de nos désirs.
Un éclatement, un maelström… un torrent comme celui né des Gorges de l'Alcantara au pied de l'Etna.
Il est son narcisse du ruisseau d'enfance.
Frais et vigoureux.
Aux pétales soyeux.
Aux fragrances enivrantes.
Au calice orgueilleux, à la tige puissante et souple.
Qui se penchera dans ses eaux ruisselantes.
Adella